CLXXX DEMELES DETIENNE PASQUIER
le plus gros du catéchisme ». C'était beaucoup promettre. En réalité il se bornait à inculper assez brièvement sept ou buit passages de ce dernier livre. A court d'arguments, il se montrait en revanche fort prodigue d'outrages; il déclarait Pasquier « souffreteux et mendiant aux qualités d'historien , de philosophe, de logicien et de jurisconsulte. » À ces qualifications ridicules celui-ci se contentait d'opposer, avec un naïf et légitime orgueil , ses grands travaux, les fonctions qu'il avait remplies, l'illustration de sa longue carrière1.
Telles furent à peu près toutes les attaques auxquelles Pasquier fut en butte de son vivant. Sa réputation glorieuse, sa plume redoutée, le protégèrent sans doute contre d'autres représailles. Pour renouveler les hostilités -on attendit sa mort; on ne persécuta plus que sa mémoire.
Avant de voir s'accomplir cette vengeance posthume, reportons nos regards sur la situation publique des jésuites; examinons à quel terme devaient aboutir leurs traverses, quelle devait être pour eux l'issue de tant de luttes. Au moment où leur polémique avec Pasquier était dans toute sa force, on a dit qu'ils se rapprochaient de Henri IV, qu'ils l'entouraient de leurs prières et de leurs séductions. On sait déjà que ce prince inclinait tellement de leur côté, que, par une extension singulière donnée à ce nom, on l'appelait lui-même jcsuite2. En outre, ils comptaient beaucoup d'appuis autour du trône : on remarquait dans ce nombre les premiers personnages de l'État et plusieurs favoris du monarque. Des envoyés du pape secondaient près de lui, par d'activés démarches, Ses instances de la compagnie3. Aussi dès l'année 1599 avait-il t lé fort question de la rappeler *.
Ce projet reçut son exécution en 1003. Un même décret les confirma dans la possession des maisons qu'ils avaient conservées, ;t les réintégra dans celles de Paris, de Lyon et des autres villes i'où ils avaient été bannis. Vainement à ce sujet le parlement «dressa au roi d'énergiques représentations par l'organe d'Achille
1 Lettres, XXI, 3. 3 Mémoires de Sully, Londres, 1763,
- « Maintenant, disait II, qnc je suis in-12, t. V, p. 96 et suiv.; t. V|, p. 269
jritholique, à ce que je fais pour le Cf OupJeix, p. 276 et 294 ; et Rodolplii
bien de ma religion, on dit que je suis liotoreii (Raoul de Routrays), Com-
irsuile; je passe par-dessus cela et menturiorum libri de liebns m Galtin
«l'arrête au bien, parce qu'il est bien : gestis (1694-1610), t. Il, p. 110.
oaroîede Henri IV citée par Jacques de ' L'Étoile, Journal de Henri II', t. Il,
Montholon, dans son plaidoyer pour les p. 513; Cf t. III, p. 129 et 275 ; Mézeray,
((■suites (1611). » Hisl de Fronce, t. 111, p. 1 157 et 1 158.