CC.MV APPENDICE
elles formaient dix livres : expliquons à quoi tient celle différence.
Jusque alors le cinquième livre des Recherches avait seulement renfermé quatre chapitres. On lit dans l'édition de Paris in-folio, 1 021 , publiée peu d'années après la mort de l'auteur, une excuse et un motif de cette brièveté , allégués à Y Ami lecteur : c'est que « la bibliothèque de Pasquier n'avait été entièrement feuilletée qu'au temps que l'impression de son couvre s'approchait de la fin »• Or, quoique la continuation du cinquième livre eût été trouvée parmi les manuscrits , elle n'avait pu occuper sa place ; mais on l'avait renvoyée à la lin , pour former un livre à part : c'était le dixième. L'éditeur ajoutait la promesse « de le rétablir en son lieu la première fois que l'ouvrage serait remis sous la presse ». Elle ne fut pas tenue toutefois dans les réimpressions suivantes , mais seulement dans celle de 15G5. Alors eut lieu la suppression du dixième livre, annoncée par ces paroles d'ans, page 307 : « On ne doit pas s'étonner si le cinquième livre est plus gros que dans les éditions précédentes..., vu que l'on a fait suivre ici tous les chapitres du livre dixième qui n'étaient que le supplément de celui-ci.. .,enlièrementimparfait, sans cette adjonction de chapitres, lesquels ont une grande connexité avec le sixième livre. »
Il résulte de là que dans les éditions des Recherches antérieures à celle dont nous nous occupons le livre V est composé de quatre chapitres seulement et le livre X de vingt-cinq ; et dans cette édition le livre V , formé de ces deux livres , contient par conséquent vingt-neuf chapitres à lui seul. Il suffit de voir les titres de ces chapitres pour reconnaître qu'ils n'auraient pas dû être séparés, et que par leur sujet ils appartiennent nécessairement au même livre.
A la suite des Recherches on litdans cette édition le Pourparter dit Prince, avec celui de la Loi et le Dialogue de Rabelais et d'Alexandre.
Lelong, au passage marqué plus haut , signale encore deux éditions complèles des Recherches, l'une de 1622, in-8°, l'autre, in-folio, de 1643. Je les ai cherchées vainement, ainsi que celles de 1007 et 1017, et je crois ces indications fautives.
Enfin les Recherches ont été réimprimées , avec cette division naturelle en neuf livres, dans l'édition générale des OEuvrcs de Pasquier, de 172.1, dont il sera question ultérieurement.
On peut consulter sur les Recherches Lenglct Dufrcsnoy, iwY- Ihodc pour chid'u r Vhisloire, in-4°, 1729, t. IV, p. 286; Essais de I illéralu re pour la connaissance des livres (par 1' 'abbé Tricaud), Paris,
MBLIOGIIAPHIE. CCXY
in- 10,1 702 ,[.\, p. 87 ; Le Gendre ', Nouvelle Histoire ûe France,
jusqu'à la mort de I mus Mil, Paris, 17 1 8, in-f°, 1. 1, p. 29; le Joui nul des Savants, août 1724. « Il n'y a guère de livre, a dit Guillaume Colletet des Recherches, plus fameux ni plus cité que celui-ci. »
Les éditions des Recherches postérieures à la mort de Pasquier se rencontrent assez aisément ; quant aux autres, elles sont très-rares. On les chercherait vainement dans les bibliothèques publiques de Paris : je n'ai trouvé parmi ces dernières, à la Bibliothèque nationale, que celle de 15G9, qui renferme deux livres 2.
On a vu que les éditions des Recherches précédemment citées sont belles pour la plupart et imprimées richement ; mais elles sont loin d'offrir la correction désirable. Il est très-nécessaire, pour épurer en beaucoup de passages le texte de Pasquier, de comparer entre elles les diverses éditions et de les corriger ainsi les unes par les autres : c'est à quoi je me suis attaché.
Un soin plus scrupuleux eût fait aisément disparaître bien des fautes *. Par exemple , l'orthographe des noms propres est loin d'être uniforme : ils sont même souvent défigurés et méconnaissables. Plusieurs dates sont inexactes, de lafaçon la plus choquante : ce sont des inadvertances manifestes. Quelques-unes de ces fautes qui se sont glissées dans les premières éditions sont scrupuleusement reproduites par toutes les autres. L'auteur cependant retouchait et modifiait toujours : on le voit par l'ordre des chapitres, sans cesse interverti : quelquefois même il en est qui sont transportés d'un livre dans un autre.
Les parties assez considérables des Recherches qui ont été edilées après la mort de l'auteur offrent surtout dans l'impression de nombreuses traces de négligence. La même observation pourra s'appliquer aux Lettres.
Il m'a été parlé d'un exemplaire des Recherches donné par Etienne Pasquier à Sully, où celui-là, comme autrefois Sénèque a l'un de ses amis en lui envoyant ses épitres, indiquait en marge les
1 « Je ne sache pas d'homme, remar- 'Pour se borner ici à deux exemples,
que celui-ci de Pasquier, qui ait plus dans l'édition in-f° de 163:5, le l'om-
creusé notre histoire... » parler du Prince offre à peu de dis-
' J'éprouve ici le besoin de remer- tance les deux bévues suivantes :
cierM. Pasquier, membre del'Acadéruie p. 978 : « Chacun donc , s'il lui plaît,
française, qui m'a permis de consulter rapportera au bourreau ses moyens >,
i.i riche collection d'éuitions des lie- pour aubureau; et p. 982: « nn prince..
cherches et autres ouvrages d'Etienne qui vent exterminer son empire, » pour
Pasquier, que renferme s;i bibliothèque, éterniser, etc.
