AVEC LES JESUITES. CXCIII
Garasse le qualifie d'homme orgueilleux et ridicule, d'auleur puéril et inconvenaut '. « Les ministres et maître Pasquier(ce rapprochement plaità sa malice) allient d'ordinaire ensemble, remarque-t-il 2, ces deux termes cafard et prêtre, prédicateur et bourreau, jésuite et assassin ; et nous, pour leur répondre à leur façon, selon l'avertissement du sage, disons aussi : Sot et ministre, Pasquier et bavard. » Sur ce ton , et dans plusieurs occasions \ il s'attache à le poursuivre, en s'applaudissant «. de ce qu'il aura reçu après sa mort plus de vérités qu'il n'eût voulu eu entendre * » : puis il s'arrête, comme si la pitié succédait chez lui à la colère, pour déclarer, par une nouvelle dérision, qu'il vaut mieux pardonner à l'auteur de tant d'impiétés : car c'est le grand âge « qui fait rêver ce bon homme 3 ».
Cet accès de charité n'empêcha pas cependant Garasse de continuer un an après contre Pasquier le cours de ses hostilités. Il l'insulta encore dans son Apologie, ou réponse au prieur Ogier, qui avait censuré sa Doctrine curieuse. Celui-ci, sans avoir pour objet spécial de plaider la cause de Pasquier, signalait , entre beaucoup de méchancetés que contenait le livre de Garasse , les médisances dont il s'efforçait de ternir la réputation de cet homme respectable G : il l'accusait d'être de ceux « qui arrachent la barbe au lion quand il est mort 7 ». Dans les autres parties de l'œuvre qu'il réfutait, Ogier n'avait pas grand'peine à montrer un tissu d'extravagances et de folies , « dignes d'un poêle satirique et d'un farceur plutôt que d'un docteur catholique 8 ». En saisissant la plume pour sa justitîcation, Garasse, toujours prompt à prendre l'offensive alors même qu'il avait à se défendre, ne se contentait pas d'opposer des injures aux reproches de son adversaire direct. Par un retour vers ses vieilles antipathies, il s'attaquait encore à la religion et à l'honneur de Pasquier; et, enveloppant tous ses écrits dans la même proscription , il lui donnait libéralement place parmi les athées et les damnés 9. Ce fut alors que la patience échappa à ses enfants, d'autant que le fougueux jésuite ne leur
1 P. 172 et 223. curieuse, p. 160.
2 P. 850. ' ,, Qui yellunt barbam mortuo ;; Voy. p. 234, 340, 356, 512, 684, leoni » : proverbe des Latins; voy.
729, etc. ie Jugement cité, p. 142 et 144.
''■ &19. 8 Kpitre préliminaire du même ou-
S 1'. 960 ; cf. p. 988. vrage.
,: Jugement et censure de la Doctrine >' P. 89, 114, 212, etc.