‹ Œuvres choisies d'Etienne Pasquier (volume 2)Chapitre 72 sur 82 · III · texte numérisé non relu

III

Apenti : t. II , p. 7.

Apercevance : t. II , p. 146.

Apoint, l'occasion, l'a propos : «Pendant lequel temps il épiait son npoi/if...»-

Rcch., V , la ; cf. îrf, 1 , 8, et Lett., V, 11. Apostume ; employé comme métaphore : « L'apostiitnc se mûrissait de plus

on plus aux cœurs de deux princes, à laquelle il fallait avec le temps

donner air » (l'abcès se mûrissait, et il fallait enfin qu'il crevât), Rech.,

Arc-lM>utanl : «C.lolyire avaitperdu sa mère (Frédégonde), arc-boutanl de

toutes ses forces » , Reeli., V, 8.

Archerot : t. II , p, 83.

Arrliemens (errements), marche : u C'était reprendre les arrhemcm Je

la primitive Église », Rech., III , 5. Arrlier : t. Il, p. Sll.

Arroi : 1. 1 , p. 168.

Astrapade : t. II, p. 55.

Attâelie ; ancienne signification de ce mot : t. II, p. 35.?. Attédié, ennuyé, faiigué : " Les rapCs otlcdiés de longues guerres », Rech.,

VI, 27. Voy. ce mot t. II de cette édit., p. 70. Attraire : t. I, p. 210.

Attrempance , adoucissement, retenue : « On y apporta quelque modération et attrempance », Recli., IV, 20. — « Jamais plus de modestie ou

attrempance... » , Letl., XVI, 7.

Al trempé, prudent, sage : «Le seigneur de Chièvres, l'un des ^Aunallrempi's

personnages de son temps... y,Recli., VI, 31. Voy. de plus 1. 1 de cette

édit., p. bh, et t. II , p. 258.

Attreiuper : t. I. p. 7.

Aubain, étranger : Le c. 33 du livre IX des Recli. roule sur « le droit civil

des Romains, qui du commencement nous (iisAt aubain « . Voy. aussi ce

mot M., IV, 6, et t. II de cette édit., p. 2\U.

tiLOSSAlKK. 4oT

Bagnes sauves: Voy. cette locution t. 1, p. 228.

Baie : t. I,p. 160, 1"0, ctt. II, p. 131. f'f. Lcsago, Histoire de GilbUisdf Sanliltaiic ,- I, 2 : r.cliii-ci Nient d"èlre la dupe d'un parasite qui s'est régalé à ses dépens et Taveitit ensuite en lui riani au ne?. « qu'il ne se croie pas la liuiliiime nierveii:e du nioude ". Je fus, ajouie-t- il, « aussi sensible à cette baie, que je l'ai été dans la suite aux plus grandes disgrâces qui nie sont arrivées. »

Paigner(Se); emploi figuré de ce verhc : Malheur, dit Pasquier, à qui brigue la faveur des princes; ;< car les opinions des rois vieillissent..., Bientôt ils se ùaigncronl en ta dél'avi;ur », Letl., XVII , 5.

Bailler à l'abandon, bisser h la discréticn : Dans les désordres du règne de Charles VI, « le peuple usait des vies des liomuies comme si elles lui eu>seut été baillëcs à l'abaudon » , Recli., II, U.

Bailli ; acception primitive de ce mot : « En vieil langage français il ne signifiait autre chose que gardien ; et liaillic, garde (et aussi puissance ) », Rrch., II, lu.

Baise-iuain , pour soumission : « Devoir le baisc-main au roi, » Rccli., II, 13.

Balle en bouelie : Voy. celte locution t. Il, p. SUS.

Ballotte : t. I, p. 13^.

Bannière , démonstration ; faire grande bannière , prouver beaucoup ; expression pittoresque : o La plupart des auteurs d'Allemagne pensent faire grande bannière encontre nous lorsqu'ils se vantent...» Rccli., I, 7. — Emploi proverbial de ce mot : « Les maisons nobles sont cent ans baniticres et cent .ins civières » ; c'est à-dire qu'après s'être élevées pendant cent ans, elles déclinent pendant le même nombre d'années, Ibid. Les bannières étaient en effet l'attribut des grands seigneurs; et l'on appelait miles civeralis le chevalier qui n'avait que son épée. On peut voir à ce sujet Quitard , Dictionnaire des Proverbes , p. lO^i.

Banqueter, dîner, assister à un grand repas : « SI..., avec lequel j'ai banqueta deux ou trois fois..., » Lettre inédite à Loisel, du 10 septembre 1582.

Bastant : t. I , p. 35 , et t. II, p. 332.

