AVEC LES JESUITES. CLXXIN
on l'envoie « diner à la cuisine, devant qu'il soit honteusement licencié. » Notre facétieux chasseur ne se borne pas à ce turlupinage : il s'emporte souvent et invective l'ennemi de son ordre Plus d'un endroit offre une riche collection de malédictions et d'injures '. A la fin, apostrophant Pasquier : « comme vous êtes fort vieux et sur le bord de votre fosse, je me flatte, dit-il 2, qu'après votre mort cet écrit vous tiendra lieu de la meilleure oraison funèbre. >• Pasquier s'est plaint, dans ses Lettres 3, de la violence de cet ouvrage et de quelques autres, moins dignes encore d'être analysés "*. Ce qu'il appelait de tous ses vœux, c'était une discussion sérieuse de ce qu'il avait avancé contre les jésuites. Un dictionnaire de médisances n'était pas une réponse. Il fallait se taire ou envoyer contre lui un homme armé de toutes pièces. Puisque son Catéchisme « leur pesait à tel point sur le cœur, » qu'ils le combattissent donc, non par des forfanteries et des impostures, mais par de bonnes et valables raisons ; qu'on suivit , en le critiquant , l'ordre qu'il y avait adopté; quej'on n'en laissât aucune partie sans examen. Pour lui, moins ennemi des jésuites qu'ami de la religion, il protestait devant l'Église et devant Dieu qu'il ne souhaitait rien tant que d'être convaincu d'erreur. La haine qu'on lui reprochait « mourrait alors fort aisément : »> car dans ce débat ce n'était pas l'honneur du triomphe, mais la vérité qu'il poursuivait. Au reste, il avait une si parfaite confiance dans la bonté de sa cause, qu'il ne craignait pas d'invoquer pour juges de ce procès « la faculté de Sorbonne, le parlement de Paris et les autres parlements du royaume, le conseil d'État, le chancelier, le roi et la reine sa mère, enfin le saint-père en son sacré consistoire5. » Richeome, vers cette époque, répondait à Pasquier, en lui portant de nouveaux coups dans sa Plainte apologétique6. Son but était, disait-il ", « d'y réfuter point par point le franc discoureur ( ainsi appelait-il Arnauld, du nom de son œuvre ) et
1 Voir, à cet effet, le II* tome des OEu- Jésuites, p. 324, sur la cérémonie qui «■res de Pasquier, col. 881, où il s'est suivit l'élection d'Aquaviva, montrent plu à récapituler les priucipales : cf. quelle était dés cette époque la puisid., col. 1423. sance de la société.
2 Voy. pag. 358. * Par exemple l'amphithéâtre d'hon- J XXI, 2, 3; XXII, dernière lettre, neur de Charles Scribanius, recteur
I.a deuxième des lettres citées est d'Anvers et depuis provincial des
adressée au général des jésuites, Aqua- Pays-Bas.
viva , « qui fut élevé à cette dignité 5 Lettres, XXI, 3.
en 1581 : v. tfistoria Mocielatis Jesu, e Plainte apologétique pour la eom-
parsquinta, auctore Possino, l'.omae, par/nie de Jésus, L60if, in-S°.
in fol., |66I, p. 5 et suiv. De curieux ' Épitre préliminaire.
détails donnés dam le Catéchit.ne des