A M. MARILLIER
Qui dessinoit les estampes des Fables de l'auteur.
•IVENT d'habiles interprètes!
Je m'affligeois; tu viens me consoler:
Mes bêtes me sembloient muettes,
Et ton crayon les fait parler.
Quels ingénieux artifices!
Que de traits délicats sous tes doigts sont édosf Emule des Cochins, rival des Gravelots,
Je t'ai fourni quelques esquisses ;
Tu les transformes en tableaux.
Grâces à toi, mes moutons m'attendrissent;
Je prends en haine mes hiboux; Mes singes, mes renards, mes rats, me divertissent,.
Et j'ai presque peur de mes loups.
Grand merci de cette imposture!
L'ouvrage te doit tout son fard :
Mes animaux n'étoient qu'enfans de l'art,
Et tu les rends à la nature.
Cueille la palme des talens ; Parmi les noms fameux que l'avenir te cite,
La Fontaine est mort pour longtemps;
Mais Oudry dans toi ressuscite.
POÉSIES DIVERSES l65