Béer, aspirer, soupirer; c'est l'inliiare des Latins: « Les Seize voyaient l'Espagnol ne béer qu'après notre couronne » , Letl. , XVII , 3. Ainsi Montai giie, Ess., I, 3 : a Ceux qui accusent les hommes d'aller toujours béant après les choses futures... »

Benoit : 1. 1, p. 213. De Va benêt ; car, ainsi que l'a remarqué Duclos, plus un mot est manié, plus la prononciation eu devient faible; et cette nonchalance de la prononciation nous fait altéier jusqu'à la nature des mots :

V. l'édit. de la Grammaire de Porl-Royal donnée par M. l'etitot, Paris, in-S", 1810, p. 396 et 397.

Bercerole, berceau : « Clotaire second , qui était en bcrccrolc », Recli.,

VI , sa.

Bers : t. II , p, 265.

Bîendisant : « ^ous devons escrimer à outrance au bicndisant Amyol», Lctt., XXI, 2.

438 r. LOSSAIHE.

Bieiibeurer, favoriser : t< La raison iloiii Dieu a \oiiki bitiihcurcr lus

hoimiies I), Lett., X, 1.

Bienveigiier, faire boiiaccueil : <i La reine pensant bienveiyiicr son mari «,

Rcch., V, 6. Voy. aussi t. II de celte éilit., p. 247 et 303. Bla»iOniier, louer, et aussi critiquer : Pasquier regrette qu'une foule de

mauvais écrivains s'attachent à la mémoire de Henri IV; de là, ces vers

satiriques, Letl,, XX , 3 :

Korsque Henri est par vous blasvttité , Je ciois qu'il fut deux fois assassiné, L'une du glaive et l'autre par vos plumes.

Pibrac, dans ses Quatrains , donne à ce verbe son second sens ,

Si quelquefois le méchant te blasotiiie ,

Que t'en cliaut-il? Hélas, c'est ton lionneur.

Voy. ce mot 1. 1 de cette édil., p. 6 et 20G. Bon ( Avoir du ), obtenir l'avantage : « Dans une bataille entre eux donnée,

par laquelle les Lacédémoniens eiirenl du bon... » , Ifecli., VIII, 9. Bonliomnie , dans le sens de peuple : « On les envoya (les gens d'armes)

en Brie, pour vivre sur le bonhomme », licclt., VI, 3. Bouche, dans le sens de réputation : « La bonne bouche que semez df moi » , Lelt., XIV, 13. — Pasquier ne s'étonne pas que l'ambassadeur de Trance ait reçu un bon accueil dans Rome, « y ayant premier que d'y entrer envoyé une bonne bouche de lui, avanl-coureuse de sa venue », /(/., XVIII, 5.

Bouche ( Fort en ), hardi, hautain, insolent; expression pittoresque, imagi; énergique : « Comme le peuple est forl en bouclic, singulièrement en leiles adversités, esquelles il pense qu'il faut que les grands aient du tout recours à lui, aussi le fit-il lors forl bien paraître (lors de la prison du roi Jean, en 1355 ) » , Rcch. , II, 7. Boucler : 1. 1 , p. 166.

Boncouner, empoisonner (de boucon, poison ) : Rcch., V, 15. Bouffonesque : t. H, p. ai5.

Bourrelle : Pasquier signale dans l'amour des richesses et l'amliltion des grandeurs « les deux passions qui sont les principales bourrclles de nos ànics », Lctt., XVI1I,3.

Boulehors : « Chacun dans l'Italie semblait jouer à boutcliors » , Rcch., III, li. — B Trois princes jouaient au boulchors pour rÉtatd'Ilalie(c'est-àdire, à qui en chasserait les autres el s'en rendrait seul maître ) », Id., V, fi; cf. 11,8. r^

Bragard , gentil, do bon air, vêtu avec recherche : «On ne verrait pas les femmes si popines et braqardcs, » c'est-à-dire si élégantes et si bien parées. II*' livre du Monophiie.

Brave , bienséant, qui a bon air, paré et qui pare ; mot gracieux que dans ce sens l'on n'entend plus qu'au village : n Quelle chose plus brave que voir un prince bien emparlé captiver sous un beau parler l'amitié de son ennemi?» Pourparkr du prince. Ainsi Guy-Patin, Letl. 60 (édit. de Cologne , 1692) : « On ne parle plus ici que du jour de la majorité du roi, pour lequel toute la cour se fait brave pour l'accompagner au palais >■ ; el Lelt. 61 : « Le roi (7 septembre 1651) a été au palais y faire déclarer sa majorité; toute la cour était inerveillcusemenl brave et leste. »

OLOSSAIRi:. 439

Bride ; emploi ligure de ce mot : Pdsquier s'adress.anl un prince : u Faites tant d'ordonnances qu'il vous plaira pour tenir en bride la médisance contre les grands; toutefois, il est malaisé que la patience n'échappe à quelques esprits déliés, si le prince ne wel le premier quelque bride à ses opinions», Letl., XX, 5. Fort en bride, diflicile à diriger, à modérer : Il Pour contenir aucunement le peuple, qui était fort en bride... », Ilecli. ,

vm,7.

