‹ Œuvres choisies; avec une introdChapitre 62 sur 74 · HYMNE A LA BIENFAISANCE · texte numérisé non relu

HYMNE A LA BIENFAISANCE

FILLE du Ciel, ô Bienfaisance!

La plus aimable des vertus, Sans en excepter l'innocence; O toi que l'on ne connoît plus!

Puisse l'hymne que je t'adresse Enflammer encor tes amans, Des rois réveiller la mollesse.

Et la lanffueur des courtisans!

Repose-toi sur mon asile; Ennoblis mon obscurité Par l'heureux désir d'être utile, Si le pouvoir m'en est ôté.

Que dis-je? au sein de la misère, Un être plein de ta chaleur Trouve toujours du bien à faire :

Tu mets ses trésors dans son cœur.

Périssent les âmes arides, Les cœurs incapables d'aimer, Les amis ingrats et perfides! Mais quel courroux vient m'animer?

Sont-ce là les vœux qui t'honorent?

Hélas ! ces mortels odieux, Douce Bienfaisance, ils t'ignorent :

Ils ne sont que trop malheureux !

Viens, enivre-moi de tes charmes,

O sentiment consolateur !

Tu mêles du plaisir aux larmes,

Et de l'attrait à la douleur;

Par toi, sans tumulte on sommeille ;

Par toi, le réveil est serein;

Le bien que l'on a fait la veille

Fait le bonheur du lendemain.

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