INTRODUCTION
mieux finir notre introduction qu'en donnant un fragment de ces confessions d'un galant homme, qui sut se faire ain\er et estinier des meilleurs esprits, en se montrant, dans les occasions sérieuses, plein de jugement, de droiture et de sage modération } toujours ami de la vérité, et prêt à obliger autrui sans désirer la moindre récompense :
« On ne croit plus aux grandes choses, à ce qui est honnête, h ce qui est beau, à ce qu'on admire dans l'antiquité, au sacrifice de son intérêt, de sa vie, à l'abandon de soi-même pour l'utilité de son pays et des hommes. L'enthousiasme est presque devenu ridicule. Si un jeune homme dit qu'il eût été Komain à Rome, Spartiate à Lacédémone , qu'il sacrifieroit encore sa vie et son bien pour son pays, on ne le croit pas, on en rit, et on lui prédit qu'il changera... Il faut mourir pour persuader de grandes choses, et, après cela, on calomnie votre mort et votre vie. Quel siècle que celui où l'on ne croit plus à la vertu, à l'enthousiasme de l'amitié, à ce qui est beau, à ce qui est honnête! Platon! qu'est devenu ce beau nioral pour qui tu as enflammé ma jeune âme? O Brutus! ô Caton! est-il bien vrai qu'il soit impossible de vous ressembler?... Je disais hier que je donnerais volontiers ma vie pour de l'argent, si la somme étoit forte, si j'avois la liberté d'en disposer en actes de bienfaisance générale et particulière , en établissemens utiles, ou pour enrichir mes amis et soulager