Brigade; ancien sens de ce mot : t. II, p. 62.

Bris ( de prison ) : t. I , p. 196 ; Briser les prisons , t. II , p. 243.

Broche (couper), c'était arrêter, prévenir, et aussi ôter l'envie : Voy. lnlerprét. desinstit., p. 1*25; et dans cette édit., t. I, p. 36.

Bruit, dans le sens de renom , réputation : Pasquier remercie une demoiselle, Lett., XIV , 13 , a du bon bruit qu'elle fait courir de lui ». Molière a conservé cette acception de bruit. Prologue de l' Ampliitryon :

Hé ! là , là , madame la nuit , Un peu doucement je vons [nie; Vous ave/, dans le moule un hniif De n'être pas si renclieiie.

Brusque, dans le sens de sauvage : « Le ravage général que hrassèrcni plusieurs nations brusques à l'empire romain » , Lett., l , 5.

Buter, pour viser: «Un juge doit toujours buter à la justice », llcck . VI , 9,

Butte ( Se mettre en ) : I. Il , p. 19.

Cainiander, mendier : « Il fut contraint (Uéllsaiie) de raimandvr sa

pauvre et misérable vie », Rcch., VI, ^3. Oaïuisadc': t. I, p. 164.

Capeline : t. Il, p. 68.

Casanier; ancienne acception de ce mot : t. II, p. û23. €aviller, plaisanter, railler : « Encore sera-il cauitlè... », Inlerprél. dix

Institules, p. 128.

Ce; omission de ce pronom : v. t. II, p. 370 et 388. Delà, dans certains tours,

une allure plus dégagée et plus rapide, dans ce vers de R'égnier, piir

exemple, au début de la satire sur le mauvais (jite :

Voyez que c'est du monde et des choses humaines!

Cédule : t. II, p. 114.

Cervelle (Mettre ou teniren), exciter, mettre en mouvement, en agitation ; expression alors fort usitée : « Il (Bourbon , comte de la Marche, devenu roi de haples ), mit en ccri.'clle tous les Italiens contre lui », Hcclt., VI, 27. Cf. Id., 111, a; et V. encore t. II de cette édit., p. 228, 2U6, 256, 338.

Cliaperonner : t. II, p. 2{i2.

Cliaiidecole (A la) , soudain , sans réflexion : « Les iNapolilains à la chaiidecole lui avaient voué (à Louis, roi de Hongiie) une admiiable bienveillance », Rcch. , VI , 27; cf. ibid., 28. — Brusquement : Pasquier, accuse les jésuites de capter les no> ices cl « de les prendre à la chaudeiolc { les

440 GLOSSAIBE.

entraîner >iven)ent, brusquement à eux), après les avoir men(5s par des paroles amadouâmes » , Hecli. III , 't'». — « Azon disputant du droit avec un quidam , il lui advint de le tuer à la cliaudccolc » , Id., IX, 3^. — 11 semble préférable d'écrire en deux moli cliaude cole , comme on le voit. M, an commencement du c. 30. Toic , dit Roquefort, veut dire disposition , désir.

Chaux (A) et a sable, ou à ciment : <■ Dieu fait évanonir des conseils que nous pensions avoir bâtis à chaux et à sable «, Rccti., VI, 3. Ailleurs Pasqiiier, en parlant d'édits salutaires pour le public , sonliaiterait n qu'ils eussent été bâtis à chaux cl à ciment » , vL, III , 33.

Chef, à chef ; ancienne acception de ces mots : 1. 1 , p. 1 2, 9i cl 201 ; t. Il , p. 285.

Chère ; ancien sens de ce mot : t. I, p. 196; t. II, p. 5, 127 et 363.

Clipvalcr, poursuivre; et aussi, sonder, scruter, presser de questions: (( Jouant le personnage de Socrnte , il le chccala à la platonique » , f. a du Cdiccliismcdcs Jésuites (in-8", 1G02 ). Cf. Ilccli., VI , 27 ; et voy. encore ce mot t. I de cette édit., p. 179 , t. II, p. 1"0.

Chevalerie , bravoure : « Quant à ce qui regarde le haut point de sa che' Valérie et vaillance » , dit Pasquier, en parlant de Henri IV, Lett., XX , 3. Voy. aussi le t. I de cette édit., p. t*. Chevaleries , exploits : « Charles, qui pour la générosité et hautes cheealcrics mérita le surnom de grand... », Rech., III ,4.

