LETTRE XXII
A M. Aivuult, lieutenant criminel cC Angers '.
l'asiiuier raconte la mort de M. île Guise et de son îrcre, avec toutes les particularités qui s'y passèrent.
.le vous raconte une histoire, noais histoire la plus tragique qui se soilonc passée en France. M. de Guise a été tué dedans la chambre du roi, le vingt-troisième jour de ce mois de décembre; cl le lendemain tau matin, M. le cardinal son frère. Je ne doute point qu'à cette première rencontre ne frémissiez : mais ce que je vous dis est très-véritable. Toutefois , grâce à Dieu , il n'y a eu autre sang épandu : le demeurant s'est passé par fuite, prison ou pardon. Mais, parce que souhaiterez que je vous déchiffre par le menu ces nouvelles, sachez que le roi, indigné de plusieurs particularités qui se passaient en notre assemblée à son désavantage,
' c'est la lettre 5 du liv. XIII. Sur ce sujet les renseignements abondent :
coBS. Lelong , ISiblioih. histor. de la France, t. II, p. 305 et suiv. Entre autres publications du temps, on remarquera Le Martyr des deux frères , 1&89, dont on peut voir l'analyse au 1. Ilde V.lnnlectnhiblio» du marquisdu Koure, p. SI et suiv. ; et la Gaiiind'' de l'ierre Matthieu, « en laquelle au vrai et sans passion était représeulé, suivant l'auteur, le massacredu ducdeGuise.»
Cettetragédie, qui'parutà Lyon en 1589, se trouve dans le t. III du Journal de tlenri III, Tout récemment, la Société de l'Histoire de France a fait imprimer dans ses Documents liistoriqurs origiviur, p. 77-87, t. I de son Bulletin, une relation jusque alors manuscrite de Jehan Patte, bourgeois d'Amiens, sur l'assassinat du duc et cardinal deGuise aux états de Blois. — Cf. le récit de Miron, médecin de Henri II I, dans le /oii ma/ de l'Etoile, t. III, p. 461 et suiv., et d'autres documents nouvellement publiés dans l'ancienne Hevue rétrospective , n"' 9 et 11 ; Palma Cayet , Cfironolorfie novenaire , p. 73 et suiv. (t. XII de la collection Michaud et Poujoulat); d'Aubigné, nist. Univers. ,\n-C, Ifilft,
t. III , I. II , c. 15 ; les Mémoires de Tavannes, au commencement du liv. 111.
Ajoutons que, dans ses l^tudss historiques, M. de Chateaubriand a fait, d'après les sources, un beau récit de cet assassiuat, p. 740-750, et que .M. Vitet a reproduit tout ce drame d'une manière fort aKacbantc , à la (in de son dernier ouvrage cité.
- L'un des jurisconsultes émiuents du seizième siècle, loué par Sainte- Jlartbe, au liv. V de ses Éloges, et mentionne dans l'Essai sur l'usquier, p. CIX, et CLXil , not. 3. Par sou amour des lettres et sou patriotisme, Airaiilt méritait d'être l'ami de Pasquier. a Ou pourrions-nous, disait-il dans l'un de ses plus importants ouvrages, trouver de la consolation que parmi les livres, de voir un si grand royaume déchoir et prendre les errements d'un corps mortel et péri.ssablc comme le nôtre? » liv. IV, p. 577 de L'ordre, formalité et instruction judiciaires dont les anciens Grecs et Homains ont usé ; Paris, 1598, in-4''. L'éloge d'Airaull a été le sujet d'un disconrsde rentrée, prononcé par M. l'avocat général François Belloc, à Angers : in-S", 1844,
LEÏTRES. 317
qu'il eslimail ne se faire que sous l'auforilé de ces deux princes; et (jue plus ii se rendait souple envers nos députés, plus ils se roidissaient contre lui ( tellement que c'était vraiment une hydre, dont l'une des télés coupée en faisait renaître sept autres) ; même que trois ou quatre jours auparavant , M. de Guise était entré avec lui en une dispute , tant de son état de lieutenant général que de la ville d'Orléans', il se délibère de faire mourir ces deux princes, estimant que leur mort serait la mort de tous ces nouveaux conseils. La procédure qu'il y a tenu a été telle. Le 22 de ce mois il dit à M. de Guise qu'il délibérait le lendemain aller à La Noue (qui est une maison de plaisance, distant de demi-lieue du château de Blois), et là séjourner jusques au samedi, veille de Noël; qu'il désirait, avant que de partir, que tous les seigneurs de son conseil des finances se trouvassent ensemble de bon matin, pour résoudre de quelques affaires qu'il leur proposerait. D'une autre main, il commande à dix ou douze gentilshommes de ses quarante-cinq ', de le venir trouver