‹ Œuvres choisies d'Etienne PasquierChapitre 126 sur 176 · CONCLUSION. CCV · texte numérisé non relu

CONCLUSION. CCV

Uri auteur si Français d'intelligence et de cœur méritait surtout d'être rappelé et approfondi, au moment où les meilleurs esprits recommandent de chercher dans l'étude historique de notre langue une digue à beaucoup d'écarts. <> Les langues , disait le cardinal du Perron ', commencent par la naïveté et se perdent par l'affectation. » Cette parole judicieuse , qui ne manque pas d a-propos aujourd'hui, nous avertit assez de quels périls il faut nous garder, à quels modèles il faut recourir.

Pasquier à un autre point de vue n'était pas moins digne de notre souvenir : je veux parler de l'exemple moral que présente la vie de cet homme de bien, toujours d'accord avec elle-même, invariablement fidèle au devoir, trouvant le calme, au milieu de l'agitation extérieure, dans la satisfaction intime de l'âme, vouée aux travaux les plus sérieux sans s'interdire aucune joie permise, et plaçant par-dessus toute autre ambition celle d'être utile. Lorsque tant de catastrophes, en jetant quelque incertitude et quelque trouble dans la conscience publique, ont menacé d'altérer le type du vieux caractère français , il n'est pas sans opportunité peut-être pour en maintenir les traits distinctifs, ceux qui doivent subsister à travers la mobilité nécessaire des institutions, de reproduire ces existences simples et grandes que nous offre l'histoire de nos pères, où l'amour du peuple se montre si éclairé et si pratique, où domine la vertu qui donne à toutes les autres leur plus sainte efficacité, le courage civil. A une époque critique pour les vérités sociales il est salutaire d'opposer aux utopies stériles et aux théories funestes la mémoire de ces hommes dont l'esprit progressif et hardi s'est contenu dans les bornes du possible, et qui n'ont jamais agi ou écrit que pour l'honneur et le bien de leur pays.

1 i'erroniana , p, 183 de l'édit. citée.

vr.

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