‹ Œuvres choisiesChapitre 20 sur 67 · EN LUI DONNANT UNE LAMPE DE NUIT, LE JOUR DE SA FETE · texte numérisé non relu

EN LUI DONNANT UNE LAMPE DE NUIT, LE JOUR DE SA FETE

L'Amour, qui n'a pointd'yeux, ne se plaît que dans l'ombre; Il rêve tout le jour et voyage la nuit; Précédé des Désirs, le Mystère le suit: Ils assurent ses pas dans l'obscurité sombre.

C'est avec eux qu'à petit bruit Il recueille ces fleurs de volupté sans nombre, Que trop souvent, hélas! l'éclat du jour détruit. Aussi toute clarté le blesse, il la redoute.

S'éloigne en hâte de celui

Qui veut s'éclairer sur sa route;

DU CHEVALIER DE BONNARD j<

Et, pour être bien avec lui,

Il faut comme lui n'y voir goutte.

Qu'Hymen est différent ! Hymen a deux bons yeux,

Et n'est pas fâché qu'on le croie;

Quand il est gai, content, joyeux.

Il est bien aise qu'on le voie;

Il avoue hardiment ses feux,

Tire sa gloire de sa joie.

Et dit tout haut qu'il est heureux.

On applaudit alors au charme de ses noeuds. Et la vertu sourit aux transports qu'il déploie :

L'Amour même en est envieux.

Depuis Psyché l'infortunée.

On n'ose offrir une lampe à l'Amour :

C'est un présent qu'on garde à l'Hyménée, Et c'est à vous qu'on le doit en ce jour.

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