au même temps, tous bottés et éperonnés, pour le suivre; et à cette même heure remit quelques affaires, dont il était sollicité par les seigneurs de Rieux et Alphonse Corse. Tous lesquels ne faillirent de se trouver aux lieu et heure à eux assignés; Corse et Rieux en son cabinet, avec ses secrétaires d'État, et les autres en sa chambre : auxquels il remontra, comme on dit^, qu'il y avait trop longtemps qu'il était en la tutelle de MM. da Guise; que plus il avait apporté de connivence, plus il avait reçu de bravades ; que dès et depuis la levée des armes par eux faite il avait eu dix mille arguments de se mécontenter d'eux ; mais qu'il n'en avait jamais eu tant que depuis l'ouverture de l'assemblée des étals. C'était l'occasion pour laquelle il se résolvait d'en avoir la raison : non par la voie ordinaire de justice ( car faisant faire le procès à M. de Guise, il s'était acquis tant de créance en ce lieu que lui-même le ferait à ses juges) ; partant il s'était résolu de le faire présentement tuer par eux en sa chambre; qu'il était raéshui'
' I.e duc de GuUe , comme lieutenant formaient la garde particulière du roi ;
Rcnéral , demandait des gardes , allé» on voit que peu après elle fut réduite
guant que le roi lui-même en avait à vingt-ciuq : Lettres , Xl\i, Q.
eu lorsque, étant duc d'Anjou, il avait ^ Voy. à ce sujet les longs discours
été revêtu du titre de lieutenant gé- placés dans la bouche du roi par de
néral, sous Cliarles IX. 11 voulait de Thou, liv. XCUl, p. 450-466 du t. X
plus, contre les intentions annoncées de la traduction,
par Henri 111, qu'Orléans fût conservé ' (Mngis liodie, plus que jamais ) il
à la sainte-union pour place de sûreté, était temps enfin...
- Tes quarante-cinq gentiljbommes
3 (S LETTBKS.
temps qu'il fut seul roi , et que qui avait compaj^noii avait maitic. Ces paroles ainsi proférées, chacun lui promit assistance : les seigneurs de Rieux, Corse, Beaulieu etRevol, secrétaires d'État , demeurant dans son cabinet; dix ou douze des quarante-cinq, dans sa chambre ; M. le maréchal d'AumoiiLet le seigneur de Larchant ', dedans la salle du conseil. Quelques-uns estiment que ces deux derniers en avaient eu quelque avis du roi, comme l'événement le montra.
Or, combien que cette entreprise fut dressée avec tout ce que l'on saurait souhaiter de prudence humaine , si ne put-elle être conduite si sagement que l'on n'en halenàt quelque vent^. Et de fait, M. de Guise, sorti de sa chambre pour se trouver au conseil, fut atlendu de pied coi sur la terrasse du château par un gentilhomme auvergnat, nommé La Salle, qui l'avertit de ne passer outre, d'autant qu'assurément il y avait dessein contre lui ; dont il le remercia, lui disant : Mon bon ami, il y a longtemps que je suis guéri de cette appréhension. Et, quatre ou cinq pas après, il reçut pareil avis d'un Picard, nommé, si je ne m'abuse, Aubencour, qui l'avait autrefois servi : auquel il dit qu'il était un sot^. Toutefois il ne fut pas si tôt entré, qu'il n'en vint presque au repentir; pour le moins en fit-il quelque contenance : car ayant trouvé plusieurs gardes du seigneur de Larchant à la porte, puis le maréchal d'Aumont , qui n'avait accoutumé de se trouver au conseil des finances, il demanda au seigneur de Larchant pourquoi ils étaient là venus ; qui lui répondit , que de sa part c'était pour faire payer ses soldats de leurs gages, étant sur la lin de leur quartier; et quant à M. d'Aumont, il n'en savait la raison. De là il se mit devant le l'eu, où son mouchoir lui étant chu par art ou hasard, il mit le pied dessus, comme |)ar niégarde, lequel ayant été relevé par le seigneur de Fontenay, trésorier de l'épargne , il le pria de le porter à Péricart, son secrétaire, pour lui en rapporter un autre ; et qu'il ne faillit de le venir trouver promplement : c'était, comme plusieurs ont estimé, afin d'avertir ses amis du.danger
' Voy., sur le premier de ces sei- eu i^eni de cette entreprise. V. à ce
gneiirs, le Journal de Henri III , t. Il, sujet la lettre C de l'asqiiier, même
X>. 57, 58 , 136, 149, et sur le second, liv., et l'cdit. citée du Journal de Ilen-
dont le nom était Grimonville , capi- 7-i lit, avec les notes, t. Il, p, 143-147.
