‹ Œuvres choisies. Avec notice, notes et commentairesChapitre 45 sur 135 · LXVI NOTICE · texte numérisé non relu

LXVI NOTICE

Il soupire en repos Fennui de sa vieillesse Dans ce même foyer où sa tendre jeunesse A vu dans le berceau ses bras emmailloltés...

Voilà le rcptavit. Et, au lieu de Frugihis alternis, non consule, computat anmmi, sans entrer dans une antithèse difficile, il dira nonchalamment:

Il lient par les moissons registre des années...

Mais surtout il y met à chaque instant ses impressions vraies, et les associe aux tons primitifs sans qu'on puisse les démêler. Je renvoie les curieux aux pièces elles-mêmes. Et c'est ainsi que les trois poètes, en présence dun ancien, nous donnent tour à tour la mesure de leur procédé et de leur goût. Le seul Racan, par la fusion de l'harmonie et de la couleur, a retrouvé le charme et le je ne sais quoi d'enchanté.

Il ftiut conclure. Je l'ai presque déjà fait au début, par des paroles de Fénelou. Je le ferai ici encore en terminant, et par des paroles de Chapelain. Qu'on n'aille pas s'effaroucher, la chose vaut mieux que le nom. Jamais je n'ai rapproché Chapelain de Ronsard comme poète; des deux, il n'y a que Ronsard qui le soit. Chapelain est un esprit judicieux, réglé, de tout temps un peu lourd, venu à la suite, et digne finalement, par ses vers, de toute la risée de Boileau et de tout notre oubli. Mais à son heure, et encore jeune, il jugeait bien de toute cette littérature antérieure ; et c'est à lui que Balzac adressait, à une date qui doit êti'e des premiers mois de 1640, cette lettre souvent citée où il lui disait: « Mais est-ce tout de bon que vous parlez de Ronsard, et que vous le trai-

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