‹ Œuvres choisies d'Etienne PasquierChapitre 63 sur 176 · PROSATEUR FRANÇAIS. CXIX · texte numérisé non relu

PROSATEUR FRANÇAIS. CXIX

rail sans peine de quel parti, sousim litre captieux, Pasquier avait embrassé la défense; mais un de ses amis a pris soin de nous en instruire '• Retiré à Tours auprès de son roi, il s'efforçait, par univive peinture des calamités publiques, de rallier autour du tronc tous les vrais Français. Pour mieux combattre la ligue, il feignait d'abord d'être l'un de ses soldats; il mettait à nu, pour la décréditer, ses projets et ses espérances ; il s'indignait ensuite de ses déplorables succès. Aussi ce factum, sans porter aucun nom, révélait-il son auteur. L'ironie amère qui y perçait, surtout la chaleur qui animait le langage, montraient assez « de quel cru provenait l'œuvre \ » Pasquier, en répondant à ces paroles3, découvre dans la douleur patriotique qui remplit son âme la source de son éloquence : « Dole tantum, dit-il avec Ovide *, sponte disertus cris. »

Mais le chagrin de nos revers n'inspirait pas seul de généreux accents à Pasquier. Peu auparavant, lorsque, sous les ordres du duc de Guise, les troupes royales avaient accablé les Allemands à Vimorietà Auneau5, il avait adressé une Congratulation à Henri III, pour le féliciter de ces victoires véritables, puisqu'elles étaient remportées sur des étrangers6. On sent que par-delà ces exploits l'auteur aperçoit pour le pays le retour de la paix et de la prospérité. Après un sonnet à l'honneur de ce roi, qui jadis ne s'était, pas borné à vaincre par l'épée de ses lieutenants, il déclarait qu'il n'avait pas la prétention de se rendre l'interprète de l'allégresse publique « avec clairons et trompettes. » Tout son désir était de rappeler d'une voix plus humble les bénédictions répandues sur Henri III. Dès l'âge de seize ans il avait triomphé à Jarnac et à Moncontour; mais plus heureux aujourd'hui , c'était sur les ennemis de la France qu'il avait appesanti son bras ; et non content d'abattre leur orgueil , il les avait chassés de notre territoire. Sa piété n'était pas demeurée au-dessous de son courage. Loin d'être enivré de son succès, ce qu'il avait eu de plus pressé, c'était

1 FejuriseonsiilteMornac, dnntlalet- France, au nombre de trente mille; il tre , conservée dans le recueil de celles en sortit sept mille à peine : voy . à ce de Pasquier, vient d'être citée , \V, 11 : sujet l'Etoile, journal de Henri III, quelques lettres des correspondants de t. 1, p. 30 et su iv.; pierre Matthieu, /lis- Pasquier se trouvent en effet parmi foire des derniers troubles de la France, les siennes. 1. 11; Pasquier, Lettres, XI, 15.

2 ll)id. G « Congratulation an roi sur savic- '• Lettres, XV, 15. toire et lieureux succès contre l'étran- '' Remédia amoris, v. 310. ger. » File a été imprimée en 158fcS : 5 Bourgs du &ût i nais et de la Beauce, Pièce rare.

15S7. Les allemands étaient entrés en

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