‹ Œuvres choisies d'Etienne PasquierChapitre 57 sur 176 · PROSATEUR FRANÇAIS. CXII · texte numérisé non relu

PROSATEUR FRANÇAIS. CXII

nous aimons à trouver dans l'Hôpital et dans quelques-uns de ses illustres contemporains, il nous entrelient de ses vendanges, qu'il va faire, de ses propriétés, qu'il visile et améliore, de ses revenus qu'il augmente sans être à charge a personne ' , économe pour pouvoir être généreux2. Plusieurs lettres témoignent de son dévouement à ses amis, de son ardeur à les obliger3. Il ne leur épargne pas les louanges et môme au besoin les reproches, « afin de leur donner éperon de faire de bien en mieux4. » Loin d'être le flatteur de leurs passions, le langage de l'attachement avait parfois chez lui un accent un peu rude, grâce à « une certaine brusquerie naturelle, qui, suivant l'expression de son fils5, recouvrait les trésors de sa belle àme. » Du reste, tel que nous le connaissons, il ne pouvait guère avoir d'amis que parmi les gens de bien : la vertu était à ses yeux le vrai , « le seul fondement de l'amitié » 6. Aussi fut-il lié avec tout ce que le seizième siècle eut de plus pur et de plus honorable , avec deFoix, de Thou, d'Ossat, de Ilarlay, Servin , Brisson , Mole, dont les noms figurent souvent dans ses lettres ; mais ses plus étroites affections furent pour Pibrac, « ce grand personnage tant recommandé par la France » , dont il se félicitait d'avoir été le camarade de collège ■, pour Pierre Pilhou, comparé de son temps à Socrate8, enfin pour Loisel, « cet autre lui-même9, » dont le conseil l'avait porté à donner ses lettres au public'". De nombreux détails biographiques sur tous ces personnages ne font pas le moindre prix de la correspondance familière.

Cette partie des Lettres n'est pas même , à ce point de vue, sans quelque intérêt historique, comme encore, lorsque Pasquier se plaint que les communications interrompues ne permettent plus aux amis d'échanger leurs pensées avec sécurité", ou lorsque, avec les préoccupations de celui qui possède, il exprime les craintes que lui inspire le passage des troupes indisciplinées du temps '2. Mais on aime surtout à y recueillir les traits qui achèvent pour nous la

1 Lettres, XXI, 1. les Opuscules del.oisel.

2 ld,, V, 3 ; X, 8. 9 Ainsi l'appelle Pasquier dacs une

3 ld.: V. part. XVUI , 12. lettre inédite du 6 novembre 1082,

4 ld., \, 5. conservée à la Bibliothèque nationale.

5 Lettres de Nie. Pasquier, V|, 'J. 10 Voy. la première lettre du livre I B Lettres d'Et. Pasquier, 1X^ 5. et la dernière du livre X.

ld , MX, 16. h *V,3 ; XIV, 7.

" VoyVla biographie de Pifhon dans '2 V, 9.

Page 1