Chevir : « Je clievlrai avec votre maître, » Je viendrai à bout, j'en finirai avec... , Rech., VI, 22. Ce mot se trouve encore dans le Don Juan de Molière, act. IV, se. 3 : « Nous ne saurions en chevir», en être maîtres.

Cire ( Nez de ) , Faire un nez de cire à la loi , c'est la modifier à sa fantaisie, ou plutôt, l'éluder, en fausser la nature et l'esprit : « Aussi fait-on de tout temps, en chaque république, uti ne: de cire à la loi, la tirant chaque législateur à l'avantage de lui et de ses favoris » , Pourparlcr du Prince. La même expression se trouve dans les Lettres, XIX, 1.

Clous de diamant : » il (Charles V ) pensait par là ( par sa loi sur la majorité des rois , de 1375) assurer l'État aux siens à élu us de diamant », Rech., VI , 2.

Cœur ; idiotismes ou entrait ce mot : Voy. t. II, p. 218 et 208. En parlant d'un prince généreux : o Ses actions, dit Pasquier, résidaient principalçmeni au cœur » , Rech., V , 8.

Coi, tranquille, et aussi, ferme (de quiet us , en basse latinité Coelns) : Voy. pour ce mot I. I de cette édit., p. 32.

Coiee : t. I , p. 07.

Collaude : t. II, p. 2.

Compromis ( Avoir en ) : t. II , p. 192.

Conciliaire, de concile : n Le décret conciliaire... r>, Bech., 111 , 9, et pass.

Condescendre : Ce verbe avait quelquefois la forme réfléchie au seizième siècle ; Voy. t. II , p. 296.

Confes : t. I, p. 89.

Conniller, se cacher : « Trouvant tous les passages clos , il (le connétable de Bourbon) fut contraint d'aller f())!)ii7<aH< (cherchant une issue, furetant comme un connil (un lapin ), r.'t et là... », Rech., VI, 12. ( LV'd. de 1723 , souvent fautive , écrit Cannillant). — Hésiter, tergiverser : « C'est

une chose en laquelle il a connillôn, Lell., XII, 1. Dans VExIiorlalioit aux Princes, p. 25, « connilkr aux coups », c'est chercher à se sous- Iraiie aux coups. Voy. encore pour ce terme t. I de cette édit., p. 10, et t. II , p. 3&3.

Connivence (Passer par), tolérer, souffrir : a Le parlement ne put passer ■par connivence que les écoliers fussent si osés que de mettre la grandeur du roi en dispute» , III, IG.— «On ne passa plus par connivence ce désordre » , ibid., 3'i; cf. iiL, IV, 'i. Dans le même sens, on disait passer par dissimulation : v. t. II de cette édit., p. "G"?.

Connlver : t. II, p. 351

Conséquence (De) , royaume de conséquence : c'est ce que Pasquier dit souvent de la France; il veut exprimer par là un royaume oii les mauvais exemples ne manquent jamais d'avoir leur conséquence, ou les abus tendent à se perpétuer : voy. particuliiiremcnt Reclu, II, 7, et VI, 29.

Conlemner et Contemneinent : t. I, p. 16; t. II, p. 229.

Contre-baiterie ; emploi particulier de ce terme : t. I , p. Iftl.

Cofiuin ; sens ancien de ce mot : « C'est un mendiant volontaire qui halt-r.e ordinairement les cuisines que les Latins nomment coquinas « , Rech.. VIII , £12.

Corbiner, recueillir, amasser : nC or biner \x\\ grand gain », Rech., II, 4. Mcot dérive ce verbe du vieux mot Corbin, corbeau : il paraît venir plutôt du latin corbis , corbeille. Ce terme signifiait aussi gagner : Les écoliers allaient en foule au collège des Jésuites, « pour cuider corbiner (chercher à gagner) tous les mois un sol ou un carolus que l'on paye aux autres collèges à l'entrée de la porte » , Rccli., III , UU.

Corciclle : « Pour parvenir à son dessein, il (Gontier, archevêque de Cologne) attire à sa cordellc (entraîne dans son parti, dans ses projets) Tntgifand, archevêque deTri;ves, » Rech., III, 12; cf. Id., III , 2^1, et VI , 28. Voy. en outre, dans cette édit., t. I, p. 102.

Corrival (La préposition, supprimée depuis, ajoutait à la force du mot rival) : « Olhon chassa les Bérenger et leurs corriraiix d'Italie » , Rech., ITI, i*. — « Brunehaut , ne pouvant endurer une corrivcde de ses grandeurs... 0 , /(/., V, 18. Voy. encore ce terme t. II de cette édit., p. 257.

