‹ Œuvres choisies d'Etienne PasquierChapitre 120 sur 176 · CXCV1II DEMELES D'ÉÎIENNE PASQUIER · texte numérisé non relu

CXCV1II DEMELES D'ÉÎIENNE PASQUIER

véritable cause des ressentiments de la société; il la trouvait dans le vigilant patriotisme de Pasquier, dans cette clairvoyance qui l'avait fait pénétrer au fond de la politique des jésuites, et lui avait découvert tout ce qu'elle renfermait de menaçant pour le pays. N'avait-il pas dénoncé en eux des conspirateurs sans cesse armés contre la vie des princes? Pénétré des convictions paternelles, le lils revenait sur la doctrine du régicide, cl, rappelant les assassinats que, selon lui, elle avait déjà produits, il en accablait ses adversaires'.Ennemis du roi, comment ne l'auraient- ils pas été de Pasquier? Comment n'auraient-ils pas mal parlé de lui, « quand ils avaient mal parlé de Dieu, de Jésus-Christ, de la sainte Vierge, desévan gélisles, des saints Pères, de la vie monastique, des ecclésiastiques et du pape » ?

En somme, et malgré quelques boutades de ce genre, cette justification est noble, substantielle, et d'autant plus forte qu'elle est modelée. On ne peut être que très-surpris du jugement défavorable qu'en porte La Monnoie 2. L'accent de la tendresse filiale y anime doucement et colore le style. C'est enfin le même fond, sous une forme plus abrégée, et avec un langage plus décent, que dans la Défense. Nicolas Pasquier est loin d'affirmer que l'erreur n'ait pu approcher de son père ; il ne repousse que le scandale d'accusations haineuses et injustes : « S'il a failli, dit-il à son adversaire avec une énergique candeur, que n'en donnais-tu sans bruit avis à ses enfants, afin qu'ils pussent réparer sa faute? Us savent qu'il était homme : s'ils l'ignoraient ils ne seraient pas hommes. Assure-toi qu'ils ne feront jamais d'effort contre la vérité. L'on embrasse celui qui reprend fraternellement son prochain, et l'on fuit celui qui par aigres médisances l'attaque et en sa réputation et en sa conscience. »

1 Cette doctrine, qui, comme on l'a avait-il pas quelque grondeur à enseiremarqué plus haut , n'était pas par- gner aux princes que, malgré toute leur ticuliere aux jésuites, Mariana l'a- puissance, l'oubli de leurs devoirs pouvait, le premier de la société, insérée vait les faire tomber sous le coup de dans ses écrits. Elle est consignée sur- la justice humaine , représentant celle tout dans sou traité de ltege et régis de Dieu , eu un mot qu'il n'y avait i nst ilutione (Voy. notamment 1, 6). Ce pour personne ici bas d'impunité ab- Jivre eut un grand et funeste retentis- solue? — On ajoutera que, par un sèment. Toutefois, en condamnant le décret spécial , le général des jésuites, déplorable abus qu'il y faisait du rai- Aqunviva , avait proscrit , en 1610 , la sonneraient, on doit rappeler que Ma- doctrine du régicide. riàiia écrivait en Espagne et à la fin -\oy.Ha\Uett Jugements des Savants, du régne de Philippe II. Sous la tyran- t. \ I!, p. 7'J. nie de cet ombrageux vieillard , n'y

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