LETTRE XVII
-i M. de SaiiUc-!\Iar//ir, conaedler du roi, et trésorier (jrncral de France, en la généralité de Poitiers ^.
Il dL'cril les premiers coinmcncemenls et progrès de la Ligue.
Ne pensez pas qu'il n'y ait de la main de Dieu , je dis de la main de Dieu très-expresse , qui me fait grandement douter de l'événc-
' Les édKioiis précédentes portent pa.vs, produisirent entre eux ump
mitre ordonnance,... étroite liaison. Beaucoup de Lettres de
' C'est la lettre 2 du liv. XI. Rap- Pasquier lui sont adressées. l,a plus
procbez de cette lettre \c» Mémoires de grande partie de sa vie se passa dans
Sully, I. II, t. I, p. 25, n. 27, de l'é- la ville de Poitiers; il la termina à
dit. in-4" de Londres, 1747, Louduu, où il fut proclamé jDè;e de la
■' Né à Loudun quelques années après patrie, pour avoir sauvé celte ville du
Pasquier, en 1536, Sainte-Marthe de- pillage en 1587. Suivant le Roût du
^ait lui survivre et mourir comme lui, temps, il avait traduit son prénom de
a quatre-vingt-sept ans, en 1K23. Les Gaucher par celui de .Scévole, qu'il »
mêmes vertus et les mêmes goûts, le illustré, les grandes fonctions admi-
iiicnic ilévoucnicnt O'éx lettres et au nistriitiMS qu'il remplit nommé eu
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raenti de nos nouveaux, troubles. Qu'ainsi ne soit', cussiez-vous jamais estimé voir les affaires plus calmes et en meilleur train, que lorsque ce nouveau remuement est survenu? Par la mort de M. le Duc^, tout son apanage avait été réuni à la couronne ; et par mèifte moyen s'étaient évanouis plusieurs jalousies et ombrages qui pouvaient être en la tète du roi, pour la grandeur de M. son frère : ce néanmoins , je vous puis dire que la mort de M. le Duc a été le premier acheminement de nos maux, m'assurant que s'd eût vécu nul n'eût jamais osé lever la tète*. Soudain ^près son décès le roi , pensant être au-dessus du vent et désirant de pourvoira la tranquillité générale de tout le royaume, dépécha le duc d'Épernou par devers le roi de Navarre, pour le semondre de venir en cour, comme celui qu'il savait être le premier prince du sang , et plus proche habile de succédera la couronne. Il part avec une grande suite de gentilshommes; et fut remarqué qu'à son parlement il prit congé de tous les princes et grands seigneurs, fors de MM. de Guise et de Mayenne , dans lesquels se logea dès lors un grand mécontentement , pour se voir de telle façon méprisés : ce qu'ils pensaient provenir d'une plus haute main, et paraventure non sans cause. Le roi s'en va à Lyon pour y attendre de pied coi le seigneur d'Épernou , lequel , approchant de la ville, tombe du haut en bas d'un rocher, tout froissé et moulu : présage presque assuré que celle négociation serait un précipice fatal de notre France. Jamais plus sage conseil ne fut pris de première apparence que cetui , de rappeler le roi de Navarre, lequel, tant sous l'espérance de la couronne, que pour être près du roi, pourrait aisément se réconcilier avec notre Église ; et au surplus, pour lui faire enten-
}571 contrôleur général des finauees son oraison funèbre, qui a été conservée,
en Poitou , il devint ensuite président En outre d'Hozier a fait son Éloge,
des trésoriers de France) ne l'enipè- ' Appréhender l'issue... : de douter,
chèrent pas de laisser de nomlireiix pris dans le sens de craindre, vient le
ouvrages qui furent réunis en 1632, mot?erfo?((fr, commeleremarqueNicot.
l'aris, in-4''. Poète français et latin, - S'il n'en était pas ainsi...
digne dans sa PtCf/o/)0/;/i/e d'être coni- -'Le duc d'Alenrou ou d'Anjou, le
paré aux anciens, il s'est aussi distin- quatrième des fils liiissés par Henri II ;
gué comme prosateur : voir de Thou , 11 mourut en 1584 : V. de Thou, Hisi.,
liv XClll, t. X, p. 436delatraduction, liv. LXXIX, t. IX, p. 181 de la trad.
et plusieurs passages de l'Essai sur Pas- française ; le Jounuil de Henri lll, t. I,
(|uier, en particulier les p. c IX et cxi-l. p. 419424; les Mémoires àe JNevers,
<1n peut consulter encoresur lui « f'irl t. I , p. t)9 et 90.
clari Scuvolte Sammarlhani lumvli , •* Cf. même Journal , 1. 1, p. 433 et
'■logia, viia, oralio funebris » , l'ari- 434 avant les notes, 439, etc. ; de Tliou,
«iis, iu-4", 1633. Le célèbre curé de De vHa sua, lib. III, et le.s Lcllrps <it