‹ Œuvres choisies d'Etienne Pasquier (volume 2)Chapitre 31 sur 82 · CHAPITRE LXU · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXU

Du recleur de l'Université, et de sa suite.

Quand pour l'affluence des écoliers on fut contraint d'une école en faire deux, dont celle de théologie demeurerait en la maison épiscopale, suivant sou ancien séjour, Tautre pour les arts et la philosophie en celle de Saint-Julian ; aussi fit-on tout d'une main deux magistrats , dont à Tun demeura le nom de chancelier, lequel comme chanoine hébergerait à jNotre- Dame ( et y a bien grande apparence que c'était celui qui d'ancienneté portait le nom de Théologal ) : à l'autre fut donné le nom de recteur, auquel fut attribuée cette charge , soudain que la faculté des arts eut quitté les écoles de la grande église, pour s'habituer en celle de Saint-Julian. Et dès lors, jusquesà hui , n'y eut que les maîtres es arts qui pussent ' jouir de cette dignité ( les théologiens, parce qu'ils avaient leurs écoles séparées; et les facultés de décret et de médecine, d'autant qu'elles n'étaient encore établies , et n'y avait que les deux dont je vous ai ci-dessus parlé) ^. Et lors l'élection du recteur se fai-

' c'est le chap. XXII du liv. IX. Rap- ''Phrase mal conduite et obscurt-,

prorlier de ce chapitre l'ouvrage d'i';- dont voici le sens : les maîtres en tlico-

ga.'ise du Itoulay , qui a pour titre : Ile- logie étaient exclus du rectorat , parce

iiirir(/urs surladigiiité, rant), piéscance, que leurs écoles se trouvaient i'i part;

niiinrilà fit jurispiudrncc du rerieur de et quant aux facultés de décret et de

Vnuiversit'; de Paris: Paris, in-4", KifiS. niéd(xiiie, elles n'étaient pas étalilies ;

-' les éditions (|ui ont précédé celle il n'en existait encore (|iie deux, cellc

de 1723 iiorlent i/i(( puissent. des arts et celle de théologie.

l)!' LA 1•KA.^CK. 187

sait, ores de mois en mois , ores de six en six semaines ; police (jue Simon, cardinal de Sainte-Cécile, légat en France, réforma comme abusive et acheminement de débauches • , et réduisit de trois en trois mois par ses bulles, dont la teneur était telle : Simon, miserai ione divina cardina/is, filulo Sanctae-Cecilix, presbijter, aposlo/icae sedis legatus, univeisis présentes lit- (eras inspecturis salidem. Nos diligent ius attendentes quod usiis ille, quin inio abusus reprobatus et damnosus, et longis rétro temporibiis introductiis, ridelicet quod rector iinioersitatis parisiensis singuHs meiisibus relsex eligatur hebdomadis, turbationem studii et incentiinun invidiœ ministrabat, illum duximus abolendum, statucntes etordinantes quod rector hujusmodi quater in anno, videlicet prima die legibili post festum Beati Dionysii, u'iima die legibili ante Nativitatem Domini, ultima die legibili ante Annunciationeni Beatx Mariœ l'irginis, et idtima die legibili ante festum Joannis Baptistx, etnonpluries ^ , eligeretur: Quireclorum uj'jicium libère exerceret, valeret per tenipus siio regimine^ deputatum, et cxtera. Datum apud Nogentium super Sequanam , calend. octobris, pontificatus Domini Nicolai tertii papœ secundo. Ce pape avait été élu Tan 1277 : ce fut donc l'an 127S (|ue cette réformation fut faite , laquelle depuis a été religieusement observée.

