CHAPITRE LXV
Privilèges octroyés par nos rois à l'université de Paris.
Nos rois, non contents d'appeler l'université de Paris leur lille, comme en ayant été les premiers fondateurs , ils la voulurent d'abondant ^ gratifier de plusieurs et divers privilèges , esquels il y a trois diverses occurrences d'affaires , les unes qui concernent nos corps pour les crimes , les autres notre bourse pour la conservation de nos biens domestiques, et finalement le payement des aides et subsides que la nécessité publique a introduits 4 pour la subvention des guerres 5.
Quant au premier, ils voulurent que l'écolier , enseignant ou enseigné , fut traité avec toutes les douceurs que l'on pouvait souhaiter ; et pour cette cause lui baillèrent l'évêque de Paris pour juge, avec certaines comminations contre les
' De l'université de Paris... v. les Ordonnances des rois de France de
- C'est le cliap. xxvil du liv. IX: cf. la troisième race, recueillies par Lau-
¥i\i\neii. Histoire de Paris,\i, 12. rière, particulièrement t. I, p. 23-25,
3 Kn outre, de plus... t. Il , p. 119, 155, etc.; et le Itrcueil
■* J'ai cru devoir corrif;cr introduite des anciennes lois françaises, par.
qu'on lisait dans les diverses éditions. MM. Isamhert, de Crusy et 'raillandier,
■'■ Pour ces exemptions ou faveurs t. I, p. KtO, "223, t. IV, p. 657, t. V,
concédées à l'université par les rois, p. 269 , 1534 , etc.
juges royaux qui contreviendraieiità cetteordonnance. Ainsi le voulut le roi Philippe-Auguste, deuxième de ce nom, par édit de l'an 1200 , de son règne le vingt-unième, portant Tordre qu'on devait observer, confirmé et mot pour mot rapporté par les autres lettres patentes de saint Louis , son petitlils, portant : Nos aidem prxdicta omnia approbamiis et rolumus, et sigilll auctoritate et regii nominis caractère inl'erius annotato confirmatum.Jctum apud Fontem-Bleaudi ', anno doinimcx Jticarnationis 1229, mense augusti, regnl vero nostri atmo tertio, adstantibus in palatio nosiro quorum noniina supposita sunt et signa, dapiferi nidlius. Hoberti buticutarii, Bartholomxi camerarii, Matthxi constal/ularii; datum vacante cancellaria. Autres du roi Philippe le Bel, quatrième du nom, confirmatives de celles de saint Louis; et veut qu'elles soient lues tous les ans en l'auditoire du prévôt de Paris, le premier dimanche de la Toussaint : actum Parisiis, anno Incarnationis Domini 1 30 1 , mense martio. Voire permirent nos rois que si le prévôt de Paris avait entrepris au préjudice de ce que dessus, il en fut exemplairement châtié , et qu'il fût permis à l'université d'en dresser des éloges, pour lui servir comme de trophées : ni n'osèrent jamais les juges royaux révoquer cela à injure. Ainsi le voyezvous dedans le cloître des iNIathurins, joignant l'épitaphe de Léger du IMoussel , Normand, et Olivier Bourgeois, Breton, écoliers, qui avaient été pendus par sentence du prévôt de Paris, l'an 1407, puis dépendus par arrêt du parlement, ensuite rendus à l'évêque comme clercs et ses justiciables , et mis en sépulture, l'an 1408; portant le placard ces mots : et furent lesdits prévôt et son lieutenant démis de leurs offices , comme plus à plein appert par lettres patentes et instrument ^ sur ce cas. Je vous laisse plusieurs particularités de honte et pudeur récitées par Monstrelet et maître Alain Chartier, qui furent contre ces juges pratiquées 3. Pareille remarque trouvez-vous, au coin d'une rue, sur une muraille du
' AFoutainebleau : cetteville, comme - Acte autlientique... 1111 le voit , a tiré son nom d'une source • Bcvoir à ce sujet le t. I , p. 123
appelée Illi'nu nu Ilcllcdu, cl 124.
DE LA FRAINCR. 203
monastère des Aususliiis, par laquelle est représenté an long le tort qui avait été fait à frère Pierre Gongy, de l'ordre des augustius, docteur en théologie, et de quelle façon les sergents qui l'avaieiit offensé furent châtiés, à la requête et poursuite des recteur et suppôts de l'université. Vous en trouvez une autre près l'église Sainte-Catherine du Val des Écoliers, pour les excès commis contre les écoliers par les gens de messire Charles de Savoisy , portant que sa maison avait été démolie, l'an 1404 , par arrêt, pour les excès par lui et les siens commis contre l'université' : tant furent nos rois désireux en la manutention d'icelle, que non-seulement ils voulurent le parchemin y passer, mais aussi que les parois parlassent pour elle, afin d'en perpétuer la mémoire dedans la postérité.
