STROPHE V
Là sont par la Nature encloses Au fond de cent mille vaisseaux Les semences de toutes choses, Eternelles lilles des eaux.
Là les Tritons, chassant les ilcuves, Sous la terre les escouloient Aux canaux de leurs rives neuves, Puis derechef les rappeloient.
Là ceste troupe est arrivée Dessur le poinct qu'on desservoit, Et que desja Portonne avoit La première nappe levée.
ANTISTROPHE
Phebus, du milieu de la table,
Pour rejouir le front des dieux,
Marioit sa voix délectable
A son archet mélodieux :
Quand l'œil du Père qui prend garde
Sus un chacun, se costoyant
A l'escart des autres, regarde
Ce petit troupeau flamboyant.
De qui l'honneur, le port, la grâce
Qu'empreint sur le front il portoit, Publioit assez qu'il sorloit De l'heureux tige de sa race.
Luy (jui debout se dressa Et de plus près les œillade, Les serrant d'une accolade Mille fois les caressa, Tout esgayé de voir peint Dedans les traits de leur teint Le naïf des grâces siennes :
Puis pour son hoste ejouir.
Les chansons voulut cuir De ces neuf Musiciennes.
Les quatre premiers vers de la strophe o>J sont profonds et immenses comme l'Océan. — Porlonne, divinité marine. Nous omettrons le chant des Muses, leur descente et leur premier séjour sur la terre, pour en venir de suite au moment où, réfugiées auprès de Jupiter, elles sont ramenées ici-bas par THospilal.