HYMNE A LA BIENFAISANCE
FILLE du Ciel, ô Bienfaisance!
La plus aimable des vertus, Sans en excepter l'innocence; O toi que l'on ne connoît plus!
Puisse l'hymne que je t'adresse Enflammer encor tes amans, Des rois réveiller la mollesse.
Et la lanffueur des courtisans!
Repose-toi sur mon asile; Ennoblis mon obscurité Par l'heureux désir d'être utile, Si le pouvoir m'en est ôté.
Que dis-je? au sein de la misère, Un être plein de ta chaleur Trouve toujours du bien à faire :
Tu mets ses trésors dans son cœur.
Périssent les âmes arides, Les cœurs incapables d'aimer, Les amis ingrats et perfides! Mais quel courroux vient m'animer?
Sont-ce là les vœux qui t'honorent?
Hélas ! ces mortels odieux, Douce Bienfaisance, ils t'ignorent :
Ils ne sont que trop malheureux !
Viens, enivre-moi de tes charmes,
O sentiment consolateur !
Tu mêles du plaisir aux larmes,
Et de l'attrait à la douleur;
Par toi, sans tumulte on sommeille ;
Par toi, le réveil est serein;
Le bien que l'on a fait la veille
Fait le bonheur du lendemain.
l58 POÉSIES DIVERSES