Car quant aux ^ causes pécuniaires , ou bien qui concernaient ^ la conservation de leurs biens domestiques ou de leurs privilèges , nos rois leur donnèrent de toute ancienneté un Juge qui porterait le nom et titre de conservateur de l'université de Paris, lequel connaîtrait de leurs causes, tant en demandant, qu'en défendant, sous l'autorité du prévôt de Paris, d'en connaître, sous peine non-seulement de nullité, ains de puliition. Et combien que du commencement ce juge fût ordonné !)0ur décider les causes qui attouchaient vraiment le fait des écoliers, toutefois, comme Solin disait qu'anciennement les (laulois étaient zélateurs tant delà religion que procès ^, partirularitésqui se sont depuis transmises aux Français qui leur ont avec le temps succédé en ce royaume , aussi se logea avec le temps la sophistiquerie en cette université, parce que l'écolier étudiant ou lisant , fondé es lettres de scholarité du recteur, ayant cession et transport de père, mère, frère, sœur, oncle ou tante, de quelque héritage ou dette pécuniaire, adonc, soit qu'il demande ou défende, il peut distraire la cause de sa ju-
' C'est ce qui est raconté plus Ion- mais qu'il servait quelquefois de siiii-
«iiement, ibid., p. 122 et 123 : voir pie liaison.
■fusaile llecueil des anciennes loin frun- ' Les éditions précédentes porlenl
'fiisrs, t. VU, p. 91. (lu bien qui concernait...
' Pour ce qui est des : on voit par ^ J'ai feuilleté vainement Solin eu )
<et exemple et quelques autres sembla- rliercliaut cette pensée , qui se îrunvr
Ides, dans l'asquier, que air n'expri- dans César, De bellii Calliru , V|, U
niait pas toujours une conséquence, et H'..
ridiction ordinaire et la faire transporter pardevant le conservateur son juge; qui est une leçon pour apprendre de bonne heure aux suppôts de l'université à plaider : et néanmoins permission à eux donnée par nos rois, pour la faveur qu'ils portaient à cette université. Ordonnance qui a pris son trait jusques à nous ; et tout d'une suite voulurent nos rois que tous ces suppôts, voire les serviteurs mêmes ' de tous les aides, subsides et impôts qu'on levait sur le peuple pour le défroi et subvention des guerres. A cet effet sont les patentes du roi Philippe de Valois, de l'an 1340 , par lesquelles il veut ordonner que les maîtres et écoliers ne soient recherchés occasîone pedagii, taUise impositione, costumx *, vel aliorum hujusmodi personalium operiim. Et par ces mêmes lettres est attribuée la connaissance de telles causes au lieutenant conservateur de leurs privilèges , privativement ^ de tous autres. Charles VI passa plus outre par son éditdu 18 mai 13GG : car il étend ce privilège non-seulement pour le revenu des biens temporels, ains des spirituels ; pour le revenu de leurs bénélices et des décimes -î, la levée desquelles lui serait octroyée parle pape : même pour le fait des aides et subsides, y ajoute leurs serviteurs. Prérogatives à eux données , non pour apprendre à plaider, ains alin qu'ils ne fussent distrails de leurs études par les fermiers des impôts , qui ne sont que trop bons maîtres pour se faire remplacer des fermes qu'ils prennent à haut prix , pensant se faire grands et riches de la dépouille et perte publique.
Les impôts sont dus à nos rois pour subvenir aux nécessités publiques -, les péages à uns et autres seigneurs, pour l'en- Iretenement de leurs affaires privées , selon l'ancien usage et coutume dont ils ont joui. De l'impôt nos rois ont pu dispenser l'université comme ils ont voulu : des péages , c'est un
' Ce passage est visiblement troiuiiié; talUia (la laille), il faut consulter
il faut sans doute lire, ou du moins il aussi Du Cange, (Glossaire cité, t. V|,
faut entendre : ciue tous ses suppôts col. 974 et suiv. : pour <:o«/«)«a (cou-
'les suppôts de l'université) et même tume), synonyme de consueludo ,
les serviteurs de ceux-ci, fussent v. iiid., t. Il , col. 1000-1004. e.rfimpts... -^ A l'exclusion...
