‹ Œuvres choisies. Avec notice, notes et commentairesChapitre 42 sur 135 · SUR RONSARD LXIII · texte numérisé non relu

SUR RONSARD LXIII

Et qui ballant sautoicnt comme les chèvres font, Et le gentil troupeau des fantastiques Fées Autour de moi dansoient à cottes dégraffées. '

On n'a pas plus d'emportement ni de sainte fureur; on entend le trépignement et les bonds de la danse.

Je ne saurais toutefois, et bien que j'abonde en général dans son sens, accorder à M. Gandar son admiration pour une des pièces morales de Ronsard intitulée De V équité des vieux Gaulois. Il m'en coûte de lui résister; mais dans cette pièce où un grand chef gaulois, Brennus, lue de sa main devant l'autel sa captive, l'épouse d'un étranger, d'un Milésien son hôte, au moment de la lui rendre, et où, après avoir essuyé patiemment les reproches du mari, il lui réplique par un récit de l'infidélité et de la perfidie de sa femme, je verrais bien plutôt le sujet d'un conte de La Fontaine dans le genre de la Matrone cVE'pkèse. Ronsard n'a pas évité le léger ridicule qui se mêle à ces sortes d'histoires :

IjC mari, spectateur d'un acte si piteux.

Eut le sein et les yeux de larmes tout moiteux.

A un certain endroit de la pièce, dans une description de sacrifice, M. Gandar croit voir « un bas-relief antique »; mais pour cela il est obligé de découper les vers et de les isoler, en retranchant ceux qui précèdent et qui suivent. Cette pièce de Ronsard, où il y a d'ailleurs du sens et du bon, me paraît être de celles où il tombe dans un prosaïsme ennuyeux et dans la prolixité. A ces moments il est à demi désarmé

> Édit. P. Bi., t. VI, p. 191.

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