taine des cent arcliers de la garde du ^ Cf. la Satyre mènippôe , édit. de
roi, id., p. 81 et 82, avec le Jounialde Ratisbonne, t. III , p. ICI. C'est que ,
Henri IF, t. 1 , p. 233-236. suivant l'expression pittoresque de Pas-
' Que l'on n'en eût quelque pressen- quier, Le/<)"ps, Xlll, 2, « il pensait avoir
tinient. De la encore aiij^Hird'hni ; j'ai étabUsa granjeur à clousrte diamant ».
LKTTUES. 31'J
OU il pensait olre (mais cela n'est (|u'une opinion). l'erie.irt voulant entrer, le passage lui est empêche par les archers tie la garde.
Cependant M. le cardinal de Guise arrive avec l'archevêque de Lyon ' : l'on s'assied au conseil. Le seigneur de Larchant se plaignait (|ue ses archers n'étaient payés : M. Marcel , intendant des linances , fait ouverture de quelques deniers qui étaient prompts % pour les contenter en partie. M. de Guise dit que le cœur lui faisait mal : Saint-Prix, valet de chambre du roi, lui apporte la boite des brignoles du roi. Quelque peu après , vient Revol , secrétaire d'État, lui dire que le roi le demandait. Il se lève, et mettant son manteau, tantôt d'un sens , tantôt d'un autre , comme s'il oiit niaise, il entre dans la chambre, laquelle est dès l'instant même fermée sur lui. Là, il se trouve investi par une douzaine de gentilshommes, qui l'attendaient de pied coi, et salué de plusieurs coups, qui portèrent si vivement, qu'il n'eut moyen que de râler ^.
Gela ne put être fait sans quelque rumeur : le cardinal et l'archevêque, se doutant de ce qui était, y voulurent accourir; mais ils en furent empêchés par le maréchal d'Aumont , qui mit la main aux armes comme officier de la couronne, et défendit à tous de bouger, sur peine de la mort. Dès lors le sieur de Richelieu ', grand prévôt , bien suivi de ses archers, se transporte en la salle du tiers état, et se saisit du président de Neuilly^, de Marteau, ju'évôt des marchands, Compan, Cotteblanche *', échevins de Paris , et de quelques autres : disant que deux soldats avaient failli
I V. sur lui la p. 312. nvait vouée à l'iiistorieii , pour avoir
■•' (In promptu) disponibles mal parié a'nii autn- personnage «lesou
^ Snivant l'Étoile, Journal de Jlcn. nom, (l'Antoine du l'iessisde Richelieu,
)(///, t. II, p. 147 et 148, « entre autres cousin-sermain de son grand-ptre
« cris et paroles du duc de (Juise, cel- ( liv. XMV et ailleurs encore), et l'on a
« les-ci furent clairement entendues : dit qu'il l'avaitvoulu punir surson (ils
— « !\lou Dieu , je suis mort, ayez pitié aine, l'ami fidèle de Cinq-Mars. Au
c( de moi ; ce sont mes péchés qui eu moins ses sentiments d'inimitié per-
« .sont cause. » Cf, de Thou,aux li- cent-ils dans ses Mcmoires , Voy. liv.
\re et volume cités , p. 470 et 471. f'.et Vlll , t. 1 , p. 489, édit. l'etitot. événement suggéra l'épigramnie sui- •'» Ou Nuilly : c'était le premier presi-
vante à l'asquier : dent de la cour des Aides et le plus 7.élé
Cuisius et Caesar niedio poripre senatu , ligueur qu'il y eût dans Paris, suivant
Hic Bru ti gladio, liic Principis iirie sui ; de Thou, 1. XCIIl , t. X , p. 437. Warlcau,
Scilicet ut prcineret metuenila tyrannidrs ou , plus exactement La Chapelle-Mar-
„„,„., ,. .[;'."""• leau, était son gendre: Voy. sur l'un et
Caj.arisalLatiaestRcspubli.amortes.puUa; ' ailU'e 1 ed.t. cHee , \eU. Satine meuip-
G.iisii an oc.umbet (Jallia nusM a nece? i)rt'. t. II, p. 133, 330, 337, 39/, etc.
