CHAPITRE LU
Ville de Paris ^.
Comme la ville de Paris a cetlionneur d'être métropolitaine, et encore la première et plus ancienne université de notre France, aussi pensé-je faire œuvre de prix lui dédiant ce présent cbapitre, par lequel je discourrai soinniairemeut de son nom, situation antique , réputation.
Si vous parlez à Rigord , médecin du roi Philippe second , surnommé Auguste , duquel il a fait l'histoire'^, parlant de la mort du roi Louis septième, son père, il dit ainsi : Cnjus regni anno primo , Christiaiiissiniusre.r, paJer prxdicti Philippi, hicUntate^ qiae quondam Lutetia, nioïc Parhius vocatur, féliciter migravit ad domiman ^. Et quelques feuillets après, le roi Philippe, voyant la ville de Paris pleine de fange : Conruvatis htirgensibus, cu.m prxposito ipsius civilatis , regia aucloritate prxcepit, qiiod omnes vici et viœ foliiis cicitads
' Voy. les A'u(/s utikjues, 1,3, lu ; Aunusti, Francoium r.eyis; il sVteiil
11,0,22,26; Xll,l; \V,8;etc... de 1179 à 1207. On le trouve dans le
■^ C'est le chap. li du liv. I.V : seule- Recueil des historiens- de fnniceiynr du
ment la fin en a été omise. Cliesne,au t. V, et dans la Collection
^ l'oiH- plus de développements sur de lîrial , au t. NVll; sur Rigord en
les matières de ce chapitre, on pourra peut consulter un travail de I,a Curne
consulter la volumineuse Histoire de de SaintePalaye, A/ '■///oires de l'Acadé-
l'aris par Félilùen. mie des Inscriptions, t. V|I|, p. 536.
' Il est de nouveau question de Ri- ^ f'. 4 des vol. mentionnés dans le
«ord au c. -XXVIII du même livre. Son rciucil de du (lusiie et celui de Brial. ouvrage a jiour ti(rc : CcsI'i l'iiitiinii
138 RECHEKCHES
J'urisii du ris et fortibus lapidlbus sternerentur ; ad hoc e/iiiu christ ianissimtis rex conabatur, quod nomen antiqmon cirefati auferret : Lutetiaenim a lutl fetore prias dicla faeral ; sed gentiles quondam , liujusmodi nomen propter fœto rem ahhori'enfes , a Paride Alexandro , fdio Priami régis Troja\ /'arisiusvocaveriini' . Par son propos, vous diriez que Philippe ordonna que le mot de Lutèce fut ôté de notre ville, pour la puanteur des boues qui se trouve en cette parole Lvtetia, el (|u'eu son lieu elle tut nommée Paris, du nom de Paris , fils de l'riam.
Mais Guillaume le Breton, contemporain de Rigord, au premier livre de sa l^hilippide', faite en faveur du même roi Philippe, son maître, prend ce discours d'un autre biais, disant que quelques troupes de Troyens s'étant emparées des Gaules K
Spdem qnrerebanl poiicndis nupiiibus aptam,
Kt se Parisios (Ji\eninl noiiiine Grœco'^,
Qiiod sonat cxpositiim iioslris, aiulacia, verl)is ^.
\ ous voyez par cela qu'il n'attribue le nom de Paris au Troyen Paris, comme fait Rigord, ains au nom grec Parisii , et peu après, continuant le fil de son propos :
Bona cujusad iingueni
Cominendare iniiii sonsiis bievifale nenaliir, Qiiae caput est regni , qii.Te grandia geriiiina Reginn lidiicat, cl doctrix existit totiiis oibis. Ciii quamvis veic loto prci^Iiiceat orbe Nnlliis in oibe locus, qiioiiiam tune tempons illam lîeddcbat pains et terr.ie pingnedo Inlosani, Apluni Parisii posueie Liitelia nomen ^. Paroles par lesquelles vous voyez qu'il estime que le nom de Lutèce avait été donné par les Parisiens à cette ville a liito, sans désigner en quel temps avait été lait cet échange, comme son compagnon Rigord.
Or, pour vous dire librement ce que j"en pense, je veux croire
1 r. 16, ibid. goi-d.
