CCX APPENDICE
Cette édition n'est pas toutefois la première, d'après l'avis suivant qu'on lit sur le frontispice : « Cette exhortation est tirée de la vraie niimite de l'auteur, laquelle a été falsifiée et corrompue par loules les autres impressions. »
Voici la préface ' qui confirme celte assertion : « Je ne me promettais point , dit l'écrivain au lecteur, lorsque je bâtis cette harangue , qu'elle dût être exposée aux oreilles de tout le peuple, ains seulement la dressais en intention d'administrer mémoires à ceux qui étaient appelés à ce général pourparler qui a été tenu dans Paris pour la police de notre religion. Toutefois, je ne sais comment ce discours tombant d'une main à autre, il est advenu (pie quelque personnage curieux en a soustrait une copie, qu'il a fait depuis imprimer en une ville lointaine. La fortune a voulu que les premiers imprimeurs en aient envoyé quelques exemplaires sous main dans Paris , qui ont été si gracieusement recueillis que des libraires parisiens en ont fait aussi imprimer un assez grand nombre : tellement qu'à ce que j'entends il y en a deux ou trois impressions qui ont été faites à mon désçu. »
II se plaint ensuite « qu'on ait altéré , corrompu et dépravé à tel point les mots et les sentences, qu'en les lisant il les reconnaissait à peine lui-même. Enfin on a perverti d'une même main , ajoute-t-il, « et la grâce et le bon sens » . Par l'impression présente il veut donc amender toutes les fautes des premières, refusant « de porter la tare de l'ignorance d'autrui ».
Ce n'est pas non plus la dernière édition , puisque Feller, dans son Dictionnaire historique, au nom de Pasquier, en cite une autre de 1562, qu'il dit être notée « dans le nouveau père Lelong, sous le n° 17,83S 2 ». Pasquier, qui n'y inscrit pas son nom , « s'est indiqué, ajoute celui-ci, à la fin de cet écrit par ces lettres : S. P. P. faeiebat. Dans l'exemplaire de Pithou elles sont ainsi remplies de sa main : Stephanus Paschasius Parisinus. »
Ce morceau a d'ailleurs été inséré, depuis, dans le recueil connu sous le titre de Mémoires de Condc, Londres, 1743, 6 vol. in-4", t. II, p. 013 et suiv. L'éditeur a placé celte note au début du dis-
' Elle n'a pas élé réimprimée, avec cette édition de 1562 : il remarque « que
le diasonrs, dans lf» Mémoires de la Bibliothèque do P. Lelorig.ne nomme
Condé : voy. plus bas. pas l'auteur, mais que dans le nouveau
1 Barbier, dans son Viciionnain des Dictionnaire historique, Caen, 178^,
ouvrages anonymes et pseudonynu in-$°, t. VI, on voit que c'est Pasquier. » ~e edit,, siguale aussi, I. I, p. 150,