Corselet : t. II, p. 73.

Courtisan , pris comme adjectif : « flatterie cnurtisunc » , Rech., III, 18 ; et Voy, dans cette édit., t. II, p. 103.

Courtisanie : t. II, p. 287 et 390.

Couteaux (Aiguiser les), s'armer: Pasquier parle « des princes étrangers qui, à la suite de l'interdiction d'un royaume, aiguisent leurs couteaux contre le prince excommunié », Rech., III , 16. Jouer des couteaux : Voy. 1. II de cette édit., p. 296.

Crucier, tourmenter : «Polydore \'irgile, ennemi capital de notre nation, se crucie dans son histoire d'Angleterre...» , Rech., 11 , 17.

Cueillette : t. I, p. 100.

Cuider : t. I , p. SU.

Curial, homme de cour, courtisan : Voy. le Puurparlcr du l'rincc.

(Uirialilé , civilité, courtoisie : «Surtout me plait une clause pleine dt) iiiriulilê, ') Rech., IX, 37. Voy. encore Leit., VI, 0.

442 C.LOSSMRE.

Déa, celles : « El déa, ou viles-vous jamais une conlirniatioii fjilesans

date?» ISccli., 111,7.

Débonnaire; priniitiveinent de bonne aire, d'illuslrc origine; mais ce senssedénalura vite : «Les sages mondains de la France, imputant la conduite de Louis à un manque et faute de courage, l'appeliirent le DôOuiinaiî'c, couvrant sa pusillanimité du nom de (W/'O/i/iaiVe », Recli., V, 3. Sui- II vaut Henri III, cette parole impliquait sous soi je ne sais quoi du sot », Ibicl. On voit encore par le chapitre II du livre III àes Reclicrchcs que ce terme ne se prenait pas dans son ancienne acception de noble , mai* qu'il avait celle de I)on jusqu'à la simplicité.

Uéeiuic ; sens ancien de ce mot : t. II , p. 20^.

Déduit: t. lî, p. 367.

Défaire, mettre à mort : t, I , p. 127.

Défavoriser : t. II , p. 270.

Défrai ou défroi : t. I , p. ao et 218.

Dégastcr, par suite dévaster : « La Calabre et la Sicile étaient lors grandement (légastôes par les Sarrasins, » Recli,, I, 12; cf. ibid., 13. Voy. encore t. I de cette édit., p. 73.

Dégorger, emploi vigoureux de celte expression : Les nations barbares fondant sur l'Italie « lui font dôgorgerle butin dont par tant de centaines d'ans elle s'était enflée, et 1 ni arrachent des poings les pays qu'elle ne pouvait plus défendre » , Rc.ch,, 111 , U.

Denté, mordant : « Un mot denlc et plein d'aiguillons » , c'est-à-dire n\alin et railleur, Lclt., I, IG.

Déport : 1. 1 , p. 109.

Déporter ( Se ) : t. II, p. 6.

Dés; emploi de cette particule en composition : t. 11 , p. 111.

Désalsonner : t. 11, p. 111.

Désappointer ; sens ancien de ce verbe : t. II, p. 238.

Désarçonner ; pris dans une acception figurée : « Le duc de Bourgognp, voyait que tous ces préparatifs se faisaient pour le (/tsarpo/i/ice du créilit qu'il avait occupé près du roi... » , Rcch., VI, 3.

Désarroyer : 1. 1, p. 163 et 208; t. 11, p. 373.

Déseuger : 1. 1, p. ii2.

Déserter ; ancienne acception de ce mot : t. î, p. 51, et t. Il, p. 232. Cf. M. Kodier, Examen critique des dictionnaires! delalangue française, Delangle, 1828, in-8», p. 136.

Désespérade : « Jouer à la dcscspêrade « , c'est-à-dire agir en désespéré,

flC(/i.,VI.12.

Desroclier : 1. 1, p. 239.

Desservice : t. II, p. 381.

Desservir, mériter : « S'il se trouvait que le connétable eût desservi la mort... » , Reeli., \'l , 30 ; cf., irf., If , iU.

Déterminé ; ce terme expressif date du seizième siècle. Pasquier parle " d'une querelle qu'un je ne sais quel courtisan lui dressa, quand il lui advint d'appeler un esprit romain celui que l'on appelle maintenant en

OLOSSATKK. 443

cour hotnme déterminé n ; et un peu plus loin, après avoir signalé lart^solution que souvent les Romains montrèrent dans le mal : « Vous les trouverez tout autant (If^termiiiâs a bien faire (j'userai de ce mot avec nos courtisans) « , Lcll., IX, 8. Toutefois, ajoute Pasquier, «je ne trouve pas grand fondement pour lui donner vogue, encore que je le voie autorisé par les bouches do plusieurs gens de cour « , ihUL Détoorbier : 1. 1, p. 18, 93, et 1. 11, p. 268. Devis, conversation : t. II, p. 283.

