XVIII DORAT
qui, écrivant trois mois après la mort de l'auteur des Baisers, s'est efforcé d'être juste à son égard. Il faut lui en savoir gré , car, somme toute , pour les points essentiels^ il y a réussi.
L'un des meilleurs poètes du XVIII^ siècle, le colonel Bernard de Bonnard (1744-1784), a loué Dorât, avec grâce et cordialité, dans une épître dont nous ornons notre introduction, afin de la bien finira :
Sincère ami, parjure amant,
Poète aimable, homme charmant.
Ne crains pas que je les oublie,
Ces moments heureux, mais trop courts,
Où nous parlions philosophie.
Après avoir parlé d'amours.
Que, du moins, ta correspondance
Supplée à ton doux entretien !
Console-moi de ton absence
En versant ton cœur dans le mien.
Causons en toute confiance;
Cher fripon, ne me cache rien :
Que fais-tu de tes deux maîtresses ?
Les gardes-tu? les sers-tu bien?
Leurs querelles et leurs caresses
Ont-elles brisé ton lien?
Non, je le vois, tu t'en amuses.
A plaisir tourmentant leurs cœurs,
I. Voir, pages 125-126 de ce recueil, l'alerte réponse de Dorât (recherché et envié, alors !) à son ami le chevalier de Bonnard.