‹ Œuvres choisies d'Etienne PasquierChapitre 20 sur 176 · XL VIE D ETIENNE PASQUIER · texte numérisé non relu

XL VIE D ETIENNE PASQUIER

moins d'honneur que ceux qui sont sortis de sa plume ; c'est le dialogue où Loisel a tracé le type de l'avocat et les devoirs de cette noble profession. Il voulut donner à cet écrit célèbre le nom de l'homme que l'on pouvait plus qu'aucun autre proposer pour modèle : il l'appela Pasquier1. Certes, ce vétéran du barreau était bien digne d'encourager et d'instruire par le récit de sa vie ceux qui aspiraient à entrer dans la carrière où lui-même avait livré tant de combats et conquis tant de gloire. Loisel, en prenant exemple sur le Bruttis deCicéron, fait de Pasquier son interlocuteur principal2: par sa bouche il raconte l'histoire des origines du parlement, en n'oubliant aucun des magistrats ou avocats qui dans les trois premiers siècles y ont mérité quelque renom; il juge avec bienveillance et mesure ses contemporains eux-mêmes; enfin, il trace un plan d'études pour la jeunesse qui veut figurer honorablement au Palais; il lui prescrit des règles de conduite, impérissables comme le bon sens et la vertu d'où elles émanent. Les autres personnages du Dialogue, ou plutôt les auditeurs de Pasquier sont ses propres enfants et les iilsde Loisel, tous également désireux « de conserver à l'ordre auquel ils appartenaient le rang et l'estime que les devanciers lui avaient acquis, pour les rendre intacts aux success -urs3. »

Pasquier, dont les préceptes empruntaient à l'autorité d'une si haute expérience un nouveau degré d'ascendant et de force, avait a celte époque atteint sa soixante-treizième année. Depuis quelque temps, averti par son âge, il songeait à quitter la magistrature, comme il s'était retiré du barreau , avec un nom sans tache, une conscience sans reproche. Plus d'une fois il s'était ouvert de ce projet à ses meilleurs amis, à Loisel et à François Pithou, le frère de Pierre Pithou, que la mort lui avait enlevé. Mais ceux-ci, par amour du bien public, l'en avaient détourné. Cette résolution longuement mûrie, il la réalisa en 1604; et suivant un usage du temps, que justifiait celte fois le mérile personnel de l'héritier, il lit passera son fils aîné, Théodore4, son office d'avocat général dans la chambre

1 Pasquier, ou Dialogue des ./voeals 24 mars, à Loisel (v. une lettre iné-

<lu parlement de Paris. dite, conservée à la Ilililiothéque na-

>Voy. la Préface donnée au Dialogue tionale), s'applaudissait auprès de

par Claude Joly, petit-fils de Loisel, lui « de recevoir un grand conten-

dans l'édit. des Opuscules de son grand- tentent de son tils aîné, duquel , si je

père, publiée en 1656. ne m'abuse, vous n'aurez point fait un

;! l'âge 336 de l'édit. ci tée d n Dialogue, faux pronostic. »

" Dis 1582 Pasquier, écrivant, le

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