La différence qu'il y a entre ces deux dignités est que le chancelier jouit sa vie durant de sa charge , et le recteur seulement trois mois; brièveté de temps ainsi par nos ancêtres à lui selon mon jugement octroyée parce qu'ils estimaient son autorité plus grande , tout ainsi que du dictateur semestre de llome^ : aussi en cette petite république lui donnèrent-ils plusieurs remarques ^ de grandeur pendant l'exercice de sa charge. Il fait son entrée et issue par deux processions solennelles » celle-là pour prier Dieu qu'il lui plaise conduire son rectorat à bonne fin , cette ci pour le remercier de l'avoir conduit : en

' Troubles, désordres. .. tant reyimini :'

- Les éditions de 1621 et 1633 por- ' « Ne potestas diutnrnitate corruni-

luient plures : cette correction deTédi- peretnr » : a^ait dit Tite-Live, IV, 2.

lion de 1723 est bonne et à conserver. ■■ l'ris souveiit alors comme syrio-

' l-es éditions s'accordent sur cette in nie de /»(/((yi'P!>. leçon : ne faudrait-il pas mieux pour-

188 RKCHERCHKS

l'une et l'autre nssisté des quatre piocuieius des dations, ses suftVagants, et des quatre facultés, de théologie, décret, médecine, et des arts, eux tous revêtus de leurs chapes et habillements de parade ; et avec cette compagnie les ordres de religion, qui sont de son vasselage. Pour reconnaître sa demeure aux collèges, on peint aux parois des mains qui avec le doigt la montrent : particularité par moi peut-être curieusement remarquée , mais curiosité plus grande à nos prédécesseurs de l'avoir ainsi pratiqué; marche par la ville en public, revêtu de sa chape d'écarlate, et a devant lui ses bedeaux portant leurs masses d'argent , et derrière suivi de plusieurs maîtres es arts qui vont par ordre deux à deux , pour l'honorer et être par I ni honorés. Quand je vous dis bedeaux, cela s'entendait anciennement sergents : Ballivi ( portait l'ordonnance de saint Louis ) caveant sibi a niultUudine bidellorum; et les masses leur étaient baillées, tant pour la conservation du recteur, que pour marque de sa grandeur.

Quand Je roi saint Louis, étant au Levant, eut avis que le \ice-roi de la montagne ' avait dépêché quelques siens sujets, du nom d'assassins, pour le tuer de guet apens^, « adouc ( portent nos grandes anciennes annales ^ ), il se douta forment ^ . et prit conseil de soy garder: il eslut sergents à masses, garnis et bien armez, (|ui nuit etjourcstoientautour de luy pour son corps garder. » Sergents et bedeaux étaient même chose, coiimie je recueille de la même ordonnance de saint Louis de l'an 1256 : « et voulons que li bédel et sergien soient nommez en pleine assise ; autrement ne seront-ils pas nommez pour bédel ne jiour sergien. » Vous pouvez recueillir par cela en quelle opinion de grandeur fut de toute ancienneté le recteur,

' On noinnir iKiliituellcniPiit ce clief t. II,P56, de l'édition imprimée à

le Vieux de la montagne. Paris en gothique, 1493, 3 vol. in-f".

-' l.a manière dont Fasquier écrit ce Remarquons ici que la Bibliothèque mot quel à pens en fait disparaître la Sainte-Geneviève possède la plus anvéritable étyniologie : guet (piège) ciennecopieconnued'uue portion deces opens (appensé) prémédité. célèbres ChiDiiir/iies. l'our pins de dé-

^ Les éditions rie 1621 et 1633 don- tails à leur slijct, consultez l'/H^rorfi/c-

nent nus ijrandes et anciennes annales : tion de M. l'aulin Paris dans lédiliou

ce qui parait fautif. Pasquier désigne qu'il en a donnée, Paris, Techener,

ainsi les Ckronk/nes appelées aujour- 6 voj. petit iu-8°, 1836-1839. d'hui de France ou de Saint-Denis : on ' Abrévialiou dr /ortement : il crai-

peul lire en effet le passage cité au gnit fort leurs embûches...

auquel on coiiimit gardes près de lui , portaut non -seulement masses, ains masses d'argent, alin de faire paraître à tous quelle était sou autorité. Et combien que par le lonpj laps de temps nous ayons mis aucunement en oubli le respect que l'on portait à cette vénérable ancienneté, si est-ce que quand il est (|uestion de faire remontrances au roi ou à la cour de parlement pour l'université le recteur va toujours en cette posture; se trouve, si bon lui semble, en tous les actes publics des quatre facultés; et s'y trouvant a le dessus de tous les prélats (|ui s'y rencontrent.

