‹ Œuvres choisiesChapitre 117 sur 121 · CHANSON · texte numérisé non relu

CHANSON

Ain : lÀson dormait.

Voyez , voyez mon imprudence !

J'allois aux bois sans craindre rien :

Je bravois tout, sous la défense De ma houlette et de mon chien.

Houlette et chien , soupirs et larmes , Sont un appui foible et léger :

Contre un berger,

Contre un berger, Un cœur sensible a-t-il d«8 armes ?

Près d'un berger,

Près d'un berger.

Rien n'est secours , tout est danger.

Licas hier me vit seulette :

Qu'il afïecta de soins trompeurs !

Bientôt le fer de ma houlette

Fut entouré de mille fleurs.

D'im air riant et plein de charme Il la suspend au tronc voisin

Il prend ma main .

Il prend ma main.

Ma main qu il flatte et (|u'il <iés;irnie

Il prend ma main ,

Il prend ma main, Et de baisers couvre mon seio.

Mon chien vojoit le téméraire, Mais sans pourvoir à mes dangers ; Tranquille aux pieds de sa bergère, Il craint les loups, ncm les bergers.

Je n'ai plus rien pour me défendre; L'ombre du soir s'étend sur nous.

A mes genoux ,

A mes genoux, Licas osa tout entreprendre .

A mes genoux,

A mes genoux.

Il triompha d'un vain courroux.

Page 1