CHAPITRE L
Palclin, Pateliner, Patelinage ; et fie quelques adages et mots que nos • ancêtres tirèrent de la l'arce de Paleiin ^.
Ne vous souvient-il point de la réponse que lit Virgile à ceux qui lui impropéraient ^ l'étude qu'il employait en la lecture d'Ennius, quand il leur dit que en ce faisant il avait appris de tirer l'or d'un fumier? Le semblable m'est advenu naguère aux cbamps, où, étant destitué de la compagnie, je trouvai sans y penser la farce de maître Pierre Patelin, que je lus et relus avec tel contentement, que j'oppose maintenant cet échantillon à toutes les comédies grecques , latines et italiennes.
L'auteur introduit Patelin, avocat, maître passé en tromperie , une Guillemette , sa femme , qui le seconde en ce métier, un Guillaume, drapier, vrai badaud (je dirais volontiers de Paris, mais je ferais tort à moi-même), un Aignelet, berger, lequel discourant son fait en lourdois ^, et prenant langue de Patelin, se fait aussi grand maître que lui ^ Patelin, se voulant habiller de neuf aux dépens du drapier, complotte avec sa femme de ce qu'il avait à faire. De ce pas il va à la foire , où, feignant de reconnaître bonnement la boutique du bou Guillaume, après s'en être assuré, il s'abouche avec lui, raconte l'amitié qu'il avait portée à feu son père, les bons avis qui étaient
' C'est le cliap. I.ix du liv. V lU . a été publiée en 1723, Paris, Conste-
^ Pierre le Caron, l'un de nos pre- lier, in-S" ; et l'Histoire du Théâtie
miers imprimeurs, en a donné une édi- français, par les frères Parfait, 1745,
lion en 1474 : c'est ce qu'atteste M. de t. 111, p. 1(37 et suiv.
la Caille, dans son Histoire de la H- ' Ueprochaient...
brairie et de l'imprimerie de Paris. ■'Grossièrement, comme un sot,
Halielais fait plus d'une fois allusion comme nn loui-daud...
H l'atelin. Il en est question dans Ma- ^ Le début de ce chapitre est cité par
rot ( J'^pit, \1V ) ; et déjà Villon, dans M. ViHemaiu, Histoire de la Uiténitiire
ses liepues franches , avait rappelé oit moyen àye, t. 11, p. 271 et suiv..
Les hoiis de défunt Patfliii deuxième édit. On trouve ensuite l'ana-
Pour plus de détails sur cette come- 'Js^' et plusieurs citations de la pièce. die, on peut consulter l'édition qui en
en lui , ayant dès son vivant prédit tous les inaliieurs depuis advenus par la France , et tout d'une suite lui représente sa posture " , ses mœurs, sa manière de vivre, enfin que Guillaume lui ressemblait en tout, de face et de façons. Et ainsi l'endormant sur le narré de cette belle histoire, il jette l'œil sur ses draps, les considère, les manie; nouvelle envie lui prend d'en acheter, encore que venant à la foire il n'y eut aucunement pourpensé, commence de les marchander. Guil- 'aume lui loue hautement sa marchandise, les laines étant grandement enchéries depuis peu de temps, demande vingtquatre sols de l'aune. Patelm lui en offre vingt; Guillaume est marchand en un mot, et ne veut rien rabattre du prix. A quoi Patelin condescend, et enlève six aunes, tant pour lui que sa femme , revenant à neuf francs, qui disaient six écus. Il est question de payer; mais il n'a argent sur soi, dont il est bien aise , car il veut renouer avec lui l'ancienne amitié qu'il portait à son père ; le semoud de venir manger d'une oie qui était à la broche , et qu'il le payerait. Combien qu'il pesât au marchand de n'être payé sur-le-champ, comme étant d'une nature déliante , si est-ce que, vaincu des importunités de Patelin , il est contraint de SS' accorder.