S'il entre en un collège en cette façon, Dieu sait de quelle allégresse il est bienvenu partout le menu peuple des écoliers, el avec quelles acclamations on l'accueille d'un f Ivat , témoignage del'bouneur et respect qu'ils lui portent; combat, ainsi (|u'un vaillant Hercule, les monstres qui se veulent beurter contre l'université : comme aussi doit-il avoir l'œil perpétuellement, Ne quid respublica litteraria detrimenti accipiaf. Kt en cette considération l'article septante de la réformation faite par monsieur le président de ïbou porte ces mots : Hector uiiiversitatis , primo mense sui magistralus , cum quatuor ceiisoribus, omnia collegia semel saltem adeat, et dilujenter l ustret prxceptorum, magistrorum, pœdagogorum etscholasticorum querelas , siqux sint; andiat illos omnes , in officia ((intineat; illormn dissidia componat, et singutorum collegiannn statiita et hxc ip.sa décréta jubeat observare; discipline (jni procède d'une bien longue ancienneté : car en telles affaires , et autres différends qui peuvent sourdre entre les suppôts (le l'université, pour leurs règlements, il a juridiction contentieuse sur eux , dont les sentences sortent leur plein et entier effet, sinon que celui qui pense être intéressé en appelle, et relève son appel en la cour de parlement , et que par son arrêt la sentence soit renversée. Et qui est le comble de sa grandeur, c'est que le landy tenu en la ville de Saint-Denis, composé d'une infinité de marchands forains , ne s'ouvre qu'il

' Landtj et Lendy, c'était une foire, voir sur re mut de eurieiix détails dans ri> général, el , plus partirulirrenienl, lloquefort , r.lossnire de la langue loin foire même de Saiiit-Dcnis : on peut mane, t. Il, p. 6(>.

190 RECHEllCUES

n'ait été béni par le recteur, le lendemain du jour et fête de Saiut-Barnabé ; ouvrage vraiment d'un évéque : auquel lieu il s'achemine en parade , suivi des quatre procureurs et d'une iulinité de maîtres es arts, tous de cheval, et après avoir fourni à son devoir il est gratifié par les marchands d'un honoraire de cent écus.

Et comme l'ancienneté lui décerna tous ces honneurs, aussi lui bailla-elle plusieurs grandes prérogatives en l'économie et ménage de l'université. C'est lui qui ouvre la porte à tous ceux qui veulent jouir des privilèges d'écoliers, par les lettres de scholarité qu'il leur baille; lui qui fait les scribes, libraires, parcheminiers ', et messagers du corps de l'université, quand l'un d'eux est allé de vie cà trépas; lui qui confère les bénéfices vaquants par mort , qui sont affectés à la même université ; et a certains droits sur le parchemin apporté dedans Paris. Conclusion : l'université reconnaît en lui, non un roi pour régner dessus ses sujets , ains un recteur pour régir * et gouverner ses suppôts ^. Et entre le régner et régir, il n'y a pas grande différence, quandon s'acquitte de son devoir. Car, quant au chancelier de l'université, il pare seulement de ce coup contre toutes ces grandeurs 'i : que le recteur fait des écoliers pour étudier (tout ainsi que le capitaine des soldats, quand il les enrôle pour combattre ); mais le chancelier fait des capitaines, quand il baille le bonnet de théologie, décret, médecine, et arts , pour enseigner et monter en chaire. Et à vrai dire , il est ainsi appelé , parce que, comme nul ne peut exercer un état royal qu'il ne soit passé par les mains du grand chancelier de France et n'ait lettre de chancellerie, pour cet effet aussi, nul ne peut en l'université monter es chaires pour lire et enseigner ce qui est de sa profession , s'il n'a premièrement lettres scellées du chancelier de l'université , portant déclaration de leurs maîtrise, licence et doctorande; et veux croire que c'a ^