» François du VIessis de Richelieu , ''')" Cosleblan.he, conime ce nom es*
comme l'appelle de Tbou: ce fut l'aïeul ^f't ''a"^ '<= Joional de llenn 111,
du premier ministre de Louis XIII. On '• 1'» !'• '^~''^' j.Hit quelle haine le teiTÏWe cardinal
de in^ï le loi , et qu'il voulait tes en taire juges. Des IMieure même on arrête prisonniers M. le cardinal de Guise et l'archevêque de Lyon, et peu après M. le cardinal de Bourbon, MM. de Nemours, d'Elbœuf, et le prince de Joinville' ; le semblable fait-on de mesdames de Nemours et d'Aumale* : vrai que pour le regard de celui-ci ^, la porte lui fut du jour au lendemain ouverte. Quinze jours auparavant, madame de Guise s'en était allée à Paris pour y faire sa couche ; et huit jours après, madame de Montpensier, dont bien lui prit. Le roi a pardonne à tous les autres seigneurs de la Ligue; même aux seigneurs de Brissac et de Boisdauphin : quant a Bassompierre, au chevalier Breton, Rossieux^ et plusieurs autres, ils se sont sauvés de vitesse. L'effroi a été grand par la ville; toutes les boutiques fermées. Et vous puis dire que le ciel, pleuvant à verse la plus grande part de la journée, semblait pleurer les calamités qui peut-être nous en adviendront. Quelques heures après, le roi dépêcha les seigneurs d'Entragues et de Dunes ^ pour se rendre maîtres d'Orléans, par le moyen de la citadelle qui était en leur possession : mais ils y arrivèrent à tard ; car Rossieux et quelques autres de la Ligue, avaient jii donné bon ordre, pour les empêcher. Le lendemain on y envoie M. le grand prieur, accompagné de M. le maréchal d'Aumont, avec quatre compagnies des gardes et deux des Suisses, pour faire épaule aux premiers. Ce même jour le cardinal de Guise fut dagué ^ dans la prison par quatre soldats du
' Ce .jeune prince, qui par suite delà Ligue, il eut l'amliition, mais non pa*
mort fie son père prit le nom de duc le mérite des autres membres de sa mai-
dc Guise, avait dix-sept ans. Uenfermé son. — V. encore sur ces deux princesses,
dans le cliâteau de Tours, il s'enéchap- pour pi us de détails, InSatyie iii<'iiipprc,
pa, en 1591, nia grandejoiedela Llgae : t. 11 de redit, citée, p. 115 et 228-232.
JournaldeHenri ir, t. \,p.l3A-l.i6,el 3 Le duc de INeniours. 11 s'évada ;
Mémoires de Sully, 1. IV, t. I , p. 195, Voy. Lettres , XIII , 10; cf. l'Iitoile ,
text, et not. Il fit , à la tin de 1594, sa Journnl de Henri lll, t. Il, p. 173. Plu-
Boumission à Henri IV; d'un caractère sieurs autres, parmi les prisonniers,
farouche etsombre, il n'avait pas gardé fnrent relâcbés presque aussitôt : de
longtemps la faveur du peni)le : Id., Tbou , 1. XCIII, t. X, p. 485.
I. Il, p. 58-60, 171. Il mourut, en 1640, '• Ou Roissieu , comme on doit écrire
dans la Toscane , le cardinal de Kiche- ce nOm , suivant d'autres : voy. sur ce
lieu l'ayant forcé à sortir de France, ligueur, signalé comme écuyer du dur
-' La première , Anne d'Esté, veuve de Guise, les /{ejiiaj'çKfs qui suivent la
du duc François de Guise, mère de Satyre ménliipi'e , dans l'edit citée de
Henri et du cardinal, avait épousé en Ratisbonue, t. Il, p. 115 et 'l'i'i.
secondes noces Jacques de Savoie , duc ^ Charles de Balsac , sieur de Dunes
de Nemours ; la seconde, Marie de Lor- et frère d'Entragues : Voy. de lliou ,
raine, était sœur du duc d'Elbœuf , et liv, XCIII , t. X, p. 474 delà traduction,
femme de Charles de Lorraine, duc d'An- e Poignardé : il fut tué toutefois, non
niale, son cousin : Celui-ci. né en 1555, à coupsde dague, mais bien de hallcl)ar
mourut à Bruxelles en 1631 ; neve% de des. Sur cet assassinat, v. la Sniijre mé-
l'rancois de Guise et l'un des thcfsdcla nippée, \, l),r 317, édit. dcRutisbounc.
