‹ Œuvres choisiesChapitre 98 sur 121 · AU ROI LOUIS XV · texte numérisé non relu

AU ROI LOUIS XV

Vous voilà donc bourgeois d'Auteuil , Sire ; et voilà notre village Qui va jouir de l'avantage Dont se vantent avec orgueil Choisy, La Meute, et L'Ermitage.

Vous y viendrez chercher l'ombrage , Le doux lilas , le chévrefeuil : , Tant mieux pour nous. Bon voisinage Fut toujours d'un heureux présage.

Nous voudrions vous faire accueil , Immortaliser notre hommage Par quelque éclat; mais ce hameau Qui vit les Muses rassemblées Se promener dans les allées Du jardin qu'habitoit Boileau , Auteuil ne voit plus sa fontaine Abreuver le sacré troupeau Qui s'enivre dans l'Hippocrène :

Les Muses n'aiment plus notre eau.

Nous nous en consolons : les Grâces

i2o POÉSIES

Valent tout au moins les neuf Sœurs :

Elles tiendront ici leurs places.

Bientôt , amenant sur leurs traces Une foule d'adorateurs , 4^

Nos regards les verront parottre Dans des chars légers et brillants, Rire, folâtrer sous le hêtre; Et, dans les beaux jours du printemps, Former une danse champêtre.

Tel est Fagrément de ces lieux , . Sire ; remplissez notre attente , Venez-y; tout en ira mieux.

Il faut bien que du haut du trône Louis descende quelquefois ; L'émail des prés , l'ombre des bois , Les^ dons de Flore et de Pomone Doivent lui plaire ; et les bons rois Ont bien souvent, dans le silence, Caché sous le nom de bourgeois Les grands titres de leur naissance.

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