AVANT-PROPOS. V
bien il était défectueux , malgré les réimpressions fréquentes qui en avaient été données.
Aucune partie des ouvrages de Pasquier n'avait encore été annotée : j'ai vérifié les sources où il avait puisé ; j'ai joint à ces extraits des observations bistoriques et littéraires, propres à en éclairer ou à en compléter le sens. Si dans un chemin semé de beaucoup d'obstacles mes chutes ont été fréquentes, ou les excusera, j'ose l'espérer, en raison de la nouveauté môme des voies ou je me suis engagé.
VIi: D'ETIENNE PASQUIER.
Il n'est pas d'époque dans notre histoire où s'offrent en plus grand nombre qu'au seizième siècle ces figures expressives et énergiques qui se détachent de la foule et méritent d'être étudiées à part.
La société, remuée en tout sens, avait la force nécessaire pour les produire. Parla civilisation qui renaissait les âmes étaient éveillée.et éclairées sans être encore amollies. C'est alors que l'on voit st développer le germe de toutes les idées modernes et se rassembler pour ainsi dire les éléments constitutifs du caractère et de l'esprit national. Entre ceux qui l'ont représenté le plus vivement, et décidé même à quelques égards , Etienne Pasquier tient un rang considérable : il sembie donc curieux de reporter ses regards sur cette longue existence, qui est comme un anneau outre la vieille France et la France moderne. Destiné à parcouru une carrière presque séculaire, il naquit en 1528 ' , selon les uns, suivant le plus grand nombre en 1529% l'année mèmeoù le traite de Cambrai terminait en Italie la lutte de François Ie' et de Charles- Quint. Le vainqueur de Marignan n'était plus, il est vrai, que le vaincu de Pavie; mais, à la faveur de quelques instants de repos, l'impulsion communiquée aux lettres par un prince qui les aimait et s'y connaissait avait repris son cours. C'est de 1530 que date l'institution des lecteurs ou professeurs royaux. Dès ce moment Budé, à la tête d'une élite de savants, avait renoué la trame interrompue qui rattache notre société aux âges antiques. De jour en jour assouplie par de studieux efforts, cultivée par un commerce assidu avec les écrivains d'Athènes et de Rome, notre langue, en devenant, grâce à l'ordonnance de Villers-Cotterets 3, la langue des tribunaux et des actes publics , allait achever de se mûrir parla discipline sérieuse des affaires.
1 Voy. la Croix du Maine et du Veidier, sa naissance au 7 juin 1529-: voy; le
dans leurs Bibliothèques . Cf. la Bihlio- t. Il de ses OEwres, Amsterdam, 1723.,
thèquehistoriquedelAlong, t.lV,p.248. col. 934.
- l'asquicv iiic lui-même la date de ■» Août 153'J.