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Son sce|itre, sa <-oiitoniie; et Jiiiirtn, la inalnui». Ainsi que son époux, son beau trône en l'oinia, i.t (iciians ses patins ' par rayons renCerina. Le soleil en ctépa ' sa clievelure blonde, Et en dora son cliar qui donne jour an monde ; Mercure en fit orner sa verge, qui n'était Auparavant que d'if; etPlifftbus, qui portait L'arc de bois et la harpe, en lit soudain reluire Les deux bouts de son arc, et les flancs de sa lyre. Amour en fit son trait, et taillas, qui n'a point La richesse en grand soin, en eut le cœur espoint, Si bien (pi'elle en dora le t;roin de sa Gorgone Et tout le corselet^ qui son corps environne ; Mars en fit engraver ^ sa haclie et son bouclier ; Les Grâces en ont fait leurs domiceinfs boucler^; Et pour l'honneur de lui, Vénus la Cythérée Toujours depuis s'est faite appeler la dorée; Et môme la Justice, à l'œil si refrongné, Non plus que Jupiter ne l'a pas dédaigné; Mais soudain connaissant de cet or l'excellence, En (it broder sa robe et faire sa balance.
.le laisse une infiuité d'autres lieaux traits qui se troîivent épanduspar ses œuvres, lesquels font contrecarre à l'antiquité. Mais à quel propos tout ce que dessus? Pour vous dire que notre langue , grâces à Dieu , n'est non plus souffreteuse que la latine eu tous les sujets qui se peuventoffrir ; et au surplus, que si nous avions beaucoup de Ronsards , notre poésie française ne céderait en rien à rancienne des Romains : vu que lui seul s'est diversifié en autant de genres de poésie qu'il lui a plu par un privilège spécial , non commun à tous les autres poètes ; en tous lesquels il s'est rendu admirable, et si je l'ose dire, l'outrepasse^ de tous les autres.
Pour cette cause, dix ans auparavant son décès, je fis pour lui
' Espèce de rhaiissuve fort élevée. * Incruster...
2 Ea orna; littéralement, en frisa ; ■'' C'est-à-dire qu'eUes en firent fiirmrr AiUeurs Ronsard nous parle de l'ur la boucle de leurs ceintures. Le demicrespe (l'or frisé) des cheveux de sa (-eiiif était niie ceinture d'argent, ar^ dame. conipagnée de pendants : on appeLiit
3 Toute récaille : Corselet, c'était demi-ceiniier celui qui fabriquait ce le vêtement qui serrait la taille des genre d'ornement fort à la mode, femmes; et, par extension, un corps de *• Le modèle, le phénix... ruiraf,se léger.
'7;iv. D'rl'r. p\sqvier. —t. m. 7
7 1 liECHKRCHKS
t'çl<'lqgp, qui est dedaus le premior livre de mes e|)iirrainiiies latine :
AD PETRUM RONSAUDl VI.
Scii til)i niimeri Maroniaifi, Spu placent Yeneies CatiilIian.T, Sive tii lepidum velis Petrarcliam, Sive Pindaiicos modos referre :
Ronsardus luimeios Maronianos, Ronsanliis Vénères Calnllianas, Nec non Italicum refert Petraroliani , Necnon Pindarienm refertleporeni.
Quin et lam bene Pindaruni <Tnnilalm , Quin et tani varie exprimit Petrarcliani, Alque Virgiliuin et meiuii CatiiUiint, Hune ipsiim ut niagis Bemulenlin' illi.
Rnrsus tani graviter referl Maronen), Ut nuiliis pntet liuuc Catullianuni ; Rtirsns tam lepide refert Calulinn), t't nnlliispiitet liiinc Maroniannm :
VA cun) sit iMaro, totus et Calnllns, Totns Pindarus, et l^etrarclia totns, Ronsardus tamen est sibi perennis Qiiod si mine rediviviis extet unus Catnllns, Mari), Pindarus, Petrarcii.i, Kt quotciuot veleres (iiere vales, lîonsardnn) ne(]ueant simul referie L'nusqui reliques refert poctas '.
F.t encorelui fis-je présent de son épitaphe, (iiiatre ans devauî qu'il décédât :
Has libi vivenfi, magne (i P.onsarde, sacramus
Quas nos defunclis solvinius iiifeiias.
llaud aliter poteras donari hoc niunere, ut in queni
Invida morsnullnni vindicat imperium.
