A M. DE C
J'ai reçu ta lettre trop cérémonieuse, mon cher C..., et je l'ai lue avec plaisir, car tu m'y apprends C[ue tu m'aimes encore. Je t'y réponds sur-le-champ sans cérémonie, et sur le ton de notre ancienne amitié, qui ne doit pas changer. Te voilà donc de retour après avoir couru le monde! tant mieux! il fait presque toujours bon d'être revenu.
Cher C..., qu'il te souvienne De ces deux pigeons amoureux Dont parle ce bon La Fontaine.
L'un d'eux, un peu trop curieux, Voulut courir la prétantaine, Voir mœurs, pays, faits singuliers.
Pour rapporter en ses foyers De quoi jaser une semaine.
Par son frère il fut averti Qu'il avoit tort; mais la jeunesse Peut-elle écouter la sagesse?
Adieu, bonsoir! il est parti.
Battu des vents et de l'orage, Souffrant et la soif et la faim.
Bientôt, aux dangers du chemin.
Il reconnut ceux du voyage.
Morne, las, recru, harassé, Poursuivi, tremblant et blessé,
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Ayant des maux et de la peine Tout ce qu'on en peut essuyer.
En volant d'une aile incertaine, Il regagne son colombier :
Celle histoire est presque la tienne.
Mais dis-nous au moins avec cette franchise si naïve, si aimable, si bonne en amitié que je t'ai connue autrefois, et que tu n'as jamais sans doute perdue :
Tes voyages lointains ont-ils miui ta tcte?
En as-tu rapporté quelques grains de bon sens?
Cet agile vieillard que jamais rien n'arrête.
Tout en comptant nos jours, a marché vingt-sept ans :
Qui de nous sait, ami, le sort qu'il nous apprête?
Ton esprit et le mien sont encor des enfans.
Craignons pourtant, craignons la vengeance du temps,
11 nous fera bientôt ressentir ses outrages;
Bientôt de ses doigts malfaisans
11 va sillonner nos visages.
Plaignons-nous l'un et l'autre, et tâchons d'être sages. Adieu, douces erreurs du matin de nos jours! L'ennuyeuse raison vient chasser les amours. Puisqu'il le faut, hélas! armons-nous de courage; Sachons pour le bonheur faire un meilleur usage
De ces ans que nous amassons.
J'aime à penser qu'il est des plaisirs pour tout âge, Comme l'on voit des fleurs pour toutes les saisons.
Me pardonneras-tu ce guet-apcns, mon cher ami? c'est de la belle et bonne morale que je t'envoie là; je l'ai pourtant habillée en rimes, pour qu'elle t'effrayât moins. Viens nous voir, et je t'en donnerai en prose sans que tu t'en offenses. Depuis
DU CHETAlIEl DE BOMNAÏD 12J
:tie j'ai passé Tingt-dnq ans, je deriens raisonnenr, et d'cb suis pas phis rai.-:--:'-'- N:r= ï.erD55 à dem de jeu. ArrÎTe, fa! : .-
~ ■ -S pour l'ami lié; il lut lc-iûc de ih.
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