‹ Œuvres choisies d'Etienne PasquierChapitre 37 sur 176 · LXXV1 ETIENNE PASQU1EK · texte numérisé non relu

LXXV1 ETIENNE PASQU1EK

glise de Fiance ' » : non que ceux-ci , imitant la conduite des empereurs allemands, eussent prétendu en aucun temps conférer eux-mêmes le titre épiscopal, et investir lesévéquespar la collation du bâton pastoral et de l'anneau ; mais soutiens et défenseurs de l'Eglise, ils devaient, pour prix de ce patronage, conserver sur elle une suprématie légitime; ils avaient droit de trouver dans les chefs de leur clergé, dont ils faisaient les premiers conseillers de leur couronne, une fidélité inviolable 2.

Pasquier met sa vaste érudition au service de ces idées toutes françaises : par elle il combat sans relâche tout ce qui menace, avec le juste équilibre des pouvoirs, l'imité et la force du pays. A côté des nombreux abus, couverts d'un nom sacré, dont l'auteur des Recherches sape les fondements, on retrouve avec intérêt, dans cet ouvrage, plusieurs institutions du temps passé empreintes du caractère de la charité chrétienne. Entre ces souvenirs attachants, on remarque celui que réveille le nom d'oblat. Ainsi désignait-on le pauvre soldat mutilé par les guerres qui recevait dans une abbaye une place de religieux 3 , « comme n'y ayant lieu plus propre où se put abriter sa vieillesse 4. » Dans cet usage ne se plait-on pas à découvrir, au milieu d'une époque encore barbare, le germe d'une des plus belles fondations d'un grand siècle? A cette destination des couvents s'enjoignait une autre, non moins touchante : ils offraient un asile à des hommes libres , ou seuls ou engagés dans les liens du mariage, qui pour se procurer la subsistance venaient s'y vouer au servage 5. La piété donnait pareillement naissance à ces engagements que contractaient des familles entières. Tous leurs membres se présentaient avec une corde liée autour du cou : c'était la corde même des cloches de l'église. « Lorsqu'elles sonneraient, ils ne devaient plus dès lors manquer de se trouver à l'église pour servir Dieu 6. »

Ainsi le IIIe livre nous rend en quelque sorte la vieille France religieuse. Le IVe aborde un autre ordre d'idées. Pasquier commence par poser un principe dont le développement donnera dans li suite naissance à des livres; il s'agit de l'action naturelle et réciproque, chez un peuple, des lois sur les mœurs et des mœurs sur les lois : « Tout homme de bon entendement , nous dit-il ' , peut

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