‹ Œuvres choisies d'Etienne PasquierChapitre 61 sur 176 · PROSATEUR FRANÇAIS. CXVI · texte numérisé non relu

PROSATEUR FRANÇAIS. CXVI

nous n'hésiterons pas à dire qu'il devait trouver place parmi ses principaux titres de gloire. Il a récemment paru par les soins d'un jurisconsulte' versé dans les origines de notre droit, et qui en a Iracé une histoire justement estimée.

Pasquier composa cet ouvrage dans une vieillesse avancée, et pour l'instruction de ses petits-fils. Le savant éditeur qui l'a enrichi de notes précieuses l'a apprécié lui-même2 avec une compétence et une autorité trop décisives pour qu'il soit à propos de revenir sur cet examen : nous nous bornerons donc à peu de mots.

Un caractère original recommande ces leçons d'un père à ses enfants, dont pourra profiter désormais la jeunesse tout entière. L'auteur n'y montre pas seulement une érudition variée et profonde, i! n'est pas seulement habile à exposer les points où se rapprochent la loi romaine et la loi française , où elles s'éloignent l'une de l'autre ; il élève la science du droit jusqu'à la science politique ; il veut former des hommes capables de se mêler avec honneur aux affaires de l'Etat. Certes, dans ce tableau des usages et des institutions de nos ancêtres on apprend à respecter leur sagesse. Pasquier, par le parallèle piquant qu'il établit entre leur société et celle des Romains, fait ressortir de nombreux avantages qui nous appartiennent. De plus il remonte en philosophe aux principes des législations ; il déploie pour les discuter autant de sagacité et de vigueur d'esprit que de science. Bien supérieure au livre de Gui Coquille ', Vlnter-pretation des Institutcs suffirait pour assigner à Pasquier, considéré comme jurisconsulte, un rang élevé entre ses contemporains, dans celte grande et laborieuse époque, où du Tillet, Duaren, Baudouin, du Ferrier, Corras, Ilotman, Connan, Airault, Chopin, Roaldcs, l'ithou, Loisel , du Moulin , en sapant les derniers abus du moyen âge, asseyaient sur les bases du savoir et de la raison l'édifice impérissable delà légalité moderne'.

Quoique Pasquier, préoccupé de l'unique ambition d'être utile par ce commentaire, n'ait pas aspiré, en le rédigeant , au titre d'écrivain , on y retrouve les principales qualités de son style. Sa phrase est, comme dans ses autres ouvrages, abondante, nombreuse

1 .M. Ch. Giraud, membrede l'Acadé- « Ils avaient, a dit aussi Al. Dupin (dis-

miedes Sciences morales et politiques, cours prononcé à la rentrée de la cour

1 Voy. l'Introduction de M. Giraud, de cassation en lS15),une grande portée

p. xcvi-cm. dans l'esprit et une grande droiture

; Institution au droit français. dans le cœur: ils ont laissé une longue

1 Ou' peut voir l'éloge de ces juris- et profonde trace de leur passage, a consultes dans Sainte-Marthe et de lliou.

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