‹ Œuvres choisies d'Etienne PasquierChapitre 103 sur 176 · CLXXVI DÉMÊLÉS D'ETIENNE PASQUIER · texte numérisé non relu

CLXXVI DÉMÊLÉS D'ETIENNE PASQUIER

ou se plait à considérer les ciselures et à étudier la trempe. Ou y cherche avant tout l'image du passé , qui s'y reflète plus vivement que dans aucune autre production contemporaine. Cependant, bien cpie le Catéchisme des Jésuites ait été plutôt une manifestation religieuse et politique qu'une œuvre d'esprit, une action plutôt qu'un livre, il est loin, au point de vue littéraire, de manquer d'importance. 1 1 y a dans celte composition un tour d'esprit facile et naturel, souvent de la sagacité, parfois de l'éloquence. C'est assurément l'une des plus remarquables de celles que les jésuites ont eu le malheur, à diverses époques, d'inspirer contre eux à leurs adversaires. L'arme du sarcasme y est maniée avec dextérité. Heureusement dérobée au divin Platon, cette dialectique adroite, qui confond les sophistes en les prenant au pipge de leurs propres paroles, passera bientôt dans unecréa. tion immortelle du dix-septième siècle. Ce n'est pasune petite gloire pour Pasquier de paraître avoir frayé la roule à Pascal. Déjà il esl telle partie des Recherches qui, on peut le croire, lui a offert de riches matériaux , le chapitre, par exemple , où la doctrine de \' équivoque est démasquée '. Dans le Catéchisme (les Jésuites, ce vaste arsenal d'où l'on a tiré, depuis, tous les arguments employés à les combattre2, on aperçoit plus certainement encore beaucoup de détails dont il a dû profiler. Surtout un mérite incontestable de l'auteur du Catéchisme, c'est d'avoir tracé le plan qui a été suivi dans les Provinciales5.

Dans les deux ouvrages, en effet, on trouve la même forme de dialogue socratique entre un jésuite et un homme du monde, qui s'empare habilement des aveux de son interlocuteur sur lesdoctrines de la société. Comme dans les Provinciales, les assertions s'appuient dans le Catéchisme sur des citations empruntées aux écrits et aux constitutions des jésuites, ou tirées des actes qui les concernent^. C'est de part et d'autre la même ardeur de conviction, la même verve satirique. Nous n'aurons pas la témérité de pousser plus loin ce parallèle. On ne saurait attendre d'un auteur t|ui écrivait plus d'un demi-siècle avant les Provinciales la finesse de raillerie, la sù-

1 ni, 45. dates.

3 « Tout y est, et rien ne s'est dit , * Pasquier nous dit (Lettres, \\l ,

ni se dira, ni se peut dire davantage 3) que les passages qu'il allègue, « il

contre Les jésuites : » La Chasse dit re- les a transcrits, mut à mot, dans les

nard Pasqutn; p. 21. bulles qoi leur ont été octroyées, leurs

Éloge de Pasquier, p. 60. M. Dupin constitutions, et en outre dans un Maf-

ippefie encore, à la p. 5(1. le Catéchisme, féê, ou Ribadeneire, unTuiselin, leurs

iésuites le précurseur des Provin- historiographes, etc. »

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