LETTllES.
capitaine Gasl ' ; et les corps des deux IVères, brûles la nuit ensuivant *, le roi craignant , comme il est vraisemblable, que s'ils eussent été ensevelis, les Parisiens eussent fait des reliques de leurs os. Quant à l'archevêque de Lyon , le roi lui a sauvé la vie , par l'intercession du baron de Luz^, son neveu, auquel il dit qu'il ne ferait aucun mal à son oncle ; mais aussi le garderait-il bien de lui en faire. Et de fait, il Ta fait coffrer en une prison. Au regard de Neuiily, Marteau et Compan , la résolution du roi était de les faire pendre, mais il en fut détourné par M. de Ris, premier président de Bretagne, qui lui conseilla de garder quelque ordre en justice ; et ne fût-ce que pour s'éclaircir des conseils et entreprises que l'on brassait contre lui : quoi faisant, il pourrait faire trouver bon aux yeux de tout le monde ce qui avait été par lui commandé ' . Ce même jour M. Marcel^ fut dépêché pour s'assurer du peuple (Ih Paris, sur une opinion que les Parisiens avaient eu autrefois créance en lui. Dieu veuille qu'il ne lui en prenne comme à un autre Marcel, sous le règne de Charles Yl ^ ! Maintenant nous sommes comme l'oiseau sur la branche, attendant nouvelles. Il y a quatre jours passés que cette tragédie est jouée, sans qu'ayons vent ni voix de Paris : qui me fait croire que nos affaires ne s'y portent bien. Adieu. De Blois, ce 27 de décembre 1588.
' Ou plutôt le Guast : Voy. de Tliou, livre et tome cités, p. 478; et l'Étoile, Journal de. Henri lll , t. II, p. 150, qui dit que « l'on trouva pour 400 écus quatre instruments de cette exécution. » 11 est encore lieaucoup question du capitaine Le Guast dans la let. 10 du même livre : Cf. l'Étoile, même vol., p. 180.
^ Forme adverbiale : la nuit suivante, l'uis les cendres furent jetées au vent, suiv. l'iîtoile, passage cité. Cf. de Thnu, (. X, p. 479, qui rapporte que les cadavres furent consumés dans de la cliaux vive, et qu'ensuite Uichelieu alla trou- \er de la part du roi madame de Guise (née Catlierine deCIcves), et la mère des victimes, pour leur jurer qu'il avait vu déposer les corpsen terre sainte.
2 Ou de Lux : il paraît que ce seigneur, aliusant de la confiance de Henri m , révélait les projets de ce prince anx chefs de la Ligue ; v. la Suiijre ménippée, édit. de Batisbonue , t. Il, p. 129. 11 fut par la suite fort mêle aux intrigues du maréchal de Biron.
' Ce lâche guet-apens fut en effet considéré par beaucoup, à cette époque, comme une rigueur nécessaire :
c'est ce que l'on peut voir en particulier
dans le Trailé des causes et raisons de la prise des armes faite en janvier 1589... du duc de I\'evcrs (Louis de Gonzague ), tom. Il de ses I^lémoires , publiés par Gomberville, Paris, in-T, lG65,p. 48,74, etc. Cf. les Tl/emoireide Sully,l. Ill,t.l,p.l36]38,text. etnol.
'D'abord orfèvre, puis conseiller, Claude Marcel était devenu surinten dant des finances et avait su se ménager habilement entre les partis : il n'en finit pas moins par être l'objet de la défiance du peuple : v. le Dialogue du nialieutre etdumanant, à la suite de In Satyre ménippée, dans l'édit. de Ratiabonne, t. 111 , p. 492, et le Journal de Henri IH, t. I, p. 222 et 243.
6Non pas sous le règne de Charles VI, mais sous celui de Jean 11. Ce Marcel . prévôt des marchands, victime des complots criminels qu'il avait tramés, fut tué en 1358, dans la nuit du 31 juillet, au moment où il se préparait à introduire dans Paris le roi de Navarre :
lire, à ce sujet, l'ouvrage de M. Naudet, « Conjuration d'Éiienne Marcel contre l'autorité royale, ou Histoire des état i çiénéravx de In France pendant les années 13ôôl3û8 : Paris, in- 8", 1815.