‹ Œuvres choisies d'Etienne Pasquier (volume 2)Chapitre 19 sur 82 · V. JS'icot. »otre langage josques à cette lienie · texte numérisé non relu

V. JS'icot. »otre langage josques à cette lienie

'-' Cache ou cliache, qui dès lors se qui peut espérer que sa forme présente transformait en chace, chasse, signi- soit eu usage d'ici à cinquante ans?... fiait incursion , poursuite, recherche, Nous disons qu'il est asture (actuelpartant innovation. )enient ) parfait : autant eu dit du sien

3 Aujourd'hui ce mot ne désignerait chaque siècle. »

«luele graud-père paternel et le grand- ■' V. Sur cesauteurslc c. Ill du liv.VIl

père maternel. <les Hecherches, ei, dans notre preinicv

* >Tontaigne fait exactement la nié- ?iilume, Icsp. 240pI suiv. me nliservation, rsaiiit, 111, 9 : « Selon

DE LA FllANCK. tlS

torise la langue de leur temps par-dessus les autres; on a recours à leurs conceptions originaires qu'il faut puiser d'eux. Le vulgaire de Rome fut en sa perfection sous Cicéron, César, Salluste et Virgile ; le toscansous Pétrarque et Boccace ; et combien que le temps apportât changement à ces deux langues j toutefois leur perfection a été toujours rapportée au temps de ces grands maîtres.

De faire un pronostic de la nôtre il me serait très-malaisé, y voyant même quelques changements, qui se peuvent mieux penser qu'exprimer, eu ceux qui se sont douué diversement les premiers lieux. Clément Marot fut le premier de sa volée sous le grand roi François. Lisez Ronsard, qui vint sous Henri II , il le passe d'un long entrejet. Jetez l'œil dessus du Bartas, qui se fit voir sous Henri lil , encore y a-il dedans ses Deux Semaines ']e ne sais quelle sorte de vers et conceptioiis plus enflés que dans Ronsard : vrai qu'entre le peu du premier et le trop du dernier il me semble que Ronsard tient le lieu de la médiocrité '. Je dirai donc que s'il y a rien qui perpétue la langue vulgaire qui est aujourd'hui entre nous , ce seront les braves poètes qui ont eu vogue de notre temps : car pour bien dire , je ne pense point que Rome ait jamais produit un pJus grand poète que Ronsard, lequel fut suivi de quelques autres fort à propos. Notre parler de l'un à l'autre prendra diverses habitudes ; mais ceux qui voudront écrire seront bien aises de se proposer un si grand personnage pour miroir. Les auteurs qui se sont disposés de traiter discours de poids et étoffe pourront servir à même effet ; et moi-même , faisant en ma jeunesse mon Monopinle, puis mes dix livres des Lettres françaises, et ces présentes Recherches, lésai exposés en lumière sous cette même espérance.

' Le terme moyen : lui-même recommande aux poètes ce juste point, qu'il u';» certes pas su toujours atteindre :

ÎVi itop tiaut ni irt>p bas ; cVst \\*- souvprain style : Til lut ci'liii U'ilunièi'c ptroliiiilc Virgile

CHAPlTPxE XLVIl ..

De ce que nous appelons nos ciéaiuiers Anglais''-.

Ciuillaume Grelin, remerciant le roi François, V de ce nom, de quelque argent qu'il lui avait ordonné, par le moyen duquel il avait acquitté toutes ses dettes, entre autres choses dit ainsi :

Maicliaiids faquins ', usurieis incrédules,

Pour reconnaîlre ou nier mes cédules'

!\Ie firent hier ajourner el citer ;

Et aujourd'hui je lais solliciter

Tous mes Anglais, pour mes dettes parfaire

Et le paînient entier leur salisfaire.

Clément Marot , dans Tun de ses rondeaux , qu'il adresse à un sien fâcheux créancier :

Un bien petit de piès u)e venez prendre Pour vous payer ; et si devez entendre Que ne vis onc Anglais de votre t;.ii!e ; Car à tous coups vous criez : baille, baille ; Et n'ai de quoi contie vous me détendre Un bien petit.

'Vous voyez par ces vers que Tun et l'autre appelle ses créanciers Jnglais^ ; et à vrai dire, ce même :not, en cette signilication , tombe en la bouche ordinaire du peuple , sans savoir dont procède cela. Toutefois il est aisé d'en rendre compte qui considérera les traités qui ont été faits entre nous et eux. On les appelait autrefois anciens ennemis de la France, et certainement non sans cause : car depuis que Louis le Jeune eût été si jeune et mal conseillé derépudierLéonor, fille unique et héritière du duc d'Aquitaine , et qu'elle se fût mariée avec Richard, roi d'Angleterre, il serait impossible dédire com-

I (.'est le cliap. xx\U du liv. VMI. ' P.illets : le terme a vieilli.