•On a expliqué plus haut le terme ' Une rfrVjrtu? , c'était la dixième par-
ile pediKiiinii : (|uant à celui de tiil/in , tic prélevée sur un revenu : de là diiiie.
DE LA FBANCE. 20o
autre discours; et néanmoins je trouve un édit de notre roi Philippe le Bel , IV du nom , par lequel il exempte l'université de Paris de certain péage, dont Richard, comte de Boulogne, |)rétendait devoir être servi et acquitté par les passants. Philippus , Dei gratia , Francorum rex, etc : twtum facimus innrersis prxxentibus etfuturis, quodcum magistri et scholares universUatis Patisiensis graviter conquerantur, quod dilectua et fidelis noster Ricardus , cornes Bononiae, ou ses gens leur faisaient payer certain péage, plus amplement mentionné par les lettres, etc., requérant être sur ce mis en la sauvegarde du roi, et de les en décharger, memorato comité in confrariiim asserenle , soutenant que lui et les siens étaient de tout temps et ancienneté fondés en la perception de ce droit, Nos attendenfes, etc., de consensu prsefati comitis, propter honorem Dei, et nostrum ordinationi nostrx ', jus suum, licet clarum, quoad dictos studiosos universatis solum, et non quoad alios , supposuit , immunitatemconcedimus, etc. fn cxtjus rei testimnnium , nostrum prxsentibus lUteris fecimus apponi sigillum '. Datttm Parisius, anno 1312, metise martii. Bel édit et digne d'un roi , fait en faveur de l'université, du consentement toutefois de celui auquel il pouvait préjudicier.
CHAPITRK LXVI K
Invention de rimprimeiie; et comme et vais quel temps la langue latine commença d'Atie diversement cullivceen l'Europe.
Après vous avoir discouru sur le fait de notre université de Paris, qui a produit tant de beaux et nobles esprits par le moyen des bonnes lettres, pourquoi ne me sera-ii loisible de vous parler maintenant de Timprimerie , qui baille vie aux bonnes lettres ^ ? Il me souvient d'un épigramme, dont un
2()n RECILF.RCHKS
i^rand poète do iK>tro toinps voulut honorer le docte Aide l\la iiuce, imprimeur italien ", qui avait par son impression mis en lumière plusieurs anciens poètes, dont la méntoire était si non perdue, pour le moins aucunement égarée; et ayant, sur le connnencement de son épigramme , montré comme les poètes devaient être mis au rang des dieux, pour faire par leurs poésies revivre les hommes illustres morts , enfin il conclut que Manuce était de plus grande recommandation et mérite que les poètes , puisque par son impression il leur redonnait la vie :
Qiiod si {(lit-il) credere fas Deos Poëtas ,
Vitam reddere qiiod queant siil>latam, ■♦
Quanto est jiistiiis aH|iiiusqiie, qua-so,
Aldum Maniilium Deum vocare,
Ipsis qui potiiit suo labore
Vitam reddere mortuis Poëtis.
Que si l'université de Paris et par même moyen toutes les autres ont avec le temps trouvé leurs grandeurs dedans l'impression , pourquoi serions-nous si ingrats de ne Thonorer de sou emblème, vu que par une honnête liberté je veux croire que si l'ancienneté établit sept espèces de sciences % je ne penserai forligner quand j'y ajouterai l'art de l'impression pour huitième? Reconnaissons donc, s'il vous plaît, quand et par qui elle prit sa première naissance^...
Je vous ai dit que cette noble manufacture avait été inventée en l'an 1457, et publiée en l'an 14(i6. Grande chose qui ne doit être écoulée sous silence, que le siècle de l'an 1400 lit honorer les langues latine et grecque , et par même moyen les sciences. Auparavant, encore que vous y trouviez du scavoir, toutefois, en l'étalement d'icelui, le débit se faisait en une langue latine goffe^; et ose presque dire qu'en tous nos
nutiiis, nous aurions force bons livres, grammaire, la rhétorique , la dialeo-
qui se sont perdus par faute d'écrire ! >i tique; elle quadiivium , en d'autres
' l.a vie du célèbre imprimeur Aldo termes, l'astronomie, la géomélrie ,
Manuzio, né en 1447 , mort en 1515, a l'arithmétique et la musique,
elé écrite en italien par Manni, Venezia, •' .le supprime le passage qui suil ,
1759 , in-S" : on peut voir aussi sur lui parce qu'il est ahsolunient identique
les .lunules de l'imprimerie des .lUtes, avec une partie du .VMVf chapitre du
(le Renouard , l'aris , Crape.let , 2 vol. livre IV, déjà reproduite dans le pré-
in-S", 1803. eédent volume, p. 137.
