‹ Œuvres choisiesChapitre 95 sur 121 · VERS · texte numérisé non relu

VERS

Pour mettre au bas d'une statue de marbre , représentant la Volupté sous la figure d'une femme couchée et qui semble endormie.

Comme un éclair, naît et meurt le plaisir : Son feu follet à peine nous enflamme , Qu'il s'évapore et détruit le désir.

Je ne sais quoi lui survit dans notre ame : C'est un repos voluptueux, charmant, C'est le bonheur goûté dans le silence; C'est des esprits un doux recueillement : Après les sens, c'est lame en jouissance. Considérez cette jeune beauté, L'œil entrouvert, la bouche demi-close, Rêveuse au sein de la tranquillité :

Dormiroit-elle ? oh non ! elle repose : Paisiblement son cœur est agité , Il est ému; devinez-en la cause.

Combien de cœurs ont ainsi palpité !

Figurez-vous , pour mieux peindre la chose , L'amour tranquille après l'activité

4o6 POÉSIES

D'un plaisir vif, nouvellement goûté,

Se reposant sur des feuilles de rose :

Ce repos-là se nomme Volupté.

L art du ciseau , dans ce marbre, en expose

Le charme heureux, dans un simple portrait.

Moi, j ai vu plus; dire où... comment... je n ose;

Amour le sait; je lai mis du secret.

ÉPITRE

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