BULLETIN DE MA SANTÉ
Au fond de mon alcôve , aveugle , renfermé , J'attends, pour aller voir les beautés les plus chères,
Que de mes yeux le fanal rallumé
Me rende enfin ses clartés ordinaires.
Tout rentrera bientôt dans Tordre accoutumé :
Je sens déjà que de chaque paupière
L'épiderme moins enflammé Cesse de se gonfler autour de ma visière ; Un voile moins épais couvre mon cristallin ; L'objet que j'envisage a des. couleurs plus nettes :
J'espère, en un mot, que demain
Je pourrai vous voir sans lunettes.
Si j'en croyois et mon cœur et mes vœux,
Je partirois à l'instant même ; Mais la prudence dit : « Attends , tu feras mieux : « On n'a jamais de trop bons yeux , « Pour voir les objets que l'on aime. »
-0 474 POÉBU»