Patelin emporte son drap, lequel à l'issue de là , parlant à part soi , dit que Guillaume lui avait vendu ce drap à son mot, mais qu'il le payerait au sien ; et en cela il ne fut menteur : car étant de retour eu sa maison , sa femme, bien étonnée, lui demande en quelle monnaie il entendait le payer, vu qu'il n'y avait croix ni pile chez eux ^. Il lui répond que ce serait en une maladie , et que dès lors il s'allait aliter, afin que le marchand venant, Guilleinette le payât de pleurs et larmes : ce qui fut fait. Le bon Guillaume ne demeura pas longtemps sans s'acheminer chez Patelin, se promettant de faire un bon repas avant que d'être payé :
Ils ne verront soleil ni lune Les écus qu'il me baillera,
disait ce pauvre idiot ; en quoi aussi il dit vérité. En cette opi-
' Son exlcriciir. . ■' v. Sur cette locution le Ticsor c'r-
Bnrcl, p. 382.
iiiou, il arrive gai et gaillard en la maison de Patelin, où pensant être accueilli d'une même chère ', il y trouve une pauvre femme infiniment éplorée de la longue maladie de son mari. Plus il hausse sa voix, plus elle le prie de vouloir parler has, pour ne rompre la tête au malade , et le supplie à jointes mains de le' laisser en recoi ^.
Qui nie payât, réplique l'autre ,7e m'eii allasse. Ce temps pendant, Patelin vient aux entremets 3, qui dit mille inots de rêverie. Je vous prie d'imaginer combien plaisant est ce contraste : car, pour dire la vérité , il m'est du tout impossible de le vous représenter au naïf. Tant y a qu'après une longue contestation le marchand est contraint de s'en retourner en sa boutique, bien empêché lequel des deux avait rêvé , ou lui , ou bien Patelin. Retourné qu'il est, il trouve que ce n'était rêverie de son côté , et qu'il y avait six aunes de tare ^ en sa pièce de drap. Au moyen de quoi, il reprend sa première voie chez Patelin, lequel, se doutant du retour, n'avait encore désemparé son lit. Là c'est h beau jeu beau retour; chacun joue son personnage à qui mieux mieux ; même Patelin pousse de sa reste ^ : car, en ses rêveries, il parle cinq ou six sortes de langages, limousin, picard, normand, breton, lorrain; et sur chaque langage Guillemette fait des commejitaires si à propos pour montrer que son mari était sur le point de rendre l'ame à Dieu, que non-seulement le drapier s'en départ '\ mais à son partement supplie Guillemette de l'excuser, se faisant accroire (|ue ('avait été quelque diable transformé en homme qui avait enlevé son drap. Et dès lors tourna toute sa colère contre son berger Aignelet, qu'il avait fait ajourner, afin de lui rendre la valeur de quelques bêtes à laine par lui tuées, feignant qu'elles étaient mortes de la clavelée : ne se promettant rien moins que de lui faire servir d'exemple eu justice.
Le jour de l'assignation , Aignelet se présente à son maître,
' Avecle mènieair,lc même visage... ' Déchet, diminution...
= Repos. " i Jonc son rosle; an reste, disail-nn
' C'est-à-dire sV)i/reHie<, se mclc de alors : /.a resff du tetiips. lit-on dans
!a conversation : quant à ce substantif, Mcot.
il n'est donné ni par Mcot ni par Uo- '■' S'en va...
qupfort.
et, avec une harangue digne d'un berger, lui raconte comme il avait été à sa requête, le priant de le vouloir licencier et renvoyer en sa maison. A quoi son maître ne voulant entendre, il se résout de prendre Patelin pour son conseil : lequel, après avoir entendu tout le fait, où il n'y avait que tenir pour lui ', est d'avis que comme s'il fût insensé, quand il serait devant le Juge, il nei'épondît qu'uu Bée h tout ce qui lui serait demandé, (jui était le vrai langage de ses moutons; et que, jouant ainsi son personnage, Patelin lui servirait de truchement, pour suppléer le défaut de sa parole. Le berger méchant, comme est ordinairement telle engeance de gens , trouve cet expédient très-bon, et promet qu'il n'y faudra d'un seul point. Sur cela Patelin stipule une et deux fois d'être bien payé de lui au retour des plaids , quand il aurait gagné sa cause ; et le berger aussi lui répond une fois et deux qu'il le payerait à son mot, comme il fit. La cause est audiencée : là se trouvent les deux parties , et memement Patelin , qui tenait sa tète appuyée sur ses deux coudes, pour n'être si tôt aperçu du drapier ; lequel , auparavant que de l'avoir envisagé , propose articulément sa demande ; mais soudain qu'il eut jeté l'œil sur lui il perdit esprit et contenance tout ensemble , mêlant par ses discours son drap avec ses moutons. Et Dieu sait comme Patelin en sut faire son profit, pour montrer qu'il avait le cerveau troublé. D'un autre coté, le berger n'ayant autre mot dans la bouche qu'un Bée, monsieur le juge se trouve bien empêché : memement qu'il n'était question que de moutons en la cause, néanmoins le drapier y entremêlait son drap; et lui enjoint de reimiir à ses moutons. Enfin, voyant qu'il n'y avait ni rime ni raison d'une part et d'autre, il renvoie le défendeur absous des fins et conclusions contre lui prises par le demandeur.
