‹ Œuvres choisies. Avec notice, notes et commentairesChapitre 69 sur 135 · STROPHE XIX · texte numérisé non relu

STROPHE XIX

Auprès du throne de leur père Tout à l'enlour se vont asseoir, Chantant avec Phebus leur frère Du grand Jupiter le pouvoir.

Les dieux ne faisoient rien sans elles, Ou soit qu'ils voulussent aller A quelques nopces solennelles, Ou soit qu'ils voulussent baller.

Mais si tost (ju'arriva le terme

Qui les hastoit de retourner Au monde, pour y séjourner D'un pas éternellement ferme :

ANTISTROPHG

Aonc Jupiter se dévale

De son itirone, et grave conduit

Gravement ses pas en la salle

Des Parques filles de la Nuit.

Leur roquet pendoit jusqu'aux hanches,

Et un Dodonien fueillard

Faisoit ombrage aux tresses blanches

De leur chef tristement vieillard :

Elles ceintes sous les mammelles,

Filoient assises en un rond

Sus trois carreaux, ayant le front

Renfrongné de grosses prunelles.

ÉPODE

Leur pezon se herissoit

D'un fer esloillé de rouille :

Au flanc pendoit leur quenouille,

Qui d'airain se roidissoit.

Au milieu d'elles estoit

Un cofre où le Temps mettoit

Les fuzeaux de leurs journées,

De courts, de grands, d'allongez,

De gros et de bien dougez,

Gomme il plaist aux Destinées.

Baller. danser en chantant. — Leur roquet, habillement de toile, amictus. — Leur pezon, ce qui arrête au bout du fuseau la descente du fil. — Bien dougez, tra-

vailles finement. Si l'on passe sur ces quelques mots surannés, il faut convenir que ce portrait des Parques est grand, triste et sévère.

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