• Celait \e hiriiiiii , c'est-à-dire la < Cirossièrc : sur la ctillurc des laii
vieux livres latins, qui virent le jour depuis riutroduction de nos universités, voire plusieurs siècles auparavant, jusque vers le milieu de Taonée 1300 ', il y avait plus de barbarie que de diction pure et nette. J'en excepte Éginhard, lequel on dit ;ivoir été secrétaire de l'empereur Cbarlemagne , auquel , par miracle particulier, je trouve, au peu qu'il écrivit de la vie et mœurs de son maître, un langage qui ne seressentenaucuue façon de la parole barbare de son temps, ni de plusieurs autres siècles suivants : cbose qui me fait presque croire que celui (jui en fut l'auteur vivait lorsque la langue latine fut réhabilitée entre nous , et que pour donner plus de foi et créance à son histoire il emprunta le nom d' Éginhard , secrétaire de (Iharlemagne \ Toutefois je me remets de ceci au jugement de ceux qui avec plus de diligence que moi ont feuilleté les iiuinuscrits.
Or le premier que je vois nous avoir affranchisde cette barbarie fut François Pétrarque ^, celui qui, entre les poètes italiens, a acquis le premier lieu de la poésie toscane : honneur toutefoisqueje n'estimede telle reconuiiandation que celuique je remarque maintenant eji lui ; d'autant que la langue toscane se borne de l'enceinte de l'Italie , et la latine, de tout l'univers. Ni pour cela ne pensez pas trouver en lui un langage revêtu de toutes les (leurs qui depuis se trouvèrent en ses survivants; il ouvrit seulement le pas. Tant y a que vous voyez en ses oeuvres latins une diction nette , un esprit moelleux , nerveux et senlentieux^, un style court et concis : bref, vous connaissez en lui un autre Sénèque. Mais en cette conformité de plumes il y eut cette distinction , que l'ancien Sénèque, ayant succédé au siècle doré d'éloquence de Cicéron, César, Hortense, Salluste,
^iifs anciennes dans l'Occident, avant tis, se montre très-rigoureux pour le
1100, on peut consulter Hallam, Lit- latin de Pétrarque : celui-ci a trouve un
liratiire de l'Europe, c. !"'.■ juge plus bienveillant dans Mciners,
' Du siècle doit être sous entendu f-'eryleichmuj der Sitten, t. III, p. 94 à
avant de l'année. 147. Ce fut Léonard Arétiu qui mérita,
- r.ienn'aulorise les doutes exprimés suivant Cortèse, l'éloge altriliué ici à
ici par Pa.squier sur l'authenticité de Pétrarque : « Hic primus inconditaui
cet auteur : I.a Société de l'Msloirc de scribendi consuetudinem ad numero-
l-innre en a donné récemment une sum quenidam sonum inflcxif , et attu
édition nouvelle, 2 vol. grand in 8', lit hominibus nostris aliquid cer!(
1;S40-13. splendirtius ». l.ib.cU.
• l'aul f;ortése , De hominihns doc- '' Plein de pensées...
208 HECHEKCHES
Pollion , et donné quelque privilège particulier eu ses écrits non familier aux anciens , fut jugé par Quintilian avoir le premier forligné de la délicatesse de la langue ■ ; et Pétrarque , étant né dedans un siècle barbare , s'étant aucunement mis en butte l'autre Sénèque, fut le premier qui la rétablit. Chose que je vois être allouée = par Paul Jove, quand il dit de lui ces mots Sed debeamus plurimuni ingenuo sudore semper œstuanti , dum litteras a niulto xvo misère sepultas e Gothicis sepuichrîsexcitaret ; et Vives, dedans ses livres de tradendis disciplinis : Franciscus Petrarcha abhinc annos plures ducentis bibliothecas jamdiu dausas re?e7'avU primiis, et pidvereni situmque e monumentis maximorumauctorum excussit. Qiio nomine, plurhnum et latinus sermo débet ; non est omnino impurus, sed squalorem sid sxcidi non validt prorsus detergere ^.