-' Ce poëmc en douze livres sctrouvc 3 cf. Bonaveatuie des Pt-rieis, JJis-
(fans les volumes précédemment cités, fours non plus mélancoliques (juc di-
l.'auteur a de plus continué Vllis- vers, c. !.
/otic ci-dessus mentionnée de Philippe- * lIappy;(Jtot veut dire, en i:vcr , li-
Auguste. l,a Curnc de Sainte-Palaye bn-té, franchise, assurance,
a compose sur Gnillaump une notice •'• | iv. I, v. 92-9Ô,
qui fait suite à soa niémoirc sur l'.i- '■ Id., \ . OS-105.
(|ue ce que disent ici ces deux auteurs, ce sout contes faits à plaisir pour contenter leurs esprits. Parquoi mon opinion est qu'en la province des Gaules y avait un pays particulier appelé l'arlsis, dans lequel était située cette ville ; et c'est la cause pour laquelle .Tules-César, en ses Commentaires des guerres faites es Gaules, parlantd'elle, \''di\\\ie\\ç,LitteUamParisinrum ', voulant dire que cette ville était assise en Pariais : tout ainsi qu'avijourd'hui, parlant de la ville de Saint-Denis, nous disons Saint- Denis en France, comme étant située au particulier pays portant le nom de France dédans la grande France. Or, quoi que ce soit, notre ville fut appelée par César Lutetia, par Strabon, Grec, Leucofe/ia ^ ; et pournotre roi Cliildebert, donnant le village d'Issy aux religieux, abbé et couvent ^ de Saint- Vincent, appelé aujourd'bui Saint-Germain des Prés, il dit par corruption de langage, que ce village était assis f?i loco Titiœ au lieu de Liitetla, voulant dire qu'il était proche de notre ville de Lutèce. De vous dire quel était son vrai nom gaulois, il est fort inalaisé de ce faire. ]\Iais quand je vois ces deux auteurs, l'un l'appeler en son vulgaire latin Lutetiam, l'autre en son grégeois Leiccotetiarn, chacun d'eux selon les commodités de leurs langues ; et quand d'ailleurs je vois que les Gaulois avaient un langage beaucoup plus court que le latin, et connue j'ai traité en quelque endroit du septième liyre de mes Recherches^, je me persuade que notre ville en langage gaulois était appelées Lut-, sur lequel César bâtit son Lutetia et Strabon son Leucofetia : comme de fait vous verrez nos villes, récitées par .Tuies César, en son langage avoir leurs noms beaucoup plus amples que ceux qu'elles tiennent de notre ancienneté dedans ce royaume. J'ajoute, et à ceci il n'y a point, ce me semble, de réponse, que c'eût été chose ridicule et inepte, que les Gaulois habitant la Celtique eussent mendié Lutetiam a luto , parole
' Liv. VJ, c. 3. D'anti-es ont entendu par là la belle
'-' Julien rappelle ylKr,'/ Aî'j'/.îttav, pierre ou la belle colonne : Voy. M. de
dans son Misopogon, .luliani Opéra ; Chateaubriand, les Martyrs, liv. IX.
lipsicC, I(i96, p. 310 : quelqnes-nns ont •* (Conventus) monastère...
voulu expliquer ce nom par l'adjectif ^ Au c.*l du liv. Vlll dans les édi-
Àeuy.ôç, l.lanc, à cause des terrains <'0''s des Recherches postérieures à lr<
crayeux qui avoisinaient In ville, ou de """"J ^^ l'auteur : voy. dans ce vol. !a.
Ticliiuc autre circonstance physique. P- 3--
latine: eux , dis-je, qui n'avaient aucune hal)itu{le ou coiiiuiuniealion avec les Romains.
