‹ Œuvres choisies d'Etienne Pasquier (volume 2)Chapitre 36 sur 82 · FIN DES EXTRAITS DES RECHEHCHES DE LA FRANCE · texte numérisé non relu

FIN DES EXTRAITS DES RECHEHCHES DE LA FRANCE

.1 M. de Tournebu', professeur du roi es lettres grecques en l'université de Paris.

Eh biens, vous êtes donc d'opinion que c'est perte de temps et de papier de rédiger nos conceptions en notre vulgaire, pour en faire part au puljlic : étant d'avis que notre langage est trop bas pour recevoir de nobles inventions, ains seulement destiné pour le commerce de nos affaires domcsticpies; mais que si nous couvons rien de beau dedans nos poitrines, il le faut exprimer en latin. Quant à moi, je serai toujours pour le parti de ceux qui favoriseront leur vulgaire ; et estimerai que nous ferons renaître le siècle d'or

I C'est la lettre 2 du liv. 1, dans 2 Turiièbe oii Ton rnebœuf (Adrien) ,

l'édition d'Amsterdam , 1723. Les plus que Pasquier appelle ailleurs, Lettres,

^'rands esprits du seizième siècle ont 1 , 16 « un grand personnage »,et que

chaudement plaidé la cause de notre l'on adéjà vu mentionnéavecde grands

langue et préparé ainsi ses glorieuses éloges. Suivant Montaigne , « il savait

destinées. On remarquera entre eux, toutes choses » { Ess., 11 , 12, au con>-

avec Pasquier, Joachim du Bellay, mencement). Né en 1512, il remplaça

Henri Etienne, Montaigne, Ronsard ; en 1547 Toussain au collège royal, et

celui-ci , dans la judicieuse préface de mourut à Paris en 1565 à cinquante

la françiade, s'emporte contre «les trois ans , laissant la réputation d'un

iatineurset grécaniseurs ; » il déclare excellent critique et d'un bon traduc-

u que c'est un crime de lèse-majesté leur, qualifié de plus par .lainte-

BaiJ-

t. JV,

d'abandonner la langue de son pays », et supplie « tous ceux auxquels les muses ont inspiré leur faveur d'avoir pitié, comme bons enfants, de leur pauvre mère naturelle. » Du Verdier,

du

après un éloge pompeux de notre langue, invite également les Français « à combler cette leur mère de richesses gagnées par louables travaux sur toutes les autres tant anciennes que modernes. » On peut voir encore sur les auteurs qui après Pasquier ont traité le sujet auquel cette lettre est consa-

Marthe de poète sublime let , Jugements des sai'unts p. 416.

•^ Pasquier nous avertit ( Lettres, I., 1 ) que pour éviter une perte de temp

la préface de sa Bibliothèque , et de papier, il a supprimé « ces mots

de monseigneur, monsieur, et autres dont nous faisons les premiers frontispices de nos lettres , et cette clôture des quatre et cinq lignes de recommandation aux bonnes grâces. Mais puisque prenant entre nous congé de nos ninis de bouche, nous usons de ce mot udica , aussi lui plait-il de le mé-

crée,Gi)ujet, Bibliothèque frun<-aise,{. I, nager à la (iu et conclusion de ses Ict-

I>. 5 et suiv. ' très. »

lorsque, laissant ces opinions bàlaides d'affectionner choses étranges, nous usciorts de ce qui nous est naturel et croit entre nous, sans maininettre '. Quoi? nous porterons donc le nom de Français, c'esl-à-dire, de Irancs et libres, et néanmoins nous asservirons nos esprits sous une parole aubaine ^ ! N'avoiis-nous les dictions aussi propres, la commodité de bien dire, aussi bien que cet ancien Boîuain, lequel mémemcnt ne nous a laissé (pic quelques livres er> petit nombre, parle moyen desquels nous puissions avoir connaissance de sa langue? J'ajoute que les dignités de notre France, les instruments mililaires, les termes de notre pratique^, bref la moitié des choses dont nous usons aujourd'hui sont changées, et n'ont aucune communauté avec le langage de Rome. Et en celle mutaliori, vouloir exposer en latin ce qui ne fut jamais latin, c'est en vuulaiit faire le docte n'être pas beaucoup avisé. Je sais bien que votre opinion est assistée de plusieurs garants : parce que ces grands personnages que les siècles passées ont portés, uns Valla, Politian, Picus Mirandula', et de notre temps Érasme, Budé, Alciat, et infinis autres nous ont fait part des dépouilles de leurs esprits eu latin, et non en leurs langues maternelles. Et laissant leurs autorités en arrière, encore pouvez vous ajouter que s'il est ainsi que ceux qui |)ublient leurs œuvres le font sous une intention qu'ils ont d'étudier", ou au commun profit du peuple, ou à l'exaltation de leurs noms , il faut que d'une traite l'on vous confesse qu'il est beaucoup meilleur de s'employer du tout au latin qu'en notre langue, puisque, d'un commun accord de tout le monde, et quasi par un droit de geut *", le latin a déjà gagné tant de pays, qu'il n'y a contrée si étrange

■ On lit dans le dictionnaire de l'i-é- ' l'ic de lu IVlirandole, dont les ta-

vdux : (I .Sans mainmettie signifie, sans nienses thèses de omni re scibilireuffr-

aaciins fiais ni dépenses. » C'est ici: niaient neuf cent questions concernant

sans aller cherclier au loin ce qui est la logique, l'éthique, les mathénia-

prés de nous, sans nous donner un mal tiques-, la pliy.sique, la métaphysique ,

superfla. la théologie , la magie et la cabale, sur

-Étrangère. Leseigneur sur les terres lesquelles il offrait de disputer avec

duquel mourait un aubain (alibi na- tout adversaire qui se présenterait. Il

tus) était son héritier; de là cette lo- mourut à trente et un ans en 149-i , le

cution, bonne aubaine, bon héritage, jour où Charles VU fit son entrée à

et par suite, bonne chance. Sur ce Florence. 1,'épitaphe que lui composa

Il droit d'aubaine » on peut consulter Hercule .Strozza atteste assez sou im-

jes Oiiuscules de Loisel , in-4°, 1052, mense réputation:

p. 151 et suiv. JonnTi.-.s jacci liii- Miraiidola : ciClPm nnriinr

3 11 faut sous-entendre j«dir(((((c. Et ri.gus et (iangps ; forsan et anlipod.s.

a Un homme nourri en pratique, c'est '•• De servir: c'est le sens du latin s(h-

lomnie traduit Nicot, homo fori aluni- ilrre.

luis. " '' iNntioiial...

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