Inventionsdont je suis très-aise de'vons faire part,com]>iei) qu'elles soient ailleurs encliàssées. 11 naquit le 11 septen)Ijre 1524, mourut le 27 dccendn'e 1.585 , en son prioré de Saint- Cosme, près de Tours, où il fut enterré àcôté sénestre ' de Tau-
' De Thou appelle lUins.ird le poëte le célèlire comme celui It plus arcompli qui ait pain depuis le Qui vripirs unus sriibinJi l.nnlc poci.n ivi;ne d'AuRUite; et IMIôpital, dans une i'.ipiavU... lettre en vers qu'il adresse au cardinal '•' An côté gauche... de Lorraine pour le lui recounnander.
HE LA FHAJiCE. to
U-1 (si VOUS entrez dedans l'église), sans qu'il y ait aucune remarque de tombeau , fors une vingtaine de carreaux neufs de brique , au milieu de plusieurs autres vieux : qui fut cause (|uun jour Saint-^Iarc, lo89, oyaut vêpres eu ce lieu , poussé de son influence ou bien d'un juste dépit de voir ce iirand personnage en une sépulture si pauvre, je lui fis sur-lecliamp cetautreépitaphe',quinepeut être approprié quà lui ;
Si L;iliis muntius, Graiis qui Y.ôn\).o; liabetiir,
At(|iie liius lolo lloret iii orbe laboi', Di^iiiiis lioc nuHiim |)oteras spn'are sepiilcriiu;,
!n Cosmi sancta (iiii reqiiiescis bnmo.
Kt à l'instant même le traduisis en cette f.u'ou :
Si Cosnie en grec dénote l'univers, Et que ton nom embelli par tes vers Passe bien loin les bornes du royaume.
Tu ne pouvais cboisir manoir plus beau, Pour te servir, mon Ronsard, de tombeau , Que ce saint lieu, ainçois* que ce saint Cosme.
Je devais cela et à sa mémoire , et à l'amitié que nous nous portions l'un à l'autre : encore ne me veux-je étancher en lui ^. De toute cette grande compagnie qui mit la main à la plume sous le roi Henri il, ils en restaient quatre, Théodore de Bèze , Pontus de Thiard, Louis le Caron et moi, si toutefois je mérite d'être enrôlé en ce catalogue. De ces quatre, les deux premiers sont de fraîche mésnoire décédés , et les deux derniers pleins de vie. Et parce que les deux premiers eurent quelques conformités de rencontres , toutefois sous diverses religions, jenedouterai de donner ici à chacun d'eux son éloge, nèze, pendant sa jeunesse, fit divers poëmes français et latins , qui furent très-favorablement embrassés par toute la France, et singulièrement ses épigrammes latins, dedans lesquels il célébrait sa maîtresse sous le nom de Candide; et l'an 1548, changeant de religion, il fit contenance de les mépriser, et s'habitua à Lauzanne, où pour trouver moyen de vivre il
' Doja toutefois ce suVisfantif était ^ Kiuore ne vcux-.jc pas m'arrfter «
■.cMiverit cniisidcié cnniine /rmiuiii : ee qui le coiiceine, un- txiiiiei- » pavUf
' . Nicot. (le lui.
-' Ou bi«n ])liitot...
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euseigna la langue grecque et les lettres humaines, aux gages (le la ville. Quelques années après , appelé au niinistériat de (lenève, il fut einpioyé aux principales charges, tant de la ville que de leur religion ; et de fait, lorsqu'elle commença d'être préchée à face ouverte en cette France, ce futlui qui ouvrit le pas au grand colloque de Poissy, devant le roi Charles neuvième. Depuis retiré à Genève, il composa plusieurs livres à sa guise sur la sainte Ecriture. Et encore eut cet honneur de baiser les mains de notre grand roi Henri, IV de ce nom , lors de la démolition du fort de Sainte-Calherine, fâcheuse hride aux h;ibitants de Genève ; enfin mourut iîgé de quatre-vingt-six ans, le 13 octobre 1606, lendemain delà grande éclipse du soleil. Quant à notre Pontus de Thiard, il composa en sa jeunesse ses Erreurs amoureuses , se jouant sur ce mot d'erreurs, à cause de son nom de Pontus. Et sous ce gage acquit tel crédit entre les poètes, que Ronsard lui donnait l'honneur d'avoir été le premier introducteur des sonnets en cette France ; et moimême, au second livre de mon Monophile, l'agrégeai en tiers pied avec Ronsard et Bellaj- Toutefois depuis il quitta la poésie, et en son lieu embrassa tant la philosophie que mathématiques; et sur cette opinion traduisiten notre langue les Dialogués de Léon Hébreu, de l Amour » : livre qui, sous les discours (le l'amour, comprend toute la philosophie; et pareillement composa son Solitaire, ou de f unie ers, plein de très-grande érudition et doctrine^. Continuant ses études de Cé'tte façon, il fut faitévéquede Cliàlons-sur-Saône, en l'an 1571 ; et de là eu avant adonna tout son esprit à notre théologie, sur laquelle il lil quelques livres que j'ai eus autrefois en ma possession, entre lesquels est l'homilie 3 très-belle sur la Patenôtre^ : employé en toutes les affaires du clergé de la province de Bourgogne , où son évêché était assise \ Et surtout il me souvient qu'étant
' I.e Dialoçiue sur raiiiour de Léon ijmc»; de /a Croix du Maineet du Vei-dier,
Hébreu , ou de Juda, est cité aussi par édit. de Rigoley de Juviguy; Paris, 1773,
iNloiitaiijiie, ir.<;4-ais, UI, 5 : ce livre, écrit in-4°, t 11 , p. 336, et t. V, p 364,
en italien, a souvent été imprimé dans 2 Homilie était alors beaucoup plus
le seizième siècle. ()uant à l'auteur, usité que homélie.