Parquoi de vous dire dont les mots de Lut et l'arisis prirent leurs sources, ce sont antiquailles en la recherche desquelles il y aurait plus d'inepte curiosité que de vérité. Kt comme ainsi soit que Jules César et ceux qui pensaient plus latinement parler l'appelassent Lutetiam Parisiorum, ou quitta avec le temps le mot de Lxitetia, et se coutenta-on de là en avant de celui de Paris, comme celle qui était la première et la plus signalée du pays de Parish. T.e premier qiti me donne enseignement de ceci est Ammian-Jlarcelhu, au vingtième livre de son histoire : car comme ainsi soit que .lulian l'Apostat eût été créé empereur dedans la ville de Paris , du consentement de Constance empereur, et que plusieurs troupes eussentété commandées de venir trouver Constance la part où il était, voulant |)asser par les Gaules : Ktcum ambif/eretur (dit Fauteur) qua penjerent via, placuit, nofario suggerente Décent io, per Parisios homines transire, nbi morabatur adhuc Cœsar nusquam motus, etitajactumest. lis- (Icmque adventantibus in suburbanis princeps occurril , ex more laudans quos cognoscebaf '. Auquel lieu le mot de fauhourgs nous enseigne que dès lors sous celui de Parisii il entendait parler de la ville de Paris , auparavant appelée Lut ou Lîdeiia; et depuis vous trouverez, dedans notre Grégoire, être tantôt appelée Parisii, au nombre pluriel, tantôt civitas Parisiaca, et par ses survivants d'un mot Parisius, qu'ils firent indéclinable, et en usèrent par leurs titres pour une parole qui s'adaptait à tout genre, jusques à ce que ceux qui pensent mieux parler de notre temps que les autres ont remis en usage le Lutetia Parisiorum de notre César, ou bien un Parisii seul , sans y ajouter celui de Lutetia , voulant parler de notre Paris.
Et combien que sous l'empereur Julian je voie un connnencement de changement en ce mot de Lutetia, toutefois il n'était jierdu tout à fait. Qu'ainsi ne soit, le même INIarcellin qui résidait avec Julian, son maître, es Gaules, parlant des fleuves de Seine et Marne, au livre quinzième, dit ainsi : Qui fluentcs
' Voy. )), 172 (Icrédilion citi'-c rt'.Vmniicu. ,
DK I,\ V-R.VNC.E. 111
perLugdiinensem, post circui/tclaiistnn tniibitu insn/ari larisiorion castcllum, Lutetiam nomine , connociatim ineaiil'\ {)assagc auquel vous voyez être fait mention de Paris et de l.utèce ensemblement, pour remarquer cette ville; passai;e ( dis-je ) tout tel représenté par tous les livres de IMarcellin qui sont imprimés , et par lequel feu maître Pierre de la Ramée (dit Ramus) me voulut un jour entreautres montrer qu'anciennement la ville de Paris ne devait être située où elle est, ains au-dessus de Cliarenton , où la rivière de ]Marne confluant en celle de Seine perd sou nom : et à la vérité, si le passage était véritable, il y aurait grande apparence d'y ajouter foi. Toutefois, après l'avoir lu et mûrement examiné , je lui dis qu'il, valait beaucoup mieux remuer le passage que notre ville, et au lieu dun ablatif absolu , y mettre un accusatif en cette façon : Qui fli/enfes per Lugclunensem , post circumctausuin anihitiott Insitlarem, Parisiorum caatellum^ Lideliam no>uine,consociatiin meant; cbosedont ce docte personnage me passa condamnation : particularité qui mérite d'être remarquée pour corriger les trois ligues qui courent par tous les livres de IMarcellin imprimés, lesquelles demeurant, il faudrait cbanger d'un long entrejet la situation de notre Paris , suivant la première opinion de Ramus \
Or comme les villes reçoivent leurs mutations, par lesquelles elles se font ores grandes, ores petites , par divers succès , ainsi advint-il le semblable à cette ville •. car il ne faut point faire de doute que dès le temps de César elle ne fût de quelque grand mérite entre les villes des Gaules; vu que Jules César, pour gratifier les Gaulois , voulant faire une assemblée générale des vUles gauloises qui lui étaient assujetties ( assemblée, dis-je, qui leur ^ était fort agréable), il choisit par exprès la ville de Paris ^.