' Ainsi nommait-on ceux qui pré- chapitre suivant dans les llec/inrches ,

paraient et vendaient le parclieniin. IX, 23, qui a pour titre : Juricticlion

- Lesdivcrses éditions donnaienten- cotitcnlietise du rrrleur. rore ici régner : mais le sens voulait '' W conirelialance toutes ces j.a'iui

nianifeslenieut que l'on lût réijir. deurs par ce seul avantage,..

• On peut consulter sur ce point le

f'té la cause pour laquelle il ohtint anciennement le nom et titre de chancelier, comme y ayant en sa charge une iniaije du grand.

Encore ajouterai-je ce mot (qui ne sera, comme je crois, hors propos), qu'en toutes les commissions de cour de Rome pour le fait de l'université je vois l'adresse être faite au chancelier pour les mettre en exécution ; nulle au recteur. Mais pour contre-échange, aux affaires concernantl'Étatpendant les afflictions qui nous furent procurées en France par les factions des Bourguignons et Orléanais , le recteur y est employé en plusieurs lettres patentes; et outre plus, fait part' des conseillers, es consultations publiques, comme un outil nécessaire de la guerre et de la paix, selon que l'opinion des princes qui approchaient le roi Charles VI y était disposée.

Quant au surplus, je vois l'ordre de l'université avoir été entretenu par une proportion arithmétique, de quatre r^ations, de France, Normandie, Picardie , et Anglesche ^ ; quatre procureurs de ces INations pour être assesseurs du recteur; quatre examinateurs choisis tant par le chancelier de Paris, que de Sainte-Geneviève, pour reconnaître la capacité de ceux qui se présentent à eux lorsqu'ils veulent passer maîtres es arts; quatre intrants^, pour l'élection du recteur; quatre facultés, de théologie , de décret , médecine , et arts ; quatre maisons publiques anciennement pour cet effet , l'épiscopale , les écoles de décret et de médecine, et pour les arts, les écoles de la rue au Fouerre , qui sont quatre en nombre que je fais passer pour une, parce que sur elles les autres facultés sont entées; mais tant y a qu'encore se rencontre en cette particularité le nombre de quatre.

' Partie... livre, le c. xxiv.

2 Ou d' Angleterre : Sur ces qua- •'• Ou désignait ainsi les électeurs du tre écoles, on peut voir, dans le même recteur de l'université de Paris.

192 RECUliKCHES

CHAPITRK LXIIf ■.

Réformalions <le l'Université <le Piiiis.

Aon * : je dirai franchement que sur la première origine de notre état l'épée fut due à nos rois et la plume à nos archevêques et évèques, et que c'est l'occasion ^ pour laquelle vous ne voyez universités en cette France que ce ne soit en ville archiépiscopale ou épiscopale , et singulièrement en celle de Paris, qui est la première et plus ancienne de France; et néanmoins, au long aller, nos rois y voulurent avoir bonne part, faisant cet honneur à l'université de Paris de la nommer leur fille, et l'honorant de plusieurs grands privilèges. Mais comme il n'y a rien si bien institué qui avec le temps ne reçoive diverses corruptions, aussi le semblable advint-il à notre université : laquelle se reconnaissant vraie fille de notre grande Église, le premier qui se mêla de la réformer fut un cardinal saint Estienne, légat du saint-siège en notre France, par son règlement du mois d'août 1215 ; c'était vers la fin du pontificat du pape Innocent IIP, qui mourut l'an 1216. Après ce premier légat, vint Simon, cardinal de Sainte-Cécile, aussi légat, duquel je remarque un règlement général qu'il fil pour l'élection future du recteur de trois en trois mois (au lieu qu'elle se faisait auparavant tantôt de mois en mois , tantôt de six en six semaines), par ses bulles de l'an 1278 : car quant à tout le demeurant de ses actes , ce furent sentences décrétales par lui rendues dedans Paris sur les différends qui étaient ores entre les Nations, ores entre les Facultés. Mais surtout ne faut oublier qu'ayant été en une brigue deux recteurs élus, pour s'être trouvés les élisans mi-partis-en leur élection, les quatre Nations ayant compromis en ^ ce légat, il donna enfin sa sen-