Il est maintenant question de contenter Patelin, qui commence de gouverner le berger, lui applaudit et congratule du bon succès de sa cause, qu'il ne restait plus que de le payer, le somme et interpelle de lui tenir parole ; mais à toutes ses sommations le berger le paye seulement d'un Bée. Et à vrai dire il lui tint en ceci sa promesse : car il avait promis de
' où il iir pouvait nUrg'icr aucun moyen do juste (IrrcabC...
payer Patelin à «on mot, qui était celui de Bée. Ce grand personnage , se voyant ainsi écorné par son client , vient des prières aux menaces ; mais pour cela il n'avance de rien son fait, n'étant payé en autre monnaie que d'un Bée :
Heu ! Bée ( dit Patelin ) , l'on me puisse pendre
Si je ne vais faire venir
Un bon sergent : mésadvenir
Lui puisse s'il ne t'emprisonne !
A quoi le berger lui répond :
S'il me trouve je lui pardonne.
Et en ces vers est la clôture de la farce : dont on peut dire ,. pour fin de compte , qu'à trompeur trompeur et demi.
Voilà en somme tout le sujet de cette farce. Mais en bonne foi , dites-moi , ai-je été de plus grand loisir la lisant , ou bien en la vous discourant? 11 n'y a remède ; encore me veux-je étancher ' ; car s'il vous plaît examiner les pièces particulières de ce petit œuvre, vous y trouverez un entregent admirable, mais surtout en la barangue que le berger fit à son maître , lorsqu'il lui vint réciter l'ajournement qu'on lui avait fait :
Riais qu'il ne vous veuille déplaire, Ne sais quel vêtu de royé^, Mon hou Seigneur, tout dévoyé, Qui tenait un fouet sans corde ^, M'a (lit (mais je ne me recorde Point bien au vrai que ce peut ôtre ; 11 m'a parlé de vous, mon maître) Je ne sais quelle ajouriierie '.
Quant à moi, par sainte Marie, Je n'y entends ne gros ne grêle ^:
Jl m'a brouillé un pêle-mêle De brebis et de relevée^, * Et m'a fait une grand'Ievée", De vous, mon maître, et du bouclier ".
' Arrêter, borner... Dévoyé, pris au figuré, désignait en-
■^ C'est-à-dire de rayé, d'au liabit effet celui dont les vêtements étaient
rayé... de diverses couleurs.
^ Permettez-moi de vous le dire, sans < Citation,
vous déplaire... Ces quatre premiers ^ Ni beaucoup ui peu...
vers ont été déjà cités dans les Bêcher- '' Terme de procédure.
chcs, IV, 30, et Pasquier les explique ' II m'a parlé beaucoup et avec
ainsi: «Le bon berger Aignelet, parlant menace \u lieu de ces derniers mot»
à Jouceaume, son maître, veut dire et du baurkei, des éditions de Patelin
qu'un sergent , portant une verge et un portent de hovrlier ; mais faire nui' le-
liabillcment bigarré, l'avait ajourné. » lec de boucliers ne parait pas être une
130 KECIIERCHES
Repassez par toutes les comédies tant anciennes que modernes, il n'y en a une toute seule où se trouve une luuangue plus brusque et naïve que cette-ci : dans laquelle vous remarquerez, en passant, que le berger en son lourdois remarque • la verge du sergent wi fouet sans corde. Or si l'auteur a gardé une merveilleuse bienséance en cet bonnéte bomme, encore l'a-il observée, autant et plus h propos, quand il introduit Guillaume troublé en son âme par la présence de Patelin , qu'il pensait être malade en extrémité ; car après avoir plusieurs fois entrevêcbé* sa matière, tantôt de son drap, tantôt de ses moutons, le juge lui ayant commandé de laisser son drap en arrière, et revenir aux moutons dont il était question, le drapier coutiaue son thème en cette façon :
Monseigneur, mais le cas me tonclie :
Toutefois, par ma foi, ma bouc lie Mesliui^ un seul mot n'en dira; Une autre Ibis il en ira Ainsi comme il pourra aller:
Il me le convient avaler Sans mâcher. Or cà je disais, A mon propos, conrtne j'avais Baillé six aunes, dois-jo dire Mes brebis... Je vous prie, sire, ParJonnezmoi : ce gentil maître, ]Mon berger, quand il devait être Aux champs, il me dit que j'aurais Six écus d'or, quand je viendrais.
