‹ Œuvres choisiesChapitre 18 sur 103 · SEC0>"D · texte numérisé non relu

SEC0>"D

Tu l'ayines donc pour l'espouser?

PREMIER

Ouy, car je scay seurement Que ceulx qui ayment aultrement Sont volontiers tous marmiteux ; L'un est fasché, l'aultre est piteux, L'un brusle et ard , l'autre est transi : Qu'ay-je que faire d'estre ainsi .^ Ainsi, comme j'ayme mamye, Cinq, six, sept heures et demie L'entretiendray, voyre dix ans, Sans avoir peur des mesdisans , Et sans danger de ma personne.

SECOND

Corps bieu, ta raison est très bonne ;

Car d'une bonne intention

Ne vient doute, ne passion.

Mais , compaignon , je te demande ,

Quelle est la matière plus grande ,

Qu'elle t'a offerte desjà ?

PREMIEB.

Ma foy, je ne mentiray-jà ; Je n'ose toucher son teton, Mais je la prens par le menton, Et tout premièrement la baise.

SECOND

Ventre saint giis , que tu es aise , Compaiguon d'amours!

PREMIER

Par ce corps, Quand il faut qne j'aille dehors , Sitost qu'elle en est advertie, Et que c'est loin , ma despartie La faict pleurer comme un oignon^

SECOWD.

Je puisse mourir, compaignon , Je croy que tu es plus heureux Cent fois que tu n'es amoureux.

O la grand' aise en quoy lu vis !

Mais pourquoy est-ce, à ton advis.

Que la mienne m'est si estrange , Et qu'elle prise moins que fange Ma peine, et moy, et mon pourchas ?

PREMIER

C'est signe que tu ne couchas.

Encores jamais avec t*lle.

SECOND

Corps bieu , ta me la bailles belle !

J'en devinerois bien autant.

Or si poursnivray-je pourtant La chasse que j'ay entreprinse ; Car tant plus on tarde à la prinse , Tant plus doulx en est le repos.

PREMIER

Une chanson avec propos

N'auroit point trop mauvaise grâce ;

Disons-la.

SECOWD.

La dirons-nous grasse , De mesme le jour ?

Rien quelconques, Honneur par-tout. Commençons donques.

SECOîîD.

Languir mefaict, content désir !

TREMrER.

A telles. ne prens point plaisir ; Elles sentent trop leurs clamours.

SECOXD.

Disons donques , puis qu'en amours ; Tu la dis assez volontiers.

PREMIER

Il est vray, mais il fault un tiers ;

Car elle est composée à troys.

r^ QCIDAM.

Messieurs, s'il vous plaist, que j'y sois : Je serviray d'enfant de chueur ; Car je la scay toute par cueur, n ne s'en fanlt pas une notte.

SECOND

Bien venu , par sainte Penotte !

Sois, mignon, le bien arrivé.

PREMIER

Luy siet-il bien d'estre privé ?

Chantez-vous clair ?

rN QUIDAM.

Comme layton.

Baillez-moy seulement le ton, Et vous verrez si je l'entens :

Puis qiien amour a si beau passe-temps.

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