L'un des plus anciens exploits que je trouve des Parisiens est
' p. 58 de redit citée d'Ammicn. de Bouamy , Mimoires de l'.-tcadémit
^ Sor le passage d'Ammieu ici dé- des Inscriptions, t. XV, p. 656-691.
haitu on peut voir une note judiricuse ^ Qui lui était .. lit-on dans lesédi-
<!ans l'édition de cet auteur donnée à lions autériecires : ce qui m'a pain ut
l.cipsik en 1S08, in-S», t. H. [f. Iri2;et pouvoir èlre consei-\r.
consiiller, au sujet de l'étendue et la ' De bello Gallico, VI, 3. ^ilu;ilion de l'ancien l'uris , un travail
i-i'2 RECHKRCIIT-S
quand Jules César faisant la guerre en Auvergne contre le capitaine Vercingétorich, Labienus, lieutenant général de César, vint mettre le siégedevant Paris, qui ne contenait lors plus, grand pourpris > que d'une île, qui est ce que nous avons depuis nommé la cité; et s'achemina accompagné de quatre légions. Et adonc les Parisiens s'élant mis sous la protectiois d'un vieux gentilhomme de Rouen , nommé Camulogene , il se campa avec les nôtres dedans nos marais, et sut si bien jouer son personnage, que Labienus fut contraint lever le siège; ei; après s'être rafraîchi au Melunois , ayant rebroussé chemin , pour se heurter derechef contre Paris, les Parisiens, se voyant trop faibles pour faire tête à ce grand guerrier, brûlèrent de fond en comble leur ville, pour lui ôter toute espérance de la conquéter : qui est untraitde grande magnanimité ^ Etayant., ainsi perdant, gagné beaucoup, ne laissèrent de là en avant de reprendre leurs anciennes forces ; comme de fait il faut hkn qu'elle eût été du depuis totalement rétablie , vu que Juliau l'Apostat, depuis empereur, qui dès piéca avait les armes en main pour le soutènement de l'Empire contre la nation germauique, se voulant rafraîchir, choisit nommément la ville de Paris, en laquelle non-seulement il hébergea six mois entiers,, comme nous apprenons de son Misopogon, mais encore pendant son séjour y bâtit un palais, appelé lors les Thermes de Julien, et depuis, par succession de temps, l'hôtel de Cluny; et voulut que certains aqueducs,par son autorité bâtis, s'y vinssent rendre, qui furent a|)pelés Arcs de Julian, que nous avons depuis appelés Arueil ^ d'un mot corrompu, et fait par longue suite des ans un village : particularités qui nous enseignent que dès lors Paris était de quelque marque entre les villes de la Gaule. Ni pour cela n'avait atteint au grand période de grandeur, quand je vois quelMarcellinj parlant d'elle, ne la daigne appeler du nom de ville, ains Parisiorum Castellum; et néanmoins , pour contrebalance, après le décès de Julian , Valentinian F", lui ayant succédé ^et se voulant pour quelque temps
' Kiicids, c'tendiir... ' Jiilirn fut pour si.n-ct'sseiir .(ovieii,
- I>c liella ('.(illicii, \ 11, ôT-tirj. i<ni|)lacc liii-iiièiiie , iipi-cs (nirlipies
'du l^rriieil^ coininc nii l'a \n :iil- iiidis de rc^iic , p<\^^ nient iiiieii 1"'. leurs ; e'csl \reneil.
habituer ès Gaules, choisit cette ville pour siège de son einpirp es Gaules : en laquelle néanmoins vois-je encore un autre grand obstacle. Car notre poëte Ausone, Bordelais, qui fut depuis précepteur de l'empereur Théodose ' , parlant diversement de plusieurs villes de marque, fait mention expresse de cinq , Triers % Arles, Toulouse, Narhonne, Bordeaux, qu'il honore, chacune en son particulier, d'un bel éloge; mais, quant à celle de Paris, ce lui est un chiffre, qui me fait dire qu'ayant été omise par un gentilhomme né ès Gaules , cette ville n'avait encore atteint au degré de supériorité dont elle s'est depuis prévalue.