' c'est le cbap. XXV du Uv. I\. ^ C.'i'st ne se trouve pas dans les <'(li-

' H faut remarquer l'emploi excep- lions antérieures : omission, que, pour

tionnel de cette négation, hrusquement la riarlé du sens, je nie suis cru iiiito- '

jetée au commencement de la plirase. risé h réparer.

Pour comprendre ce tour vif et hardi, < S'en étant remis au jugement, à

autant que rare, on suppléera : Je nfi ri- l'arbitrage de...: c'est là un des sens

gaore pus , je ne le nierai, je ne le dix- du verbe compromettre , s'en rappor-

simulerai pas. ter au jugement d'un arbitre

DE LA KnA^CE. 193

tence en la maison al)l)atiale de Sainte-Geneviève, |)oiir et an profit (Je Tnn des deux recteurs, lequel demeura par ce moyen en l'état ' ; et depuis ne s'est jamais trouvée cette partialité advenue en telles élections.

La troisième qui fut reconnue pour vraie réformation est celle qui fut faite à Rome l'an 1366, en présence de Boniface, chancelier de l'université de Paris, par Jean, cardinal de Saint- Marc, et Gilles, cardinal de Saint-INIartin-aux-Monts , à ce expressément conmiis et délégués par le pape Urbain V. Mais sur toutes les anciennes, celle que je vois avoir été la plus signalée est celle de Guillaume, cardinal d'Kstoute ville, légat en France, laquelle je vois avoir reçu toutes ses façons, parce que notre roi lors régnant y voulut avoir bonne part. Qu'ainsi ne soit, combien que la conipagnie qui fut lors assemblée ne porte sur le front que le nom du cardinal, pour l'honneur que l'on portait au saint-siége, toutefois vous voyez vers la fin présidents et conseillers de parlement y être intervenus. C'est pourquoi je m'y veux plus arrêter que sous les trois autres. T.e commencement de cette réformation est tel : GuiUelmua , miseratione divina cardinalis Sancti-Martini-in-Montibus, sacî'osanctx Ecclesixpresbi/ter, cardinalis d' Estouteville vid- (jariter rmncupatus, inregno Franciœ singulisque Galliarum provinciis apos/olicx sedis lefjatus. Majores nostri, etc. De là , sautant de la plus digne faculté aux moindres , selon leur ordre , après avoir passé sur la réformation de la faculté de théologie, il va à celle de décret , puis de la médecine, et enfin aux arts ; il fait plusieurs beaux règlements, et entre autres confirme le statut du cardinal de Sainte-Cécile , touchant l'élection trimestre du recteur, et aussi les règlements de Jean, cardinal de Saint-Marc, et de Gilles, cardinal de Saint-Martin ; et au fait delà médecine, non-seulement reforme, aiiis à pleine bouche déteste l'usage ancien , qui était de ne marier les docteurs en médecine : r^etus statutuni (dit-il ), quo conjitfjati a regentia infacuUate medecinse prohiheninr, impium et irrationahile reputantes , cinn eus maxime ad ipsamjal'ultatem docendam et exercendnm admiiti deceat, rorrigeti-

' En possession de la cliarge...

l'>t RECHERCHES

les et ahror/aiites, sanrimus delnceps conjnqatos, si. docti et fiiiffir.ienteii apparemit etmorum gravita te nniati, ad regendum in^/icta facultate admittendos , nisi eos fevitas ad . nitium aliquod indignos reddat, super quo judicium in cor ■ rectione facultati relinquimus.

