A CELUY QUI L'INJURYA PAR ESCRIPT
ET jVE s'osa nommer.
QuicoNcQUES fois, tant sois-tu brave, Qui ton orde et pnante bave Contre moy as esté cracbant.
Tu es sot, craintif, et meschant.
Ta sottise on voit bien parfaicte En l'epistre que tu as faicte Sans art et sans aulcun sçavoir :
Toutesfois tu cnydes avoir Cbanté en rossignol l'amaige :
Mais ung corbeau de noir plumai ge, Ou ung grant asne d'Arcadye Feroit plus doulce melodye.
Et pour venyr an demourant :
Tu crains fort, ô povre ignorant, Tu crains qu'envers toy je m'allume, Tu crains la fureur de ma plume.
Pourquoy crains-tu ? 11 fault bien dire Qu'en toy y a fort à redire :
Car il est certain , si tu feusses Homme de bien, et que tu n'eusses Quelque marque ou mauvaiz renom , Tu ne craindrois dire ton nom.
DE CLÉMENT MAROT. il
Quant est de ta meschanceté, Elle vient de grant 'lascheté D'injuryer celuy, qui oneques Ne te feit offense quelconques, Et quand je t'aurois faict offence.
Es tu de si peu de deffence , Si couart, et si babouyn, De n'oser parler que de loing ?
L'epistre venue de moy Pour femme, qui vault mienlx que toy, N'est anltre caz qu'une risée, Où personne n'est dep risée :
Mais toy, lourdaut mal entendu , En ta responce m'as rendu Pour une risée une injure.
Si je te congnoissois (j'en jure).
Tu sentyrois si mes lardons Ressemblent roses , ou chardons.
AU ROY