Dis-je, depuis trois jours en cà ^ , Mon berger me convenança '■> Que loyaument me garderait Mes brebis, et ne m'y ferait Ne dommage ne \ilouic ; Et puis maintenant il me nie El drap et argent [ileiuement. Ha! maîlre Pierre vrayeuient.
Ce ribaud-ci'' emblait les laines
locution antérieure au seizième siècle. 3 Désor'mais...
Ouant à Pasquier, il écrit de boucler, ^ On lit dans l'édit. citée de 1723 :
<îont il est assez difficile de donner le ... D.-puis ti<iis iiii.< en ça...
.■sens, à moins qu'on n'entende parla : de 5 Convint avec moi...
resserrer, c'est-à-dire de ni'cmprisonner. c sur l'origine du mot rihiiud, van-
' Appelle... rien, on peut consulter lecliap. .M.iv dti
■-' Entremêlé, enchevêtré... \\y,Vi\\ des Ilecherches.
De mes botes, et toiilos saines Les faisait mourir et périr, Par !es assommer et férir ' De gros bâtons sur la cervelle.
Quand mon drap fut sous son aisselle, 11 se mit en chemin grand erre '; Et me dit que j'allasse querro' Six écus d'or en sa maison.
Y eut-il jamais un plus bel entrelas -i de matière en un esprit faible, combattu de deux diverses passions? Ne pensez pas que, par opinion particulière, je sois seul auquel ait plu ce petit ouvrage : car, au contraire, nos ancêtres trouvèrent ce maître Pierre Patelin avoir si bien représenté le personnage pour lequel il était introduit, quils mirent en usage ce mot de Patelin, pour signifier celui qui par beaux semblants enjôlait ; et de lui firent uns Pateliner ^ et Patelinage, pour njcme sujet. Et quand il advient qu'en commun devis quelqu'un extravague de sou premier propos , celui qui le veut remettre sur ses premières brisées, lui dit : Revenez à vos moutons '^ ; dont a usé à même effet Rabelais, en son premier livre de Gargantua ". Il n'est pas que de fois à autres, quand on tire un payement en longueur, uous ne disions : Qui me pai/ât, je m'en allasse. Et en un autre sujet, contre les gens de mauvaise foi , avoir drap et argent ensemble : tous proverbes que nous avons puisés de la fontaine de Patelin. .le serai encore plus hardi : car j'aime mieux reconnaître de lui le mot de Baie , que nous disons Repaître un homme de Baies , c'est-à-dire de discours frivoles, par un échange de Bée en Baie, que de passer les montagnes pour le mendier de l'italien. J'ajouterai que notre gentil Rabelais le voulut imiter^, quand pour se
' En lesassonimant et les fi-appant.. placé à la suitcdii grand Dictionnaire
2 Grand train... français et latin de Nicot, in-é" , 1628.
3 Çiuerir, clierclier... ''Cf. M. Villeniain , passage cité: ■* in plus beau mélange, une plus « I.a maîtresse scène, comme dit Mon-
belle confusion.. taigne , c'est la scène qui nous a enrl-
^ Enipateliner, même sens, témoin chis de ce proverbe si juste et si utile
ces vers de Rémi Belleau : à rappeler parfois au\ orateurs, an\
W l'a si bien mitoninrp, . professeurs, a tous ceux qui parlf ni ;
F.t si bien empaliliiièe, Hcvcnez à VOS movions. »
Qu'il a fait ce qu'il a voulu ; : \|, p. |er
V. t.UdesesOfuiJir.?, p. 135. Cf., sur « I.iv. Il, c. 9. le mot Pdti'lin, un Essai des l'rorcrhrx,
donner carrière il introduisit Panurge parler sept ou huit langages divers au premier ahouchenient de lui avec Pantagruel , le tout en la nienie façon qu'avait fait Patelin contre ' le rêveur.