c'était un rabbin portugais, (|ui vivait ' l.'oraison dominicale...
siuis Ferdinand le Catboliciue ■■('.'était le genre ancien de ce mot, ((ne
- Pasquicra confondu ici deux ouvra- \icot , des cette épociue, tait toutel'oi»
ses fort di.stincts : Voy. Ic^ nihlinflii-- masciiliji.
le premier des députés du clergé de sa province en l'asseml^Iée des états qui fut tenue dedans la ville de Blors, Fan 1588 , lui seul se roidit pour le service du roi contre le demeurant du clergé, lequel en ses communes délibérations ne respirait que rébellion et avilissement de la majesté de nos rois : j'en puis parler, comme celui qui le voyais lors de deux ou trois jours l'un. Et parce qu'il voyait une tempête générale à laquelle nous étions de nous-mêmes par notre nialbeur portés, il estima, comme le sage nautonnier, devoir caler la voile en l'ancienneté de son âge ■. Partant, sous le bon plaisir du roi Henri III, il se démit de son évêclié entre les mains de messire César de Thiard , son neveu , personnage de singulière recommandation et mérite, menant de là en avant une vie coie * et tranquille au milieu des troubles; enfin mourut âgé de quatre-vingttrois ans, au mois de septembre, en l'année même de Bèze, ayant gagné le devant sur lui en l'autre monde, d'un mois.
Théodore de Bèze, pour le grand rang qu'il tenait entre les siens, n'a point manqué de paranympbes ^ après sa mort; même Antoine Faye, l'un de ses compagnons au ministériat , a écrit amplement sa vie en beau latin, au bout de laquelle il y a plusieurs épitapbes en langues hébraïque, grecque et latine ; et vraiment je serais ingrat si je ne rendais pareil devoir à notre Pontus de Thiard, qui m'aimait et que j'honorais. C'est pourquoi je lui ai voulu dresser ce tombeau , tant en vers franchis que latins , avec l'anagramme de son nom :
Après avoir clianté d'un (loiix-ufiie vers De ton jeune printemps les erreurs amoureuses, De là, sur ton é(é, par œuvres iilantuieuscs'*, Représenté au vil tout ce grand luiivers :
Depuis, créé piélat, cliangeant de ton divers ^, Tu romliatf is hardi par armes généreuses De ce siècle maudit les erreurs niallieureuses, Grand Merculc, meurtrier de nos monstres pervers.
^ Sur le (lecliu de sa vie... c'éluit celui qui i)ar honneur coiidiii-
• Aujourd'hui cuile : Ciilnic. sait la nouvcUe mariée à la maisou de
^ Pai)cg5risfe.«;:paran!/j(ij)/iec, louer, l'époux.
préconi.ser .|uelqu'uii. I,e terme e.st * pleine.'? de sue et d'abondance./;
grec. rrimiti\enien( le TTapâvju.:;^;, '• l'rciianl lui tou différent...
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Oraleiir noiiparcil, adniiialile poêle, liiviii pit'lat, tu (issiir ton liivei retraite , Clioisissaiit successeur ' l'honneur de noire temps :
Voilà comment, Pontns, tu menas vie calme, Kl comme des prélats tu emportas la palme, Ayant heureux vécu quatre- vingt et trois ans.
Je pense avoir par ce sonnet discouru tout au long le cours (le sa vie. Ce quatrain latin en fera autant, mais en moins de
[laroles :
Ponius T'iardeus.
Tu Del pas/or unus.
Mellito juvenis versu qui lusil amores,
lu matliematicis arlihus emicnit.
Idem etiam sanclis excelluit ordiue lihris. liospes, nil mirum est: oninia Ponius crat.
Je ne pouvais graver dans un marbre plus si\r et fidèle que celui l'honneur que je porte à sa mémoire.