‹ Œuvres choisies. Avec notice, notes et commentairesChapitre 72 sur 135 · A SA MAITRESSE · texte numérisé non relu

A SA MAITRESSE

La lune est coustumiere De nestre tous les mois :

Mais quand noslre lumière Est esteinte une fois, Sans nos yeux reveiller Faut long temps sonmiciller.

Tandis que vivons ores, Un baiser donnez-moy.

Donnez-m'en mille encorcs, Amour n'a point de loy :

A sa divinité Convient l'infinité.

En vous baisant, Maistresse, Vous m'avez entamé La langue chanteresse De voslre nom aimé.

• Éd. P. Bi., t. II, p. Ii7.

Quoy? est-ce là le prix Du travail qu'elle a pris?

Elle par qui vous estes , . Déesse entre les dieux,

Qui vos beautez parfaites Celebroit jusqu'aux cieux, Ne faisant l'air sinon Bruire de vostre nom?

De vostre belle face, Le beau logis d'Amour, Où Venus et la Grâce Ont choisi leur séjour, Et de vostre œil qui fait Le soleil moins parfait;

De votre sein d'yvoire Par deux ondes secous Elle chantoit la gloire, Ne chantant rien que vous Maintenant en saignant, De vous se va plaignant

Las I de petite chose Je me plains sans raison, Non de la playe enclose Au cœur sans guarison, Que l'Archer ocieux M'y tira de vos yeux. *

La lune est coustumiere, ainsi Catulle : « Ed. \\ Bl., t. II, p. 141.

Soles occidere et reddire possunt ; Nobis quum semel occidit brevis lux, Nox est perpétua una dorraienda.

Da mi basia mille, deinde centum, etc.

AiTbOur n'a point de loy, ainsi Jean Second :

Explesti numerum, fateor, jucunda Neaera, Expleri numéro sed nequit ullus amor.

Le même Jean Second a dit en son 8^ Baiser :

Quis te furor, Neœra Inepta, quis jubebat Sic involare nostram, Sic vellicare linguam Ferociente morsu?

Par deux ondes secoics, secoué, agité.

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