LXX ETIENNE PASQUIER
édifice social, dont plusieurs parties ont survécu jusqu'à nous.
Mais l'horizon de la France ne Borne pas les regards de Pasquier : ils s'étendent sur les pays voisins, dont la destinée ne nous a pas été étrangère. Entre ceux-ci il n'en était aucun qui nous fût uni de son temps par des rapporte plus étroits et plus journaliers que Rome1. Ses yeux se tournent souvent sur cette ville, qui, depuis (pie l'empire de la force s'était échappé de ses mains, avait reconquis par la foi une autre suprématie. Dévoué a la défense de toutes nos libertés, il craint que l'ascendant de la papauté ne pèse trop sur nous, et par ses conseils il veut nous prémunir contre ce péril.
Le troisième livre roule tout entier sur nos relations avec la cour romaine et sur les affaires ecclésiastiques. On n'ignore pas par combien de côlés se pénétraient alors, à leur détriment mutuel, le monde de la politique et celui de la religion : Pasquier entreprend l'œuvre difficile de concilier les deux puissances, en arrêtant leurs empiétements mutuels. Fils respectueux de l'Église2, il demande avant tout, lorsqu'il va raconter ce qui s'est passé « sur ce grand théâtre de Rome, » que l'on apporte à le lire autant de « candeur, rondeur et sincérité, » qu'il en a mis lui-même à écrire3. D'ailleurs il prétend nous donner « un article d'histoire, non de foi 4 ; » et c'est en effet un excellent morceau d'histoire que celui où, dans un style plein de gravité et de réserve, il expose comment les papes sont devenus mailres d'une partie de l'Italie, comment enfin, « sans éfre gardés par les armes, ils ont fait trembler et passer sous leur miséricorde les plus puissants monarques du monde5. » Avec un jugement impartial, il nous découvre la cause de cet accroissement prodigieux : « jamais histoire, dit-il , ne contint autant de prudence que celle des évéques de Rome0. » Il ne se lassera donc pas de célébrer, dans cette république de Dieu, l'autorité du saint-siége, si grande dans ses fondements, si utile à l'Eglise > ; mais il s'efforcera aussi d'empêcher qu'elle ne devienne oppressive pour le pays même qui en a le plus favorisé la prépondérance naissante. Suivant
1 Voy. Préface du liv. 111 : « Encore proposés ne devaient être écoulés sous
que quelques-uns estimeront de prime silence » • face que je m'éloigne de mon but, de * Itecherclies , III , 13. traverser les montagnes , toutefois qui :i Id., Préface du liv. 111 ; et 111 , 4. repassera sommairement les grandes 4 Id., 111, (>. obligations que notre couronne a re- S |(| ^ 4
rues du saint-siége et celles que le saint n Ibid; cf. Id., 3, et Préface du liv.
siégea reçues de nous, il jugera que III. les discours que je me suis maintenant 1 M , III ,7.