Deviser; sens particulier de ce verbe : t. I, p. ti8. Dévoyé, égaré : « Dévoyé \)9X ambition... » , liccli., III, 31. Discours, dans le sens de raison : « S'il en advient autrement, c'est plus par hasard que discours « , Rcrli., VI, 2. Ainsi discours avait en grec une double signification, comme le remarque Lactance, histilut. div., IX, 3 : d Aôyo; et sermonem significat et rationem ». Voy. la seconde acception de ce mot t. I de cette édit., p. 38, et t. 11 , p. 262, Cf. Montaigne : « Si par discours {raisonnement) nous entreprenions certaine voie, nous prendrions la plus belle », Ess., II, 1. Dispenser ( Se ) ; en général , ce verbe réfléchi ne voulait pas dire , comme aujourd'hui, s'abstenir, mais se permettre, se donner licence : «Les papes se dispensaicni de faire tontes choses qui leur tenaient à gré , » c'est-à-dire se donnaiei;t toute liberté, necli., 111, 21. Voy. ce mot t. II de cette édit., p. 267, et Û15.

Doiiloir (Se) : t. II, p. 211. On employait aussi rfoiz/oir comme verbe actif : « Quand aucune chose ne me deult... », ne m'afflige, ne me fait mal; Montaigne, Ess., III, 5.

Doute ; ancien genre de ce substantif : 1. 1, p. 112.

Douter, dans le sens d'hésilcr, de craindre : t. II, p. 160 , 292 et 'i23. Cette double acception se rencontre encore fréquemment dans Molière : V. le ^ Lexique de M. Génin, à ce mot.

Dnit (du verbe duire , d'où nous avons conserver dûment, indu), formé , accoutumé, instruit : « Encore (|ue ce personnage fût infiniment bien duit et nourri aux privilèges anciens de notre Église gallicane » , liccli., 111, 12. Voy., pour ce mot, t. I de cette édit., p. 39; t. Il, p. 233 et 267.

Ûcbaiitilloniier : t. I , p. 38.

iichever : t. I , p. 155.

Éclore, aujourd'hui faire éclore : u 11 n'est pas croyable qu'elle eût couvé huit ans entiers celte vengeance dans son âme sans l't'r/orc », Recli., V, 15.

Ûcondnile : i. II, p. 37i.

Écritolre, au figuré , manie , démangeaison d'écrire : « Toute république piend commencement par les armes et fin par l'écritoire ». Cette pensée de Pasquier, dont je n'ai pu retrouver la place , est rendue en d'autres termes et plus longuement, Lett., I, 5. Montaigne a dit, en se rapprochant du sens de cette phrase : « L'écricaillerie est le symptôme d'un siècle débordé », Ess., III, 9.

Fcueiller (S') ; t. Il , p. .Sùfi.

Éinayer (S') : t. Il , p. 351. .

W4 r.LOSSAIKE.

Rmparlé, terme bref et excellent : pour le traduire, il faut recourir aujourd'hui à une circonlocution; C'est celui quia la parole à la main, qui manie bien, avec facilité, la parole. Oleric, un émissaire de Frédégonde, était, suivant Pasquier, « un homme bien cmporlé « ; dans le même sens, et un peu plus loin : o 11 sut si bien jouer du plat de la langue », liccli., V, 6. Ailleurs il est dit que l'amiral de Chàtillon n était un personnage bien cmparlc », Lett.. V, 11 ; voy. encore M, XXII, 7, et t. II de cette édii., p. 25S , 336.

Enipreiidre : t. I, p. 68.

Enamourer : n Bayard, jeune page , s'éiaii cnamouvô d'une damoisclle de même âge n , Recli., V, 19; cf. id., IV, 3. Voy. pour l'emploi fréquent , au seizième siècle, de ce mot gracieux, Pougens, Arcluvlogic françaisr, t. I, p. 16a, 165, et t. II, p. 290.

Euclière t Folle ) : « Vous n'ouïtes jamais parler que pour un délit des sujets les rois aient porté la folle enchère (aient été punis ) », Potirparler du Prince. De même, Molière, dans Gconje Daiidiii, act. 1 , se. 6 : « Vou> pourriez bien porter la folle eiicliéreàn tous les autres » . Au propre, faiir. une folle enclière, c'est couvrir ù soi seul les mises des autres enchérisseurs , en allant même un peu au delà; partant, c'est demeurer seul responsable et payer pour tous.

