‹ Œuvres choisies d'Etienne PasquierChapitre 4 sur 176 · VIII VIE DETIENNE PASQUIER · texte numérisé non relu

VIII VIE DETIENNE PASQUIER

On peut s'étonner que Pasquier, si communicatif dans ses ouvrages sur tout ce qui le concerne, ne nous ait jamais entretenus de sa première enfance. Tout ce qu'on sait, c'est qu'elle se passa à Paris, sa ville natale, alors comme aujourd'hui la cité lettrée par excellence , le foyer des lumières, le rendez-vous des talents heureux1. Le jeune Pasquier y suivit les cours de l'université, où se pressait, surtout autour des chaires royales, une foule nombreuse d'auditeurs. Dans la suite il regrettait amèrement cette ferveur des études classiques, dont le déclin avait, dit-il, succédé aux règnes de François Ier et de Henri II*.

Les renseignements nous manquent aussi sur la maison dont était issu Pasquier : nulle part il n'a parlé de ses père et mère, ni d'aucun de ses ancêtres. Guillaume Calletet, le mieux instruit de ses biographes3, conclut de ce silence qu'il a été le premier auteur de l'illustration de sa race. Quoi qu'il en soit , on le voit, à un âge encore tendre, en possession d'un modeste patrimoine dans la Brie4, dont les de Thou, comme sa famille sans doute, étaient originaires. Son éducation et ses goûts semblent l'avoir dirigé de tout temps vers la carrière du barreau. On ne connaît rien de plus sur cette époque de sa vie : c'est lorsqu'il fréquente les écoles de droit que l'on commence seulement à être mieux informé. Lui-même, avec une reconnaissance filiale dont il empruntait l'exemple aux plus illustres anciens, nous a transmis le nom des maîtres dont il a reçu les leçons. Les premiers sous lesquels il étudia, en iô'iG, furent, à Paris, Hotman et Baudouin. Un an après il se rendit à Toulouse, pour tire le disciple du ijrand Cujas : ainsi l'a surnommé l'enthousiasme de ses contemporains. Jusque dans une vieillesse avancée, « il estimait son jeune âge heureux d'avoir joui des doctes fruits de t es trois personnages d'honneur5. » Surtout il se rappelait avec admiration l'enseignement de Cujas, ce rival, au dire de d'Aguesseau6, des grands jurisconsultes romains , et que distinguait à un si haut degré cette clarté de la parole apanage des esprits supérieurs.

Pasquier, dans son ardeur d'apprendre, chercha même à l'élraii-

1 Voy, dans lis Éloges de Sainte-Mar- à la bibliothèque du Louvre. the celui de Pasquier, au liv. V. I Lettres de Pasquier, \\I, 1.

Recherches de la France, l\, 2'., 5 Lettres, vi\, 13. Cf. Crévier, Histoire de l'Université, e Voy. ses Œuvres, 1769, in-4n, Pa

1, VII, p. 64,65. " ris, i. I, p. 277. La vie de Cujas a été

3 Voy. dans ses V les des Poëtesfran- écrite par M. Berrial Saint-Prix : elle

rois l'article étendu eonsacré à Pas- se trouve à la suite de sou Uistoin ••''

quiei : ctt ouvrage inédit c»t conservé Droit romain, in-S", 1821.

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