CHANSON
Ain : lÀson dormait.
Voyez , voyez mon imprudence !
J'allois aux bois sans craindre rien :
Je bravois tout, sous la défense De ma houlette et de mon chien.
Houlette et chien , soupirs et larmes , Sont un appui foible et léger :
Contre un berger,
Contre un berger, Un cœur sensible a-t-il d«8 armes ?
Près d'un berger,
Près d'un berger.
Rien n'est secours , tout est danger.
Licas hier me vit seulette :
Qu'il afïecta de soins trompeurs !
Bientôt le fer de ma houlette
Fut entouré de mille fleurs.
D'im air riant et plein de charme Il la suspend au tronc voisin
Il prend ma main .
Il prend ma main.
Ma main qu il flatte et (|u'il <iés;irnie
Il prend ma main ,
Il prend ma main, Et de baisers couvre mon seio.
Mon chien vojoit le téméraire, Mais sans pourvoir à mes dangers ; Tranquille aux pieds de sa bergère, Il craint les loups, ncm les bergers.
Je n'ai plus rien pour me défendre; L'ombre du soir s'étend sur nous.
A mes genoux ,
A mes genoux, Licas osa tout entreprendre .
A mes genoux,
A mes genoux.
Il triompha d'un vain courroux.