Ce que je vous remarque de ce graud personnage est du siècle de l'an 1300 : car il naquit l'an 1304 et mourut l'an 1374, ayant vécu soixante et dix ans. Ce que je vous déduirai ci-après concerne le siècle de l'an 1400. Les deux premiers champions que je vois en ce siècle être entrés en champ de bataille pour combattre cette barbarie furent Laurent Valla , gentilhomme romain, etPogge, secrétaire delà république florentine, tous deux armés d'armes de haut appareil, tant en la langue latine que grecque , et tous deux ennemis formels par une jalousie particulière qu'ils avaient conçue l'un contre l'autre : tellement qu'ils s'attaquèrent par unes et autres invectives latines ; et par leurs divisions particulières s'accrut l'état général des bonnes lettres. Si vous croyez Raphaël Volaterran, au vingt et unième livre de son Anthropologie , nous devons à Pogge les Institutions oratoires de Quintilian et les œuvres d'AsconiusPedianus -.fuit inconcilio Constant iensi(dit-\\)^ qiiotempore et Quintilianum et /Jsconium Pediannm dicitur reperisse. Toutefois je vois Quintilian avoir été allégué longtemps
' V. les Institution!: oratoires, \ , ses œuvres , Bàle,1581. J'ai rectifié,
1, à la fin. en y recourant, deux leçons fautives
- Confirmée... que présentaient les éditions antérieu-
' Ces jugements et d'autres encore, res de l'asquier, imjenio sudore, et
portés sur" Pétrarque, ont été recueillis nam squalorem.
an commencement de l'édition in-f° de
DE LA KllANCK. 20 ft
devant lui par Pétrarque , au premier livre de ses épîtres l'arîiilières, Kpitre 8 , écrivant à Thomas Messanense • : qui me tait croire qu'auparavant il était en vogue. Mais pour ne rendre Volaterran menteur, il faut croire qu'il n'était lors si correct, comme il fut depuis par la diligence et industrie de Pogge ; mais la beauté de ce conte §st que si nous lui devons le Quintiliau , qui est celui auquel Laurent Valla a plus de créance . en sa déduction de l'élégance latine ( et ainsi le remarque Volaterran au même livre, QuintiUanl iinpiiinis admirator niniul et imitator) : de manière que par ce moyen il ^ était grandement redevable à Pogge, avec lequel il exerçait une inimitié irréconciliable.
Ces deux premiers entrés en champ de bataille eurent plusieurs qui les suivirent eu flotte , si ainsi me permettez de le dire, uns Marcus Antonius Sabellicus^, Blondus, Georgius ïrapezuntius, .t^neas Sylvius, depuis pape ^, DomitiusCalderinus, Bartholomœus Capella, Pvudolpbus Agricola, Bartho. lomœus Platina, Franciscus Philelphus, IMarsilius Ficinus, .loannes Camarinus, Bartholomaius, Baptista Guarinus, Georgius Merula, Ambrosius Calepinus, Joaunes Ficus INlirandula et Baptista Mantuanus ^ ; mais sur tous Angélus Politianus , qui n'eut point son semblable entre tous ceux qui fiorirent en ce siècle , ainsi que nous voyons par ses oeuvres. Et furent encore suivis par d'autres qui ores qu'ils fussent nés dedans le le siècle de l'année 1400, virent celui de l'an 1500, comme uns Hermolaiis Barbarus, Philippus Beroaldus, Ascensius Badins, Tacobus Faber, Paulus ^milius, Bobertus Gaguinus. Tous ceux-là firent profession de la langue latine , avec les- (juels les Grecs de nation voulurent être de la partie , qui n'apportèrent pas peu de lumière et splendeur aux bonnes lettres :
' l'I lis exactement, dans l'cpitie vu'', dans notre premier volume, p. 19. t|iii a pour titre « ï'ranciscus l'etrar- ' Sous le nom de l'ie 11. (ha Thomse Messanensi (de Messine) ». '• Sur la plupart des personnages ici
Voy. t. 11, p. 581, de l'édition citée : mentionnés et de ceux qui suivent, ou
Au reste, Quintilien est allégué par trouvera des détails curieux dans les
Pétrarque dans plusieurs autres en» premiers cliapitres de l'ouvrage cité de
ili-oits. Uallara : Voy. aussi llunke , De Romo-
-' Construction brisée; c'est comme norum rcnim Scriptoribiis, 2 vol. in-i",
s'il y avait : il est arrivé par ta qu'il... I.elpsik , 1009-1675.
■' Cet auteur a été déjà mentionné