Ni pour cela ne faut estimer que petit à petit elle ne s'agrandit grandement, comme celle quittait accommodée naturellement des matériaux à ce nécessaires; car je puis dire, comme chose vraie, qu'il n'y a ville peut-être en l'Europe accompagnée de. tant de commodités, comme cette-ci ^. En toute ville qu'on veut rendre grande il y est requis premièrement facilité de bâtir, et en après commodité de trafic. Kn tant que touche^le premier point, Paris est environné de toutes parts de pierrières souterraines , que le peuple appelle par corruption carrières, desquelles on tire les pierres , tant de moellon que de pierres de taille; et outre a ses piàtrières voisines d'elle , dont se fait le plâtre , une forme de ciment à nous propre : pierrières (dis-je) et piàtrières lesquelles sont inépuisables , comme celles qui en s'épuisaut renaissent ; et par conséquent peut être ville éternelle , sous meilleur titre que celle de Piome , qui fut ainsi appelée sur son déclin par quelques auteurs. Davantage, cette notre ville est abreuvée de cette grande rivière de Seine, qui perd son nom dedans l'Océan de la ville de Rouen , rivière dedans laquelle aboutissent quatre grandes rivières, celle d'Yonne vers JMontereau, la Marne vers Charenton, la rivière qui abreuve la ville de Pontoise ■*, et au-dessous la rivière d'Eure \ de-
' Non pas de Théodose, mais de ^ C'est l'Oise.
Oratien. ■-> Les éditions des Recherches de 1621
' C'est Trêves (Treviri) : Voy. dans et 1633 portent seulement ici « rivière
Ansone, Ordo nobilium itrbium, p. 209 dedans laquelle aboutissent deux gran-
et suiv. de redit, ad nsum Delp'uini , des rivières, celle d'Yonne vers Monte-
in-i". reau, vers Cbarenton, et au-dessous la
' On peut voir à ce sujet l'éloge que rivière... » : phrase mutilée, et qui ne
Montaigne trace de Paris dans les Es- s'accorde pas, comme on le voit claire-
iYdS, 111, !>',(. VU dei'édit. citée, p. 123. ment, avec cequi.suit. Au reste, dans
H-1 lUCCIlF.iîCHKS
tians la<|uelle la rivière d'Avre perd son nom : toutes quatre portant grands bateaux; on outre chacune d'elles diversement abreuvée de plusieurs autres eaux , fleuves qui , pour n'être grands, ne sont flottés de grands bateaux , mais aussi ne sont si petits qu'ils portent le nom de simples ruisseaux, desquels nous tirons diverses eonmiodités, ainsi que pareillement de la rivière de Montargis et de celle d'Orléans , lesquelles perdent leurs noms dedans la Seine , l'une vers la ville de Moret , l'autre vers celle de Corbeil. li^t ainsi, avec une facilité admirable, toutessortes de marchandises peuvent être apportées chez nous, à peu de coûts ■ , de la Bourgogne , Champagne , Brie , I^yonnais, Orléans, Beauce, Picardie, Normandie, et autres pays adjacents et circon voisins : qui furent les moyens par lesquels elle parvint à telle grandeur, que notre roi Clovis, s'étant fait maître et possesseur d'une bonne partie des Gaules, choisit pour siège de lui et sa postérité la ville de Paris. Ainsi l'apprenons-nous de Grégoire de Tours, au premier livre de son ///s- /o/re S' qu'après que(]lovis eut reçu l'honneur du patriciat àlui envoyé par l'empereur Anastase , et fait les cérémonies en la ville de Tours de l'honneur par lui reçu, ii vint à Paris, pour y résider comme en la capitale ville de son royaume ^ : Egressus < '/odovxus a Turonls, Parisios i-enU,ibique cuthedraniregni constituit.
Ainsi la ville s'agrandissaut h. vue d'œil , tant par le moyen des commodités par moi ci-dessus déduites, que choix fait par notre Clovis , elle fut trois fois assiégée par les Normands, grands guerriers, désirant s'impatroniser de l'État, et autant de fois rebutés. En quoi je puis dire qu'elle ne fut jamais vaincue que par soi même : privilège de grande et capitale ville à elle seule particulier; car la ville même de Rome ne se put jamais garantir de trois diverses prises faites par les Goths , et une des Héruliens sous leur roi et capitaine Odoacre...
tontes les éditions ce passage n été - Aii deuxième Uvre, faut-li liie,
fort altéré; et l'on doit avertir que la c. 38 : t. t. I, p 248 de l'édit, donnée
partie des Recherches éditée après la en 183G par la Société de l'iiistoire
mort de Pasqnier ( ce niorccaii y est de Trance.
compris) a été imprimée en général •• Ce dernier membre de plirase, dedune manière trés-défectnense. puis il vint , a été omis dans les édiij-rais... lions de 1021 et 1633.