‹ Œuvres choisies. Avec notice, notes et commentairesChapitre 33 sur 135 · XLVIII NOTICE · texte numérisé non relu

XLVIII NOTICE

nommée, et un graud dérangement dans sa tranquillité et ses loisirs. Des amis, des disciples de la veille se tournèrent contre lui, et l'insultèrent dans des libelles dont quelques-uns se sont conservés. Ronsard, selon l'usage du temps, avait reçu pour récompense de ses vers des bénéfices ; les réformés et prédicants le traitèrent comme ils auraient fait un gras prieur ou un abbé repu. Voici une de ces pièces satiriques que je traduis ; ce sont des distiques latins :

« Tant que tu as bu au^. sources d'Aonie ; tant que sur le sommet du Pinde, ô Ronsard, tu as touché avec art la lyre aux onze cordes, ta Muse a fait retentir les champs du Vendômois de ses graves accents que Phébus eût avoués pour les siens; mais dès que tu n'as plus eu souci que de t'engraisser la panse à la manière d'une soyeuse truie, tu as grossi le nombre de ceux qui font les enterrements, qui ressemblent aux frelons, et sont impropres à l'ouvrage. Tu t'es mis dès lors au plain-chant de la Messe; mais depuis ce temps-là ce n'est plus ta Muse, c'est ta Messe qui chante.

At tempore ab illo

Non tua Musa canit, sed tua Missa canit. »

En réimprimant celte pièce pour y répoudre, Ronsard l'a intitulée Coassement d'une grenouille du lac de Genève, Ranœ Lemanicolœ coaxatio. Car il eut le tort d'y vouloir répondre, et en vers latins, ce qui n'était pas son fort. En tout il est plus Grec et Français que Latin. — Je laisse de côté bien d'autres aménités dont on le gralilia dans cette querelle de littérature et de théologie mêlées ; il y eut de ces fines injures qui allaient jusqu'à la moelle, et dont le xvro

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