Engraver, imprimer, inscrire : Pasquier souhaite à Henri IV un Philippe de Comincs « pour engraver sa mémoire au temple de l'iiiimortaliié » , Lett., XVI, 7, à la lin. « Les propositions cngruvècs en sa conscience...» j Recli., m, 13. Cf. LelL, V, 11 ; etc.

Enuoinbrer : t. I, p. 37.

Eiiseigneurier : « Vous ne trouverez en l'histoire que Capet s'ctant enseigneurié de la France, il alla reblandir le pape, ou pour être par lui investi du royaume, ou bien conliriné « , Récit., III , 13.

Eutenlir, appliqué: «Pendani quecliacun était c/ik/Wi/'à mcnerguerre...», Rcch., Il, 13.

Enlorser : t. II , p. 66.

Eutrelas (de entrelasser) : « Par cet entrelas de paroles... » , c'est-à-diie par ces paroles citées, intercalées, Rcc/i., III, 3.

Eutreuiei, sens d'intermède : <> Tout le pauvre peuple de la France serxira de chœur, pour déplorer, aux enU-eniels, son malheur », Lett., X,6. Voy. d'autres acceptions de ce mot t. II de cette édition, p. 127 et 385.

Épaule (Prêter 1'), aider, porter secours : « A quoi prêtaient lipaule les plus grands seigneurs du royaume... », Rcch., 111 , 23.

Épave ; acception figurée de ce mot : « Rome, dans sa décadence , comme une épave, exposée à la miséricorde de celui qui la pouvait premier occuper... », Rcch., m, a ; et IX , 33 : « Rome était épave de celui qui le premier s'en emparait, » Dans notre ancien droit on appelait épaves « les choses perdues, qui n'étant réclamées par personne appartenaient au roi ou aux seigneurs baut-justiciers. » De là , chez Mcolas Pasi|uier, l'acception suivante de ce terme : « Encore souhaiterai-je que nos écrivains... fuient les mois tpows (abandonnés) en pareille diligence que les patrons des navires évitent un écueil en mer » , Lclt., IV , Ih.

Éperon; emploi figuré de ce mot : <> Les nobles et grands seigneurs, enivrés de l'honneur mondain, à qui Cépcron de vertu est nécessaire pour les contenir... », Rcch., IV, 23.

OLOSSAIBE. 44'j

lipices, ternie de palais; ('ii voici l'explication donnée par Pasquier : « Les épices que nous donnons maintenant ne se donnaient anciennement par nécessité. Mais celui qui avait obtenu gain de cause, par forme de reconnaissance ou regracîment de la justice qu'on lui avait gaidée, faisait présent à ses juges de quelques dragées et confitures : car le mot d'épices par nos anciens était pris pour confitures et dragées, et ainsi en a usé Maitre Alain C.liartier en VHistoire de Charles VU", chapitre commençant l'an lU'iU.... Néanmoins le malheur du temps voulut tirer telles libéralités en conséquence : si que d'une honnêteté on fit une nécessité. Depuis, les épices furent échangées en argent , aimant mieux les juges toucher deniers que des dragées o , Jlecli., II , U. Vo}'. un emploi figuré de ce mot, t. II , p. 20.

Ûpiue ; au figuré : n Ce lut une cpiiie qu'il ôta de sa tête » { un souci dont il se délivra ) , Rccli., \'I, 12.

Épiiioclier, pointiller, faire de petites difficultés : « mais de s'arrêter en si peu de temps (à une si petite différence de temps) , c'est cpinochci' eu l'histoire » , Lclt., XX, 5.

Épouser ; métaphore à effet tiuée de ce mot : Pasquier, racontant la désastreuse histoire du cennélable de Bourbon, Te montre devenu en un instant sans bien et sans honneur, ayant pour toute recousse épousé un espoir et désir de vengeance, forcé d'avoir pitié de sa misérable principauté et grandeur» , Rccli., VI, 12.

Ëqnipoller : t. I , p. 110.

Erre ( grand ou grande ) : t. II , p. 69. On disait belle erre dans le même sens : Bajazet se sauvait belle erre (en toute liàte) sur une jument arabesque» ; Montaigne, Ess., I, /i8.

Escarbillat : t. II, p. 91 et 231.

Escliaugiiette (excubia;?), spécula, lieu d'observation: «Soyons aux écoutes, et voyons, comme d'une escliauguelle , de quelle façon les affaires se tourneront» , Lclt., XVI, 1.

Esclieler, escal.ider : oCe serait vouloir, comme les outrecuidés géants, esclielcr les cieux » , Lett., XX , 7.

Espoiiiçoiiné : t. II, p. 25.

Espoint, piqué, et aussi, tourmenté : «Childebert, es;jO!/i( d'un nouveauremords de sa conscience » , Recli.., V, 5 ; v. encore dans cette édit., t. II, p. 72.

