A MONSIEUR LE MARÉCHAL DE RICHELIEU
ENTRE les palmes de Mahon, Pour vous seul reverdit encore La couronne d'Anacréon; Et, sans vieillir comme Tiihon, Vous fêlez bien plus d'une aurore.
Votre automne est un long printemps ; Vous cueillez à tous les instans Les fleurs du matin de la vie, Et l'Amour amuse le Temps
Pour qu'à jamais il vous oublie.
Ah ! conservez ces goûts charmans, Cette aimable philosophie, Cette fleur de galanterie Qui vaut bien les beaux sentimens De la gothique bergerie; Rendez Ovide à ma patrie, Et laissez un code aux amans; Désolez, enchantez nos belles; Et puissiez-vous, grondé par elles, Entendre encore après cent ans Tout ce qu'on dit aux infidèles !