CCXVf APPENDICE.
passages dont il conseillait surtout à ce grand homme de prendre connaissance. Je n'ai pu malheureusement me procurer ce précieux volume.
4° Édifions des Lettres de Pasquier.
Les Lettres d'Etienne Pasquier; in 4°, Paris , chez Abel l'Angclier, 158G.
Les mêmes Lettres: Avignon , Brumereau , 1590, in-lC.
Dans ces deux premières éditions il n'y a que dix livres, ainsi que dans les suivantes, publiées du vivant de l'auteur.
Les Lettres du même ; Lyon , Veyrat , 1597, in-lC.
Les Lettres du môme, sur les affaires de la France , dernière édition; Arras, Bauduyn , 1598, in-12.
Id., Lyon, Huguetan, 1607, iu-16, avec table.
Les deux éditions de 1597 et de 1607 forment chacune un gros volume de petit format, bien imprimé, de 439 feuillets, sans compter la table. Au premier abord on pense que c'est une seule et même édition, où l'on n'a changé que le litre; toutefois l'identité n'est pas absolue. La seconde de ces éditions est, il est vrai, faite en tout point sur la première ; mais outre les frontispices, qui ne sont pas les mêmes, on remarque encore quelques différences orthographiques et autres, qui ne sont d'ailleurs d'aucune importance.
Les mêmes Lettres, augmentées et mises en lumière par André du Chesne; Paris, chez Petit-Pas, 3 volumes in-8°, 1619'.
Cette édition , signalée comme meilleure que les précédentes, contient les vingt-deux livres.
L'édition des Lettres de 1619, reproduite par l'édition des OEurresde 1723, n'en est pas moins négligemment faite et déparée par des fautes choquantes, surtout dans les derniers livres. Pour se bornera quelques exemples, la neuvième lettre du livre X est, par un oubli bizarre, exactement transcrite dans le livre XI, dont elle est la dixième. Seulement elle n'est plus adressée au conseiller Maillart, mais à Scévole de Saint-Marthe; etc.
Ou doit surtout regretter que le hasard presque seul ait semblé présider au classement des Lettres. Elles ne sont pas rangées d'après la nature des sujets ; l'ordre des temps n'a pas été non
1 Les lettres dans cette édition don- fième contient le Munophile et les por-
née par André du Chesne , « ce fameux sies françaises de Tasquier, y compris
historiographe de France », comme la Main et la Puce. Voy. Leiong, t. III,
i'appclle Colletet, ne remplissent que p. 79 de la Bibliothèque de la France. les deux premiers volumes : le troi-
151CLT0GRAPIIIE. CCXVU
plus suivi dans leur disposition '. On ou voit d'écrites on 1613 qui précèdent celles de 1601. Le plus souvent d'ailleurs toute date est omise.
Sur les Lettres de Pasquier on peut consulter Lenglet Dufresuoy, Méthode citée, t. IV, p. 114, et Legendre, au passage indiqué.
5° Éditions du Catéchisme des Jésuites.
Le Catéchisme des Jésuites, ou Examen de leur doctrine ; Villefranche, chez Guillaume Grenier, 1602, in-8°, 358 feuillets sans compter la table.
Ce ne fut pas toutefois à Villefranche , mais à La Rochelle, que le livre fut imprimé, comme nous l'apprennent les jésuites ; voy. Richeome, Plainte apologétique, p. 21. On lit aussi dans la Chasse du renard I}asquin, édition de 1003, p. 25 , que le livre de Pasquier fut imprimé à La Rochelle, « où tout le monde lui était ami, sauf quelques bigots catholiques. »
Le Catéchisme parut anonyme2 : voy. le Dictionnaire cité de Barbier, 1. 1, p. 160. Toutefois Pasquier ne dissimula pas qu'il en fut l'auteur. Seulement, une raison de modestie qui l'engagea à taire son nom, c'est qu'il s'était fait divers emprunts à lui-même et qu'il s'alléguait plusieurs fois comme autorité. Ces citations suffisaient d'ailleurs, comme il l'observait, pour le faire reconnaître; enfin le Manifeste sur le parricide de Barrière, que tout le monde savait avoir été composé par lui, et dont il avait inséré la substance dans son troisièmelivre, montrait encore mieux que l'ouvrage lui appartenait .
J'ai eu entre les mains l'exemplaire de cette première édition , qui fut adressé par l'auteur à Henri IV. Il est relié en maroquin olive et porte les armes de France et de Navarre.
Le Catéchisme des Jésuites, ou le mystère d'iniquité, révélé passes suppôts, petit in-12, 1677 (sous la rubrique de Villefranche).
Le Catéchisme des Jésuites a été aussi réimprimé en 1717, a Delft (Rouen), chez Volburger, dans un recueil de deux vol. in-12, dont l'esprit est assez annoncé par cet avis de l'éditeur : « Par cet
1 Là-dessus, il est vrai, Pasquier Jésuites est assez rare : il n'avait pas
pouvait alléguer l'exemple des anciens, tardé à le devenir. « l.e Catéchisme des
Pline le Jeune a dit , !, 1 : « Collegi , Jésuites , disait Guy-Patin, fort ennemi
non servato temporis ordine, neqiie des jésuites ou loyolites, comme il les
enim historiam componebuni. » appelle, est dorénavant rare. Jos, Scali-
* Quoique réimprimé plusieurs fois, ger le prisait fort : n (Lettres, [\ ,
comme on le voit, le Catéchisme des p. 11 du t. I de l'édition citée. '-ŒUV. D'ÉT. PASQUIER. — T. I. vs