‹ Œuvres choisies d'Etienne PasquierChapitre 28 sur 176 · LVII1 ETIENNE PASQL1EH · texte numérisé non relu

LVII1 ETIENNE PASQL1EH

serait fort superflu de vouloir disputera l'oubli ces œuvres de scolastique galante , justement tombées avec le règne du pédantisme.

A ces compositions de Pasquier il faut rattacher encore un autre opuscule, postérieur de plusieurs années , mais d'une nature entièrement semblable : ce sont les Ordonnances d'Amour. Bien qu'il n'y ait pas mis son nom , il confesse , dans une lettre à l'un de ses amis », qu'il en est l'auteur; il eu rapporte plaisamment l'origine : c'est « aux grands arrêts tenus la veille de la fête des Rois , en sa maison, dans une grande assemblée d'hommes et de damoiselles, » qu'elles ont été rendues -. Plusieurs fois éditée au seizième siècle, cette facétie l'a été encore de nos jours3 . On y lit, après un exposé de motifs plaisamment formulé par Genius, « archiprétre d'amour , » cinquante articles , où des termes de jurisprudence appliqués à des idées plus que légères produisent un mélange fort burlesque.

Heureusement que Pasquier mêlait des études plus sévères à ces délassements comiques : avec ces fleurs de sa primevère \ des fruits solides et pleins de suc avaient commencé à paraître. Sa première œuvre sérieuse fut un discours adressé, sous le titre d'Exhortation, vers le commencement de 1501, «aux princes et seigneurs du conseil privé du roi, » réunis à Paris pour conjurer les luttes sanglantes que les dissensions religieuses semblaient à la veille de faire éclater.

La liberté de conscience avait déjà triomphé en Allemagne. La diète d'Augsbourg en 1.3 55, et, trois ans après, la pacification de Passau avaient proclamé sa victoire définitive : elle ne pouvait manquer d'avoir en France un grand retentissement. La réforme en acquit de nouvelles forces ; et presque aussitôt l'avènement d'un enfant à la couronne affaiblit de beaucoup la résistance qui pouvait lui être opposée. Ce fut alors que le cardinal de Lorraine, par un changement soudain de conduite, que lui suggérait la politique ou plutôt la nécessité, crut devoir se rapprocher des protestants, devenus tout à coup trop puissants pour être opprimés.

Il eut avec les ministres des conférences où plusieurs points de controverse furent agités; puis, affichant le désir d'une pacilica-

1 Lettres, 11 , 5. • \ oy. les col. 693 et C94 du t. H des

-' lbnl. OEtwresàe Pasquier: « AndréduCbesne

3 Dans les Joyeuzetez , publiées par au lecteur. » 1 ecbeuerde 1830 à 1837.

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