Davantage je recueille quelques anciennetés qui ne doivent être négligées : car, quand vous voyez le drapier vendre ses six aunes de drap neuf francs , et qu'à l'instant même il dit que ce sont six écus , il faut nécessairement conclure qu'en ce temps-là l'écu ne valait que trente sous. Mais comme accorderons-nous les passages ? En ce qu'en tous les endroits où il est parlé du prix de chaque aune , on ne parle que de vingt et quatre sols : qui n'est pas somme sufGsante pour faire revenir les six aunes à neuf francs , aius à sept livres quatre sous seulement. C.'est encore une autre ancienneté digne d'être considérée , qui nous enseigne qu'en la ville de Paris , où cette farce fut faite , et paraveqture représentée sur l'échafaud ^ , quandon parlait du sou simplement, onl'entendait parisis, qui valait quinze deniers tournois ( car aussi était-il de notre ville de Paris), et à tant ^ que les 24 sous faisaient les 30 sous tournois. A ce propos , il me souvient qu'en ce grand et solennel testament de la reine Jeanne, femme de Philippe le Bel, qui fut du 24 mars 1304, par lequel elle fonda le collège de Champagne, dit de Navarre, faisant une infinité de legs à uns et autres siens gentilshommes et serviteurs, elle déclara ne vouloir que les sommes par elle léguées fussent estimées au parisis, sinon aux legs où elle en ferait mention expresse. Depuis, par succès de temps , tout ainsi qu'il ne se trouve plus de la monnaie du Parisis, aussi quand nous la voulons exprimer, nous y ajoutons par exprès le mot de Parisis en queue ; autrement, soit à Paris ou ailleurs, nous n'entendons parler que de sous tournois.
Je ne veux pas aussi oublier qu'en ce temps-là les sergents, exploitant, portaient leurs manteaux bigarrés (ainsi que nous recueillons de ces mots : Ne sais queivêtu de royé ), et encore étaient tenus de porter leurs verges; et c'est ce que le berger
' l'oiii- coiitiofaii-c.. ' l'-t il .irrivait ainsi...
-' le thcAtie...
DE LA l'HANCE. 133
veux (lire quand il parle d' un fouet sans corde. De cela nous pouvons apprendre que ce n'est sans raison que l'on appelait les sergents de pied sergents à verge : coutume que l'on voulut faire revivre par l'édit d'Orléans, fait à la postulation des trois états, en l'an 1560 , quand par article exprès on ordonna que fussions contraints d'obéir aux coniniandeinents d'un serinent et de le suivre, voire en prison, lorsqu'il nous toucherait de sa verge. Je dirai encore ce mot, et puis plus : nous avons deux noms desquels nous baptisons en commun propos ceux qu'estimons de peu d'effet, les nommant Jean ou Guillaume; dont soit cela provenu, je m'en rapporte à ce qui en est. Bien vous dirai-je que dès le temps que cette farce fut composée on se moquait des Guillaumes. Et paraventure l'auteur, pour cette même raison, appela le drapier Guillaume; car Guillemette voulant savoir son nom , Patelin lui répond :
C'est un Guillaume Qui a le surnom de Jouceaume.
l'^t en un autre passage , le drapier se mécontentant à part soi de Patelin :
11 est avocat portatif ' ,
A trois leçons et trois Psaumes^ ;
Et tient-il les gens pour Guillaumes?
Il est meshui temps que je sonne ici la retraite , à la charge que peut-être serai-je estimé de grand loisir, d'avoir employé mon loisir au discours du présent chapitre. Il n'est point malséant à tout homme qui fait profession des lettres de faire son proût de tous les livres qu'il lit.
I Avocat sans causes : v. le Diction- l)iale. » Un liréviaireàtrois psaumes et naire wnùe/'se/ de Fureticre, revu par trois leçons, » c'était un liréviaire Jiasnage de Beauval et lîrutel de La défectueux , sans utilité et sans prix : Uivière, la Haye, 1727, in-fol. Ony lit en effet, dans un bon liréviaire on ce qui suit :« On appelle e'fpçuei- ;wr- trouve nécessairement plus de trois tnlifs ceux qui ne sont pas actuelle- Ieçons{ainsi appellc-t-on de petitcslecnient revêtus d'un évêclié , comme tures faites à chaque nocturne des maies évéques in parlibiis ou les coadju- tines) et plus de trois psaumes. Voyez teurs. » le dictionnaire cité, aux mots Leçon
- [)e nulle valeur : locution prover- et Psaume.
131 RECHEUr.ni'S