‹ Œuvres choisies d'Etienne PasquierChapitre 67 sur 176 · CXX1V ETIENNE PASQUIER · texte numérisé non relu

CXX1V ETIENNE PASQUIER

mohcs du président de Thou la vogue de ces récréations pleines de candeur1. Bon sens el joyeuse humeur, telle était en deux mots l'expression la plus juste du vieil esprit français. En dépit des fureurs de la guerre civile, ces qualités du terroir subsistaient alors dans leur heureuse primeur : c'était l'époque où l'un de nos prodiges d'érudition classique, Henri Etienne, rapportait d'Italie et traduisait , aux applaudissements du public, les pièces gracieuses d'Anacréon *; où Pierre Pithou,le Varron de son siècle, ce grave auteur de tant d'ouvrages sur le droit civil et canonique, donnait la première édition de la Veillée de Vénus 3 et commentait Pétrone. Nos grands hommes , épris de ces œuvres frivoles, admiraient à l'envi" : leurs plumes, moins légères, il est vrai , rivalisaient pour les reproduire. Avec ces traditions littéraires de l'antiquité ils avaient conservé la langue de Rome. Surtout les vers latins étaient pour eux comme un idiome de prédilection, interprète ordinaire de leur douleur, de leur joie, de leur patriotisme 4. Pasquier, d'après ce goût .général» composa des poésies latines, qui consistent en un livre d'Épitaphes, deux de Portraits et sept tfEpigrammcs D.

Ce dernier recueil, de beaucoup le plus important, n'offre pas que de simples traits d'esprit ; on y trouve des émotions vraies, des sentiments gracieux ; c'a et là y jaillissent de ces étincelles qui dénotent une belle àme. 11 contient en outre sur la vie intime de l'auteur ou sur celle de son siècle des révélations piquantes. Le premier livre est précédé d'une épitre en prose qui en fait hommage à Christophe de Thou : les vers du début renferment également l'éloge de ce magistrat. C'est encore à d'illustres membres de nos parlements, entre lequels on remarque de llailay et Brisson, que sont dédiés les autres livres. Des hommes politiques, des littérateurs et des savants, le chancelier de Chiveruy, les Cuise, ïurnèbe, Sainte-Marthe, Rapin, Joseph Scaliger, Joachim du Bellay, d'Aurat, Passerat , Gamier, Buehanan , Sebillet, Ronsard , tels sont ceux dont les noms reviennent habituellement sous la plume de Pasquier. Chez lui, en effet, les Épigrammes

1 ne vila sua, lib. II et IV. poème voy. Srloell , Histoire (h- lu lit-

2 Voy. au livre iv des Eloges «le térature romaine, t. H I, p. 24-30. Sainte-Marthe, celui de Henri Etienne : 'Voy. particulièrement les poésies Aussi Sainte-Marthe, dit-il , ihiil., que latines de l'Hôpital cl celles du presi- « les douces gaietés de la poésie so.nl dent de Thou.

lesconipagnesnaturclles de la profonde •'• Celle division est celle de ['«dît.

doctrine. » de 1618: \. la Bibliographie des o/iu-

J Pervigilium henois . .Sur ce petit vres 'le Pasqnier.

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