AVEC L'ES JESUITES. CXCV
parallèle entre le jésuite et Rabelais. Au second, les principales critiques dirigées contre Pasquier sont examinées et détruites. On énumère au troisième, comme autant de signes du pédanlisme de Garasse, « son ignorance, son humeur satirique, sa vaine curiosité, sa stérilité d'esprit ». Le quatrième est un recueil des injures dont Pasquier et ses fils ont été chargés. Dans le cinquième on entreprend de prouver « que non-seulement Garasse est impie envers ]a mémoire de Pasquier, mais contre les anges, contre les saints, contre la Vierge et contre Dieu ». Le tout forme un volume in-8" de 9io pages, dont le style ne reproduit que trop souvent l'amertume de l'œuvre que l'on réfute.
La Défense pouvait, sans grands efforts, triompher des verbeuses mais peu solides imputations de Garasse : il est fâcheux qu'elle ne 1 ait pas faitavecplusde brièveté et de convenance. Elle justifie Pasquier, par l'exemple des anciens, d'être entré sur sa vie et sur sa personne dans beaucoup de détails familiers, d'avoir mêlé aux sujets les plus sérieux et les plus importants « des particularités de moindre étoffe » ; elle fait voir aussi ce qu'il y a de philosophique et d'utile (■ans cette étude des proverbes et de l'origine des mots, traitée par Garasse de puérile '. Les autres objections littéraires de celui-ci ne sont pas combattues avec moins de succès. C'est quand il s'agit de venger l'homme, calomnié dans son existence publique et privée, que l'indignation qui transporte l'écrivain ne lui permet plus de conserver la dignité et le calme qui sied si bien au parti de la raison et de la justice. Toutefois le livre est terminé par des paroles de paix, par une prière adressée à Dieu, « pour qu'il veuille répandre les saintes influences de sa douceur et de sa miséricorde sur l'esprit du père Garasse, afin que, se reconnaissant, il ne laisse plus dorénavant glisser sa plume en des impiétés si prodigieuses et si sanglantes. Voilà tout le mal que les Pasquier lui désirent. »
Des trois fils de Pasquier qui avaient survécu à leur père, Faîne, Théodore, ne prit aucune part à celte polémique contre les jésuites. Plus obscur que les deux autres, il est h présumer que des vues personnelles et politiques le détournèrent de compromettre dans ces querelles son repos et sa fortune. Nicolas et Guy demandèrent seuls et obtinrent le privilège d'imprimer la Défense. Mais, bien qu'ils l'eussent publiée ouvertement , ils ne passèrent pas pour
1 Voy. particulièrement le Iiv. 111.