Autres articles y a-il , singulièrement eu la correction des artistes, dont j'ai fait ailleurs mon proGtrqui me les fait maintenant passer sous silence. Et au bout : Hxc sunt salubria instituta, qux ad almx nniversitatis decus, reformationem murinn et studiorwn incrementum, magno studio elaborala et digesta conscripsimus , assistentihus nobis reverendis pafrihus Guillelmo Parisiensi et Joanne Meldensi episcopis, et clarissimis viris injure peritissimis Jrnaldo de Merle, regii parlamenti prseside, Géorgie Havart, magistro requestarum, Guillelmo Toti7i, in caméra inquestarum prœsidenle, Millone Dilliers, decano Carnotensi et regiiparlameuti consiliario, Roberto Cibolle^, Ecclesix Parisiensis cancellario , magistro Joamiè, regio adcocato, omnibus prœdictis, a christianissimo et excellentissimo principe , domino Francor uni rege, ad regia privilégia reformanda deputatis. Quorum, in prxdictis statutis edendis, consilium adhibuimus , eaqiw statuta atque décréta singidis facultatibus , ad nos vocatis, ipsis praesentibus, tradidimus, insinuavimus , ac publicanimus, harîimque série, illis Î7i perpetuum valitura traditnus, insinuamus, atque sub authentico nostro sigillo transmiltimus : decernentes , îd etiam supra mandavimus , in trolnminibus statutorum singularium facuttatum ea redigi, fideliterque transcribi. Datum Parisius, anno Incarjiationis Dom. 1452, die 1 mensisjunii, pontificatus sanctiss. in Christo Patris et Domini tiostri, domini Nicolai, divinaproi-identia, Papœ T\ anno l'I^. Et combien que l'autorité du légat, assisté de quelques seigneurs du pai'lemeut, y eut passé, toutefois, pour lui faire sortir plein effet, à cette réformatien

' Les éditions précédentes portent - Ou Ut dans les éditions iintérleii-

inexactement Cibale. ; il a été déjà rcs l'apae IV : mais il est rjuestiun de

(|tiestiiin dans Pasquier de Kohert fi- Nicolas cinquième du nom , qui par-

bdUe : V. le premier vol. de cette édit., vint au pontilicat en 1 147. p. 187, et le deuxième, p. 185.

DE LA FUAKCIi. in'>

furent attachées sous le contre-scel de la chancellerie lettres patentes du peuviènie de mars 1459', qui fureut vériliées en la cour de parlement, du consentement du procureur général, le 9 juillet ensuivant. Ce fut un an auparavant le décès de Charles VII, lequel se mettant lors de la partie, il fut arrêté non-seulement ce qui se devait réformer, ains autorisé ce qui se trouvait hon du passé : à quoi il voulut mettre la main , et pour cette cause confirma le statut du cardinal Simon, légat, sur l'élection trimestre du recteur, et la réformation faite par les cardinaux de Saint-Marc et de Saint-Martin-aux-Monts ; autrement elles eussent pu être révoquées en doute.

Du depuis, pour la nonchalance des ecclésiastiques, on n'eut plus recours %u saint-siége; ains prit notre prince seul cette charge, par l'avis même de nos trois Etats : d'autant que par redit tenu en la ville d'Orléans, conclu au mois de janvier 1560, le roi Charles IX, en l'art. 105, déclare que, parce qu'il ne pourrait en son conseil promptement pourvoir aux plaintes dès longtemps faites, tant par les universités de son royaume que contre icelles, et les abus qui se commettent sous prétexte de leurs privilèges, franchises et exemptions, ensemble sur la réformation desdites universités , pour ces causes il ordonne que les lettres de commission seraient expédiées et adressées à certain nombre de notables personnages , qu'il députerait pour dedans six mois voir et visiter tous les privilèges octroyés par ses prédécesseurs rois, les fondations des collèges , la rétbrmation du feu cardinal d'Estouteville, et, ce fait, procéder à l'entière réformation desdites universités et collèges, nouob stant oppositions ou appellations quelconques : article qui fut depuis renouvelé par Henri III, au soixante-septième article de l'ordonnance faite à Blois, l'an 1579; à la suite de quoi vous trouvez une infinité de règlements de notre prince, concernant les universités tant en spirituel que temporel, dès et depuis le soixante-huitième article, jusques au quatre-vingtliuitième inclus.

