CHAPITRE XXIX
Sommaire du procès de Jeanne la Pucelle.
Grande pitié! jamais personne ne secourut la France si a propos et plus heureusement que cette Pucelle , et jamais mémoire de femme ne fut plus déchirée que la sienne. Les Anglais l'estimèrent et sorcière et hérétique, et, sous cette proposition , la firent brûler3. Quelques-uns des nôtres se firent ac-
1 Dans l'Histoire déjà citée de Char- de l'Académie des inscriptions, t. III, les II, par Jean Juvénal des Ursins. Ce- et réimprimés par M. Leber, t. X Ml de lai-ci s'exprime ainsi, p. 234, sur C.lis- la Collection des pièces relatives <i l'ftisson, moult raillant chevalier., qui mou- toire de France y l'Histoire de la Pucelle lut l'an 1407 : « Et l'appelait-ou le hou- d'Orléans, par l'abbé Lenglet, qui au cher, pource que, es besognes où il t. I, part. 2, p. 197, porte «n jugeclait contre les Anglais, il en prenait ment avantageux de ce morceau de Paspeu à rançon, et de son corps faisait quier; surtout l'importante publication merveilles en armes. » que vieutd'achever M. Jules Quiclierat,
2 C'est le chap. v du liv. VI des 7?<7- d'après les manuscrits de la Bibliothècherches. On peut en rapprocher les tra- que royale : Procès de condamnation et \.iii\ de l'Averdy sur le procès de Jean- de réhabilitation de Jeanne d'Arc,
ne d'Arc, contenus dans les Mémoires M.c poète George Chastelain, mort eu
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croire que cefutuue feintise, telle que de JNuma Pompihus dans Home , quand il se vantait communiquer en secret avec Égérié la nymphe, pour s'acquérir plus de créance envers le peuple; et telle est l'opinion du seigneur de Langey , au troisième livre de la Discipline militaire, chap. III. A quoi les autres ajoutent et disent que les seigneurs de la France supposèrent cette jeune garce1, feignant qu'elle était envoyée de Dieu pour secourir le royaume; même, quand elle remarqua le roi Charles à Chinon entre tous les autres, on lui avait donné un certain signal pour le reconnaître. J'en ai vu de si impudents et éhontés, qui disaient que Baudricourt, capitaine de Vaucouleurs, en avait abusé, et que, l'ayant trouvée d'entendement capable, il lui avait fait jouer cette fourbe. Quant aux premiers, je les excuse ; ils avaient été malmenés par elle , et nul ne sait combien douce est la vengeance que celui qui a reçu l'injure. Quant aux seconds, bien qu'ils méritent quelque réprimande, si estce que je leur pardonne aucunement, parce que le malheur de notre siècle aujourd'hui est tel , que, pour acquérir réputation d'habile homme, il faut machiavéliser. Mais pour le regard des troisièmes, non-seulement je ne leur pardonne, mais, au contraire, ils me semblent être dignes d'une punition exemplaire, pour être pires que l'Anglais, et faire le procès extraordinaire à la renommée de celle à qui toute la France a tant d'obligation. Ceux-là lui ôtèrent la vie, ceux-ci l'honneur, et rotent par un même moyen à la France, quand nous appuyons le rétablissement de notre Ftat sur une tille déshonorée.
De ma part je répute son histoire un vrai miracle de Dieu. La pudicitéque je vois l'avoir accompagnée jusques à sa mort, même au milieu des troupes; la juste querelle qu'elle prit; la
1 17 1, a célébré ainsi Jeanne d'Arc, dont Sainte fut aorée*
il était contemporain ' Vov. Recollection f" lrs ««"Tes que fit :
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notre temps ; in-8°, Taris, 1540 :) Us,. ;l Rouen eu cendre .