SUR RONSARD XXV
Qui a pris d'Agenor ' son surnom et sa race. Après le tour finy je viens pour me r'assoir : Bref, depuis le matin jusqu'au retour du soir Nous chantons au Seigneur louanges et cantiques, Et prions Dieu pour vous qui estes hérétiques. *
Il est donc bien prouvé que Ronsard ne fut pas prêtre, bien qu'il portât chappe, qu'il chantât vêpres et qu'il louchât les revenus de mainte abbaye. Il aurait pu dire comme son ami, J.-A. de Baïf, en parlant de lui-même :
ni veuf, ni marié,
Ni prestre, seulement clerc à simple tonsure.
Quant à son genre de vie, il a pris soin de le décrire en détail :
M'éveillant au matin, devant que faire rien J'invoque l'Eternel, le père de tout bien, Le priant humblement de me donner sa grâce, Et que le jour naissant sans Toffenser se passe Qu'il chasse toute secte et toute erreur de moy Qu'il me veuille garder en ma première foy Sans entreprendre rien qui blesse ma province, Très-humble observateur des loix et de mon prince.
Après je sors du lict, et quand je suis vestu Je me range à l'estude et apprens la vertu, Composant et lisant, suivant ma destinée, Qui s'est dès mon enfance aux Muses enclinée : Quatre ou cinq heures seul je m'arreste enfermé : Puis sentant mon esprit de trop lire assommé,
' D'Agenor. L'évoque du Mans était de la maison d'Angennes, que Ronsard fait desrendre d'Agenor.
2 Édit. P. 131., t. VI, p. 114.