Mais, pour ne m'éloigner de l'université de Paris, laquelle

' 1460, écrirait-oD aujourd'hui : la nouvelle année étaiT alors la féd mais ou sait que le point de départ de de l'àtiues.

<î>6 RECHERCHES

par ce présent cijapitre je me suis mise en butte, belle fut la réformation que par la voix commune du peuple on attribue au cardinal d'Kstouteville; mais je n'en vois point dételle, que celle qui fut faite par messire Jacques Auguste de Thou, président en la grand'chambre du parlement , et maître Lazare de Coqiielei et Edouard Mole, conseillers, appelé avec eux maître Louis Servin, avocat du roi , le tout en vertu de l'arrêt donné par la cour, à la requête du procureur général, le 3 septembre 1 598 : soit que l'on considère la façon ou l'étoffe , car, pour le regard de la façon , je ne lus jamais une diction plus nette et plus cicéroniane que celle-ci : rien du Lipsian ' ; et quant à l'étoffe, la discipline y est non-seulement scholastique , ains en sa scholarité grandement politique. Aussi éÉiient tous ces réformateurs assistés de plusieurs braves protecoles ' en la théologie, décret, médecine, et arts. Et toutefois, ô malheur! il faut que cette parole à mon grand regret m'échappe : soit ou qu'en l'ancienneté de mon âge , par un jugement chagrin du vieillard, toutes choses du temps présent me déplaisent, pour exfolier celles du passé ; ou que, sous cette grande voûte du ciel, il n'y ait rien lequel venu à sa perfection ne décline puis après naturellement jusques à son dernier période , je trouve bien quelques flammèches , mais non cette grande splendeur d'études qui reluisait pendant ma jeunesse; et à peu dire, je cherche l'université dedans l'université, sans la retrouver, pour le moins celle qui était sous les règnes de François' L*^ et Henri IL La mort malheureuse et inopinée de cetui, le bas âge de ses enfants , bigarrement de religions , débauche fréquente de troubles, non-seulement de catholique au huguenot, ains de catholique à catholique, sous mots de faction malheu-

' Rien qui porte le caractère d'une secunda; Scioppins, Judicium de siylu

latinité douteuse : c'est un trait de sa- historico, en particulier, p. 65;Baillet,

tire contre Juste Lipse, grand admira- Jugements des Savants, t. II, p. 192;

teur de Tacite, alors aussi peu connu surtout Henri Etienne, De latinitate

que mal apprécié, et qui s'était trop Lipsii paltestra.

attaché à faire passer les formes de cet ^ Coopérateurs : on appelait prote-

auteur dans son sfjle, au jugement des cote ou protocole celui qui se tenait

érudits de l'époque, juste Lipse avait prés d'un harangueur ou d'un comé-

d'ailleurs fait école; el ses élèves, exa- dieu, en vue de le secourir, si la mé-

géiant le maître, étaient tombés dans moire lui manquait : de là par méta-

l'abus de l'archaïsme : A'oi/., dans ce phore , aide, fonsr'ilter. même volume, la p. 211. Cf. Scaligcraiiri

reiiseinent controiivés, de ligueur, politique, lualieiistre ', lui ont fait cette grande brèche. Fasse Dieu, par sa sainte grâce , qu'on la voie quelque temps rellorir comme auparavant, à l'honneur de lui, exaltation de son Église , ornement de la France, aincois ^ de toute la chrétienté !

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