Essor ( Mettre ses opinions à ) : t. II , p. 388.

Estenf, aide, appui : « Le pape et le roi se donnant rcstcufVun à l'autre... », Bccli., U1,U; cf. Ib., 25.

Estoc, propriété, patrimoine : « l'ancien cs/oc du peuple... », Récit., V, 15. Ce mut signifiait aussi race , origine : Voy. t. I de cette édit., p. ZO, 80, et t. Il , p. 262.

Esvolé : t. I , p. 15.

Étancber (S') : t. Il, p. 278.

État (Une mort d'); c'était une mort infligée par raison d'État : « Un prince souverain.., ores qu'il le puisse d'une autorité absolue , toutefois se doit bien donner garde de faire moinir un sien sujet sans connaissance de cause , et, comme l'on dit, d'une mort d'État », Recli., VI, 10.

ÉtODuer ; force ancienne de ce mot : L I, p. 195, et t. II, p. 2fi8, ûSl.

Eux. La finale eux était autrefois préférée à eur : « Guillaume de Naiigis , en ses Clironiques de France , l'appelle ( Louis le Gros ) le batailleux » , Recli.,U,Vi.

44r> GLOSSAIRE.

évader ; employé comme verbe neutre : i, II . p. 329. — La forme lY-flécliip

existait aussi : voy. Id., p. 202.

Exoliier, exouier: t. II, p. 358.

Exquis; sens particulier de en mol : t. Il, p. 3:'.0 cl filO.

Faire ; emploi particulier de ce mot : t. II , p. 288 et 392.

Faiseur : Pasquier appelle Hugues le Grand n un faiseur et (téfaisciw de rois I) , Recli., II , 10.

Fatal; cet adjectif avait alors le sens nerveux du latin falalis , prédestiné : « Il semble que le nom de Grégoire ait été falal pour l'accroissement de la papauté « , Recli., 111, U.

Fatiste; acception remarquable de ce mol : « Brunehaut l'ut le faliste du jeune roi Théodoric, son petit-fils vie mauvaisgénie)», Recli., V, S. — Avec lasignilicalion de poêle, il se trouve dans le Pourparter du Prince ; mais il avait vieilli, comme ost pour année , roque pour forteresse ; etc. Voy. encore dans cette édit., t. II , p. 9 et Û09.

Favorable (Plaie) ; acception de ce mot : t. II, p. 357.

Fers ( Entre deux ) : « iNotre France a été entre deux fers pour cet égard », Letl., XX, 5 ; c'est-à-dire qu'elle était suspendue, incertaine entre deux partis, ne sachant de quel côté pencher. Noy. encore cette locution 1. 11 de celte édit., p. 52 et 37^1.

Féru, de Férir ; 1. 1, p. 181,et t. II, p. 5. Ce mot se trouve encore dans Molière , École des Femmes, act. I , se. G.

F'élardise : t. I, p. 155, 229 ; et t. II, p. 175.

Feuille, dans le sens de motif, raison plausible : Pasquier cite un livre « par lequel on peut voir de quel temps ces Égypiiens, que nous voyons encore vaguer par la France , commencèrent à y entrer, et quelle feuille ils donnèrent à leur pèlerinage » , lleclt., IV, 19. — « Dès lors que nous nous sommes fait accroire que quelque chose est bonne, nous trouvons pui-s après prou (assez) d'arguments et prétextes pour nous y servir dtfeuille», pour l'autoriser à nos veux, Pourpmier du Prince.

Flattereau. (Les diminutifs, cette précieuse ressource des langues, ont été trop délaissés, depuis le seizième siècle ) : « Quelques /ZaacreaMO? de légistes... », Pourparler du prince. Voy. aussi dans celle édit., t. Il, p. 377.

Flèche ; locution proverbiale tirée de ce mot : « Ils ne savaient de quel bois faire flèches », c'est-à-dire à quel parti recourir, livcli., VI, 12. — Ainsi dans une lettre originale d'Amyoi , conservée à la Bibliothèque nationale, fonds de Eélhune, vol. 8923, p. 30, adressée au duc de iSivernois, le prélat, en se plaignant des vexations qu'exercent contre lui les Ligueurs, lui dit que « nu et dépouillé , il ne sait plus, comme l'on dit, de quel bois faire flèches » .

Fleurélis (de paroles) : « Avec une grande levée de rhétorique il nous a voulu faire accroire, non point par argument nécessaire , ains par un lleurèlis de par-oies... », Pouj-parler du Prince. Florin (en ) ; métaphore empruntée à ce mot : « Tout ainsi que les jardiniers entent sur sauvageons greffes dont le fruit est souef , ainsi des gens brusques et sauvages sont issues les monarchies, comme la nôtre Iran-

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