= Cf. dans les llecherclies , TIM, 7. •'' Reniarqiion.s avec IM. Ampère, p. 201

^ Trt'/tun, avare ; de là fâcheux, tour- de .son Histoire de la formation de lu

iiiciitaut : «Le.-! courtisans eslimaiciit liiiique française , « que c.-; mot e.st

Imiis \U un ^f;(/!(Jrt, pour être plus rc- rentré dans notre langue à réi)0(|ne

teiiu en ses dons. » Lell. de Pasquicr, de la lutte de la France et de IWnglc-

Ml , 6. terre. »

DE LA KRAACF.. 1 1 •>

bien se trouvèreiil grands les Anglais au milieu de nous, parce (jue , de leur chef et ancien estoc, la INorniandie leur appartenait, et cette princesse avait annexé de nouvel à leur Ëtat toute la Guyenne, Poitou, Anjou, ïouraine et le Alaine; qui n'était pas un petit martel en la tête de nos rois, dont Philippe-Auguste premièrement nous garantit. L'alliance qui depuis fut faite avec eux par le mariage d'Isabelle, fille de Philippe le Bel , avec Edouard, introduisit une pépinière de guerres contre Philippe de Valois et ses successeurs; et finalement la conquête que fit sur nous Henri cinquième et le mariage de lui avec Catherine, fille de Charles sixième, apporta presque la ruine finale de l'État.

Or comme ces entresuites de guerre désirassent de fois à autres quelques relâches, aussi furent faits divers traités, tantôt de paix, lantùt de surséances d'armes à longues années, esqueliés nous n'épargnions les belles promesses, soit d'argent, soit de restitution de pays : témoin le traité de Brétigny, pour racheter notre roi Jean de prison. Toutefois, les Anglais se sont fait accroire que nous ne nous acquittâmes pas , ainsi que nos capitulations le portaient. Si ceci est véritable ou non , je m'en rapporte à la vérité de l'histoire : tant y a que Froissard, qui ne favorise pas grandement les Français ', est de cette opinion ; et de là est venu , à mon jugement , que nous •à[)pe]ons Jnglais ceux qui pensaient que nous leur dussions ^.

Et à ce propos me semble digne de récit une histoire qui s'est passée de notre temps. Vous savez les pourparlers qui furent pour le mariage de la reine Elisabeth d'Angleterre avec F'rancois, duc d'Alencon, frère du feu roi Henri troisième, qui ne se faisaient , à vrai dire , que par mines et beaux semblans : car il y avait trop grande disproportion d'âges et peu d'espérance d'enfants. Mais ayant l'un à conquêter la Flandre, l'autre à conserver les terres qu'elle avait conquises sur le roi Philippe d'Espagne , ils étaient contents que l'on estimât ce mariage

' En son histoire, dit ailleurs Pas- niaiiiéro i)lii> .sinjiilc : JiiotiT oniiemi ,

qiiier, :l est ennemi jjrofcs des Fraii- r'csl iiolroni.nidc, suivant le fabuliste ;

r;iis: l.etlres , V|, f. on peut dire Inul aussi justement :

• On peut expliquer ce mot d'une c'est notre crranclor.

HT) RKCniiRCHES

devoir ètie l'ait entre eux. Or comme ce jeune prince s'écliappait souvent à soi-même , aussi voulut-il faire cette belle saillie , qui fut d'aller trouver la reine d'Angleterre, accompagné seulen)entde cinq ou six de ses plus confidents serviteurs. Et connue il fut arrivé, après l'avoir saluée, cette dame, qui parle assez bien français, lui dit qu'il était venu fort à propos pour payer les dettes qui lui étaient dues par nous, délibérant de le tenir cependant en otage. Ce prince , du commencement étonné , ne sachant si à bon escient ou petit semblant cette parole était proférée, fut aucunement à se repentir de ce voyage si hardi ; mais la reine ayant accompagné cette parole d'un doux souris, le duc lui répondit qn'il était venu noKseulement pour otage, mais pour tenir prison clause , comme celui qui était vraiment son prisonnier. Et ainsi, étant le mieux que bienvenu , fut par plusieurs jours festoyé avec toutes les allégresses que l'on pourrait souhaiter.

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